Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Une campagne de vaccination massive contre les méningocoques
a été réalisée dans la région
de Clermont-Ferrand.
Y a-t-il une épidémie de méningite ? Quels
sont les dangers réels ? Faut-il vraiment se vacciner ?
Du
16 janvier au 9 février une campagne de vaccinations contre
les méningocoques qui devait toucher environ 80000 jeunes
s'est déroulée à Clermont-Ferrand et dans
84 communes de la région. Une première, car, jusqu'ici,
cette vaccination n'était proposée chaque année
qu'aux quelques personnes ayant été en contact direct
avec un malade. Une soixantaine d'équipes de vaccinateurs
(médecins, infirmières et secrétaires) ont
été mobilisées dans les collectivités
(écoles, PMI, lycées, etc.), sans compter les vaccinations
effectuées par les médecins libéraux. Tous
les jours la presse régionale (le quotidien La Montagne,
les radios et la chaîne de télévision locale)
consacrait d'importants articles à la méningite
et au vaccin. Et la presse nationale y a fait largement écho.
Une
vaccination de cette ampleur se justifie-t-elle ?
La
vaccination a été décidée après
que l'Institut de veille sanitaire ait constaté une augmentation
du nombre de cas d'infections à méningocoques dans
le Puy-de-Dôme. 15 cas sont survenus entre le 1er janvier
2001 et le 15 janvier 2002 contre 6 en 2000 (On
a parlé de 18 cas, mais deux n'étaient pas prouvés
et un n'était pas survenu dans le Puy-de-Dôme),
entraînant 7 purpuras fulminans (forme la plus sévère,)
et 4 décès (S'y ajoutent en outre
deux cas de dermatoses bulleuses d'évolution favorable.).
Le nombre de cas par habitants, celui de purpuras et celui de
la mortalité sont supérieurs à la moyenne
nationale. En outre, la majorité des cas sont dus au méningocoque
C, alors que jusqu'ici, en France comme dans tous les pays industrialisés,
c'est le méningocoque B qui est prédominant.
On
assiste, dans plusieurs pays et depuis le milieu des années
1990, à une montée des cas dus au méningocoque
C, plus souvent responsable d'atteintes graves que le méningocoque
B. En France, ce phénomène est particulièrement
sensible dans une dizaine de départements, Puy-de-Dôme
en tête. C'est dans ces conditions que le ministre de la
Santé a décidé de lancer une campagne de
vaccinations qui a pour but de diminuer la circulation du méningocoqueC.
Le vaccin choisi à cette occasion est nouveau : le Meningitec
(laboratoire britannique Wyeth-Lederlé) qui est utilisable
chez les nourrissons, alors que le vaccin Méningocoque
A + C (laboratoires Aventis-Pasteur), seul commercialisé
jusqu'ici, est inefficace chez les nourrissons.
La
vaccination contre le méningocoque C n'est pas obligatoire.
La campagne ne visait que les individus de deux mois à
vingt ans (et dans certains cas jusqu'à 24 ans), scolarisés
ou vivant en collectivité dans la région de Clermont-Ferrand
et les cantons voisins, pendant la période de campagne.
Elle ne concerne pas la population venant aux sports d'hiver pendant
les vacances scolaires.
vraiment
protégés ?
Échaudés
par nos informations sur le vaccin hépatite B, plusieurs
lecteurs de la région concernée nous ont demandé
si cette campagne est vraiment justifiée.
La situation nouvelle mérite une surveillance accrue, étant
donné la gravité de la maladie. Mais la décision
de vacciner massivement laisse une impression de précipitation,
alors qu'il n'y avait pas de véritable urgence. En effet,
il n'y a pas d'épidémie de méningite dans
le Puy-de-Dôme, comme l'a rappelé Bernard Kouchner,
le ministre de la Santé. D'ailleurs, les cas identifiés
pendant l'année 2001 sont tous dus à des souches
différentes et ne correspondent pas à une contamination
d'un cas à un autre.
Les maladies dues aux méningocoques restent rares en France
et sont très exceptionnellement contagieuses (lire encadré
ci-contre). La vaccination touche donc des personnes qui n'auraient
eu qu'un risque infime de tomber malades. Elle ne les protégera
pas à coup sûr de la méningite, puisqu'elles
ne protègent que contre le méningocoque C qui n'est
que l'une des bactéries responsables de cette maladie.
Elle ne les protérera pas non plus contre le méningocoque
B, responsable d'un décès en février dernier.
N'aurait-il pas été plus judicieux de mieux informer
la population sur la maladie et de lui laisser la possibilité
de choisir ou non de se faire vacciner, en fonction des risques
réels quand survient un cas? On a préféré
choisir une vaccination massive.
Dramatisation
On
peut se demander si le ministère n'a pas cédé
à des pressions qui n'ont guère à voir avec
la santé publique : celles des médias, enclins depuis
plusieurs années à dramatiser les cas de méningites,
celles des laboratoires pressés de commercialiser les nouveaux
vaccins contre les méningocoques C. Le vaccin Meningitec
a été lancé en Grande-Bretagne en octobre
1999, avec une campagne de vaccinations massives chez les enfants
et les jeunes. Depuis, Wyeth-Lederlé a fait reconnaître
son vaccin dans plusieurs pays.
L'Afssaps lui a accordé une AMM (autorisation de mise sur
le marché) le 11 janvier 2002, juste à temps
pour la campagne de vaccinations dans le Puy-de-Dôme.
La
documentation de l'Afssaps sur l'efficacité et l'innocuité
du vaccin est basée avant tout sur les études cliniques
très officielles qui ont été effectuées
en Grande-Bretagne à l'occasion de la campagne de vaccinations
qui a duré de novembre 1999 à mars 2000. Avec une
large diminution des méningites à méningocoquesC
l'année suivante, et très peu d'effets indésirables,
les résultats semblent largement en faveur de la vaccination,
dans un pays qui, on ne sait pourquoi, connaît cinq fois
plus de cas qu'en France.
Sachant l'habituelle sous-déclaration des accidents post-vaccinaux,
on risque de découvrir une proportion plus forte d'effets
secondaires au fil des années. L'un des aspects les plus
préoccupants de cette campagne vient de l'utilisation d'un
vaccin contenant une forte dose d'aluminium. Une dose qui va s'ajouter
à celles de l'aluminium injecté avec d'autres vaccins.
Ne va-t-on pas multiplier à moyen terme les myofasciites
à macrophages, scléroses en plaques et maladies
auto-immunes déjà constatées avec la vaccination
contre l'hépatite B ?