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Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
La
tenue, à Lille, de la première Journée nationale
de l'élimination des déchets d'activités
de soins témoigne d'une volonté de progresser dans
leur gestion. Mais en la matière, la plupart des filières
de tri restent à inventer.
Depuis quelques années, l'émergence des maladies
nosocomiales (contractées dans les établissements
de santé) a mis en avant la nécessité de
gérer les déchets d'activités de soins. En
clair, cela signifie les trier donc mettre en place une filière
spécifique, une chaîne ininterrompue qui relie le
lieu de leur production à celui de leur "banalisation".
L'organisation de la "filière déchets"
des activités de santé est-elle à la hauteur
? La première Journée nationale de l'élimination
des déchets d'activités de soins, qui s'est tenue
à Lille en novembre dernier, permet de dresser un état
des lieux. Verdict ? Peut mieux faire!
Sida, hépatite, prion C'est en réponse à
ces risques infectieux récents et largement médiatisés
que la "démarche qualité" des hôpitaux
s'est développée depuis une bonne dizaine d'années.
Résultats à l'appui : selon une enquête menée
auprès de 66 établissements de soins, privés
et publics, de la région Nord-Pas-de-Calais, une très
large majorité déclarent trier leurs déchets
d'activités de soins à risques infectieux (Dasri),
comme les y oblige la réglementation. Toutefois, si l'on
y regarde de plus près, des inégalités apparaissent
dans la gestion des Dasri selon les secteurs de l'hôpital.
Les services de l'imagerie médicale, de la pharmacie hospitalière
et même de la morgue sont les plus laxistes puisque 10 à
20% d'entre eux avouent mélanger le contenu de leurs poubelles.
Quand ces Dasri sont séparés des déchets
banals (dits "assimilables aux ordures ménagères"),
deux cas de figure se présentent. Soit ils sont d'abord
confiés à des entreprises spécialisées
chargées de leur désinfection et de leur broyage
(on parle de pré-traitement). Débarrassés
de leur caractère infectieux, ils peuvent alors rejoindre
la filière des ordures ménagères, c'est-à-dire
être mis en décharge ou incinérés.
Dans le second cas, ils sont directement brûlés dans
des usines d'incinération spécialement équipées
pour éviter les risques de contamination. Concrètement,
le pré-traitement, beaucoup plus cher que l'incinération
directe, n'a concerné qu'une petite minorité des
Dasri pour l'année 2000 (lire encadré page 35).
Quant au recyclage de ces déchets "banalisés",
dont un grand nombre sont pourtant en verre (seringues, flacons ),
il n'est même pas envisagé !
Même
si en elle-même, l'incinération pose toujours des
problèmes (lire notre hors-série n° 25 "Pollutions
et santé"), de grands progrès ont été
accomplis en matière d'incinération des déchets
hospitaliers. En 1992, il existait encore 1400 installations in
situ, au sein même de l'établissement de soins. Or,
ces incinérateurs étaient le plus souvent gérés
par un personnel mal informé, qui y brûlaient en
vrac toutes sortes de déchets à une température
trop basse et sans traitement des fumées ! En 2001, seuls
quatre d'entre eux subsistaient, tous voués à disparaître
d'ici quelques mois, selon l'Agence de l'environnement et de la
maîtrise de l'énergie (Ademe). Les Dasri seront certes
incinérés, mais dans les meilleures conditions de
sécurité possibles.
Risques
chimiques et infectieux négligés
En
dehors de ce risque infectieux existent d'autres problèmes.
Souvent coupants ou piquants (seringues, scalpels ), toxiques
chimiquement (détergents puissants, médicaments ),
parfois radioactifs, il n'est pas rare qu'un même déchet
d'activités de soins présente à lui seul
plusieurs risques, ce qui vient corser un peu plus leur gestion.
C'est le cas des lames de scalpel usagées, coupantes et
potentiellement infectantes.
L'information
aux aides-soignantes volontairement omise
Mais
ce "flou" dans l'information reçue par le personnel
soignant n'excuse pas tout. Certains comportements inquiétants
à l'égard des déchets dans les services de
chimiothérapie, où les produits utilisés
sont pourtant particulièrement dangereux, ont été
épinglés par la Drass (2) Pays-de-la-Loire. Par
exemple, l'information aux aides-soignantes est volontairement
omise (en violation totale du code du travail) au prétexte
qu' "elles pourraient paniquer" ou encore, on utilise
des sacs plastiques pour jeter les aiguilles souillées
tandis que le verre contenant des restes de produit chimiothérapique
est envoyé au recyclage