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AVRIL 2002

 

Association active de lutte contre les pollutions (Acalp)

 

 

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Aujourd'hui, l'incinérateur d'Albertville vient de fermer. Mais
les dégâts sont là. Des mères, des agriculteurs et des riverains ont créé une association pour défendre leur santé.

 

 

 

Tout a débuté à Grignon, village proche de l'incinérateur d'Albertville. Un habitant souffrant d'une leucémie interpelle le maire. Il connaît les liens entre les maladies cancéreuses et les rejets de dioxines. Il veut connaître la quantité de dioxines rejetée par l'incinérateur de la commune d'Albertville. On ne lui dit rien. Il insiste. Les analyses finissent par être effectuées en juin 2000. Les émissions de dioxines sont considérables. Des travaux d'amélioration débutent en septembre 2001. Mais les rejets restent importants. De nouveaux résultats sont rendus publics le 23 octobre 2001. "La pollution s'étend sur 25 kilomètres à la ronde ! souligne Frédérique Sanchez, présidente de l'Acalp (Association active de lutte contre les pollutions). Les analyses effectuées sur le lait de vache dépassent la norme, qui se situe entre 1 et 5 picogrammes. Le taux de dioxine dans le lait d'une vache atteint même 70 picogrammes! Cette usine d'incinération construite en 1984, et traitant 27500 tonnes d'ordures par an, n'a jamais été aux normes depuis sa construction."
L'incinérateur est donc fermé le 24 octobre par ordre de la préfecture. Les exploitations laitières sont mises sous surveillance. Le préfet décide l'abattage de 3500 des 6000 bovins et caprins de la zone incriminée. Près de 8000 tonnes de foin pollué doivent être détruites. C'est alors que, pour mieux informer et défendre les victimes, l'Acalp voit le jour début 2002 .

Le lait maternel contaminé

"Lorsque j'ai entendu parler de ce problème pour la première fois, raconte Frédérique Sanchez, j'allaitais mon enfant depuis huit mois. J'ai voulu savoir si mon lait était contaminé." Plusieurs mères se posaient la même question. À force de pression, la préfecture et la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale (Ddass) acceptent que le lait de onze mères soit analysé dans un laboratoire lyonnais. "Pour les neuf résultats que je connais, dit-elle, les taux de dioxines dans le lait maternel se situent entre 9,75 et 27 picogrammes par gramme de matière grasse du lait." Pour plusieurs, le taux est supérieur à la moyenne nationale (16,5 picogrammes). Si l'Institut national de veille sanitaire admet de telles doses, pour l'Acalp, elles sont inadmissibles, elles le sont aussi pour le Centre national d'information indépendante sur les déchets (CNIID). Cette association rappelle qu'une teneur supérieure à 5 picogrammes par gramme de matière grasse est interdite pour les produits laitiers que les adultes consomment, par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). C'est quatre ou cinq fois ce taux que l'on retrouve dans le lait maternel, à cause de l'incinérateur !

Craintes de cancers

"L'augmentation du nombre de cancers sur la commune de Grignon, constatée par une enquête de voisinage, nous inquiète, poursuit Frédérique Sanchez. Vingt-quatre cas de cancers ont été recensés dans la même rue. Nous avons relevé soixante douze cas de cancers en dix ans sur la commune, sans que ce chiffre soit exhaustif." L'Acalp rappelle les résultats d'une étude, menée à Besançon, mettant en évidence une augmentation du nombre des cancers dans le périmètre de l'incinérateur.
L'association veut savoir. Elle réclame des études épidémiologiques, menées par un expert indépendant, dont les résultats seraient rendus publics. Elle demande un suivi de tous les enfants de la région, allaités ou non, avec surveillance des prémolaires de lait et dosages thyroïdiens.
Elle réclame aussi le rétablissement de conditions de travail et de production normale pour les agriculteurs, c'est-à-dire "la certitude de la fin de l'empoisonnement, la reconstitution des troupeaux et un dédommagement acceptable pour chacun".

Richard Belfer


 

 

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Commission de recherche et d'information indépendante
sur la radioactivité (CRIIRAD)

La CRIIRAD confirme que le nuage de Tchernobyl est bien passé sur la France !

lLa CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) lance un appel à la mobilisation et à l'envoi d'une pétition au Premier ministre (1) pour dénoncer la future tutelle du ministère de l'Industrie et de la Défense sur le contrôle des dangers de la radioactivité. Tous les grands scandales sanitaires de la fin du XXe siècle (amiante, sang contaminé, farines animales) ont montré ce qui advient lorsque les intérêts économiques et financiers des entreprises passent avant la préservation de la santé des personnes.


En 1986, après l'accident du réacteur nucléaire de la centrale de Tchernobyl dans la défunte Union Soviétique, des scientifiques et de simples citoyens se sont regroupés pour créer la CRIIRAD, dotée d'un laboratoire indépendant spécialisé dans les mesures de la radioactivité. Elle est née pour lutter contre la désinformation du genre "Le nuage radioactif de Tchernobyl s'est arrêté à nos frontières…" Et d'alerter l'opinion publique chaque fois que cela a été nécessaire.
Depuis, la CRIIRAD et ses adhérents se sont mobilisés pour dénoncer les pollutions, défendre le droit à l'information, améliorer la radioprotection.
Vous trouverez le résultat de cet immense travail, dans Contaminations radioactives : atlas France et Europe, qui vient de sortir aux éditions Yves Michel.
Martine Laganier

 


Pour plus d'information sur cette action : CRIIRAD, 471, avenue Victor-Hugo, 26000 Valence. Tél. : 04 75 41 82 50 ; Fax : 04 75 81 26 48. Courriel : contact@criirad.com

Texte complet à
bureaucriirad@freesbee.fr date de lancement : 14 février 2002 et envoi avant le 30 juin 2002.

 

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