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L'instinctothérapie
prône les aliments crus non dénaturés,
pour s'en nourrir en suivant son instinct.
Comment
faire l'impasse sur l'instinctothérapie dans un dossier
qui traite de l'importance et de l'intérêt du cru,
alors que cette approche alimentaire s'y réfère
de façon exclusive.
En l'occurrence, ce n'est pas tant le cru qui importe aux "instinctos",
comme ils s'appellent eux-mêmes, que les aliments originels
c'est-à-dire non dénaturés. La cuisson constitue
une dénaturation des aliments, elle est donc à proscrire.
Le terme originel fait par ailleurs référence aux
aliments présents sur la planète quand l'homme est
apparu. Pour éviter qu'il ne se trouve confronté
à des molécules auxquelles l'évolution ne
lui a pas (ou mal) permis de s'adapter. Rappelons que l'agriculture
ne date que de 10000 ans, une broutille de l'histoire, comparés
aux 100 millions d'années nécessaires au développement
des mammifères, dont les hominiens. En matière de
céréales, l'accent est mis sur l'épeautre
au lieu du blé de culture plus récente, sur le riz
qui n'a jamais subi de mutation, le sarrasin. Les produits laitiers
sont éliminés car l'avènement de la vache
est tardive dans l'évolution des espèces.
Au
menu donc : végétaux, oléagineux, graines
germées, viandes, poissons, crustacés, tout cela
cru et nature. Les ufs sont parfois dissociés: blanc
d'un côté, jaune de l'autre, ou gobés d'un
seul élan. Question d'instinct, qui seul doit guider le
mangeur! Le voilà le second volet de la méthode,
d'où son nom d'instinctothérapie. Concrètement
les tables des instinctos sont plutôt bien garnies, offrant
un grand choix d'aliments dont l'état brut en développe
l'odeur, déclenchant ou non l'envie de s'emparer d'un fruit,
d'une fine tranche de viande, d'une crevette Apprendre à
renifler, à goûter, être libre de recracher
ou de mâcher lentement, loin de tout "savoir-vivre"
coercitif, permet aux instinctos de se réapproprier la
nourriture dont ils ressentent le besoin, jusqu'à satiété.
L'acte
alimentaire est un acte psychoaffectif
À
verser au chapitre "pro-instincto" deux arguments. L'acte
alimentaire est un acte psychoaffectif dans lequel plaisir et
liberté doivent normalement trouver place, ce qui est le
cas présentement. L'hypothèse des aliments originels
susceptibles d'être bien assimilés car le système
digestif y est adapté a été reprise avec
succès par le Dr Jean Seignalet chez des malades atteints
de polyarthrite rhumatoïde.
Au
chapitre "anti-instincto", il faut souligner les problèmes
de désocialisation provoqués par l'adoption d'un
modèle nutritionnel aux antipodes de ce que l'on considère
en général comme alimentairement correct. Et pour
tenir dans cette voie, il faut faire preuve d'une volonté
farouche. Autre difficulté, le coût de la méthode
: les aliments originels étant difficiles à se procurer
et plus chers. Par exemple un poulet en liberté ne mangeant
que du maïs peut prétendre au label bio, on ne peut
pour autant le considérer comme un poulet originel puisqu'il
n'est pas alimenté en maïs sauvage. Seule une viande
provenant d'un élevage "sauvage" peut satisfaire
aux exigences de l'instinctothérapie.
Guy-Claude
Burger, inventeur de l'instinctothérapie, a prétendu
qu'elle était susceptible de guérir des cancers
et d'autres maladies graves. Il semble que les maladies auto-immunes
caractérisées par des désordres du système
immunitaire : lupus, psoriasis, polyarthrite soient sensibles
à un tel régime. Quant aux guérisons de cancers
dont faisait état Guy-Claude Burger, il faut raison garder.
L'exemple de sa femme morte d'un cancer généralisé
et de lui-même atteint d'un cancer du pharynx apportent
un contre-témoignage saisissant à cette assertion
et prouve la nécessité pour ceux qui se prétendent
thérapeutes, médecins ou non, de rester humbles
devant la maladie.
Cécile Baudet
Guy-Claude
Burger condamné
Dans les années 1980, Guy-Claude Burger a jeté les
bases de l'instinctothérapie. Ses condamnations, d'abord
pour exercice illégal de la médecine, et l'an dernier
pour pédophilie (15 ans de réclusion) ne peuvent occulter
certains aspects positifs de cette approche alimentaire.