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MARS 2002

 


Alerte aux méningocoques

 

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Une campagne de vaccination massive contre les méningocoques a été réalisée dans la région de Clermont-Ferrand.
Y a-t-il une épidémie de méningite ? Quels sont les dangers réels ? Faut-il vraiment se vacciner ?

 

 

 

Du 16 janvier au 9 février une campagne de vaccinations contre les méningocoques qui devait toucher environ 80000 jeunes s'est déroulée à Clermont-Ferrand et dans 84 communes de la région. Une première, car, jusqu'ici, cette vaccination n'était proposée chaque année qu'aux quelques personnes ayant été en contact direct avec un malade. Une soixantaine d'équipes de vaccinateurs (médecins, infirmières et secrétaires) ont été mobilisées dans les collectivités (écoles, PMI, lycées, etc.), sans compter les vaccinations effectuées par les médecins libéraux. Tous les jours la presse régionale (le quotidien La Montagne, les radios et la chaîne de télévision locale) consacrait d'importants articles à la méningite et au vaccin. Et la presse nationale y a fait largement écho.

Une vaccination de cette ampleur se justifie-t-elle ?

La vaccination a été décidée après que l'Institut de veille sanitaire ait constaté une augmentation du nombre de cas d'infections à méningocoques dans le Puy-de-Dôme. 15 cas sont survenus entre le 1er janvier 2001 et le 15 janvier 2002 contre 6 en 2000 (On a parlé de 18 cas, mais deux n'étaient pas prouvés et un n'était pas survenu dans le Puy-de-Dôme), entraînant 7 purpuras fulminans (forme la plus sévère,) et 4 décès (S'y ajoutent en outre deux cas de dermatoses bulleuses d'évolution favorable.). Le nombre de cas par habitants, celui de purpuras et celui de la mortalité sont supérieurs à la moyenne nationale. En outre, la majorité des cas sont dus au méningocoque C, alors que jusqu'ici, en France comme dans tous les pays industrialisés, c'est le méningocoque B qui est prédominant.

On assiste, dans plusieurs pays et depuis le milieu des années 1990, à une montée des cas dus au méningocoque C, plus souvent responsable d'atteintes graves que le méningocoque B. En France, ce phénomène est particulièrement sensible dans une dizaine de départements, Puy-de-Dôme en tête. C'est dans ces conditions que le ministre de la Santé a décidé de lancer une campagne de vaccinations qui a pour but de diminuer la circulation du méningocoqueC. Le vaccin choisi à cette occasion est nouveau : le Meningitec (laboratoire britannique Wyeth-Lederlé) qui est utilisable chez les nourrissons, alors que le vaccin Méningocoque A + C (laboratoires Aventis-Pasteur), seul commercialisé jusqu'ici, est inefficace chez les nourrissons.

La vaccination contre le méningocoque C n'est pas obligatoire. La campagne ne visait que les individus de deux mois à vingt ans (et dans certains cas jusqu'à 24 ans), scolarisés ou vivant en collectivité dans la région de Clermont-Ferrand et les cantons voisins, pendant la période de campagne. Elle ne concerne pas la population venant aux sports d'hiver pendant les vacances scolaires.

vraiment protégés ?

Échaudés par nos informations sur le vaccin hépatite B, plusieurs lecteurs de la région concernée nous ont demandé si cette campagne est vraiment justifiée.
La situation nouvelle mérite une surveillance accrue, étant donné la gravité de la maladie. Mais la décision de vacciner massivement laisse une impression de précipitation, alors qu'il n'y avait pas de véritable urgence. En effet, il n'y a pas d'épidémie de méningite dans le Puy-de-Dôme, comme l'a rappelé Bernard Kouchner, le ministre de la Santé. D'ailleurs, les cas identifiés pendant l'année 2001 sont tous dus à des souches différentes et ne correspondent pas à une contamination d'un cas à un autre.
Les maladies dues aux méningocoques restent rares en France et sont très exceptionnellement contagieuses (lire encadré ci-contre). La vaccination touche donc des personnes qui n'auraient eu qu'un risque infime de tomber malades. Elle ne les protégera pas à coup sûr de la méningite, puisqu'elles ne protègent que contre le méningocoque C qui n'est que l'une des bactéries responsables de cette maladie. Elle ne les protérera pas non plus contre le méningocoque B, responsable d'un décès en février dernier. N'aurait-il pas été plus judicieux de mieux informer la population sur la maladie et de lui laisser la possibilité de choisir ou non de se faire vacciner, en fonction des risques réels quand survient un cas? On a préféré choisir une vaccination massive.

Dramatisation

On peut se demander si le ministère n'a pas cédé à des pressions qui n'ont guère à voir avec la santé publique : celles des médias, enclins depuis plusieurs années à dramatiser les cas de méningites, celles des laboratoires pressés de commercialiser les nouveaux vaccins contre les méningocoques C. Le vaccin Meningitec a été lancé en Grande-Bretagne en octobre 1999, avec une campagne de vaccinations massives chez les enfants et les jeunes. Depuis, Wyeth-Lederlé a fait reconnaître son vaccin dans plusieurs pays.
L'Afssaps lui a accordé une AMM (autorisation de mise sur le marché) le… 11 janvier 2002, juste à temps pour la campagne de vaccinations dans le Puy-de-Dôme.

La documentation de l'Afssaps sur l'efficacité et l'innocuité du vaccin est basée avant tout sur les études cliniques très officielles qui ont été effectuées en Grande-Bretagne à l'occasion de la campagne de vaccinations qui a duré de novembre 1999 à mars 2000. Avec une large diminution des méningites à méningocoquesC l'année suivante, et très peu d'effets indésirables, les résultats semblent largement en faveur de la vaccination, dans un pays qui, on ne sait pourquoi, connaît cinq fois plus de cas qu'en France.
Sachant l'habituelle sous-déclaration des accidents post-vaccinaux, on risque de découvrir une proportion plus forte d'effets secondaires au fil des années. L'un des aspects les plus préoccupants de cette campagne vient de l'utilisation d'un vaccin contenant une forte dose d'aluminium. Une dose qui va s'ajouter à celles de l'aluminium injecté avec d'autres vaccins. Ne va-t-on pas multiplier à moyen terme les myofasciites à macrophages, scléroses en plaques et maladies auto-immunes déjà constatées avec la vaccination contre l'hépatite B ?

déséquilibre de L'écologie microbienne

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Régis Pluchet

 

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