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AVRIL 2002

 


Interview
"On ne retient que les déclarations des médecins et non celles des patients "

 

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Le Dr Dominique Le Houézec, pédiatre, est responsable du comité médical du Revahb, réseau des victimes du vaccin hépatite B.

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient: Le ministre de la Santé veut relancer les campagnes de vaccination contre l'hépatite B. Qu'en pensez-vous ?
Dr Dominique Le Houézec: Cette relance a été décidée sur la base d'un rapport d'expertise qui n'est qu'une forme d'autojustification. De manière inacceptable, les dix experts qui ont rédigé ce rapport passent sous silence les éléments qui les dérangent. Ils font un historique de cette vaccination qui omet de rappeler que la campagne de 1994-1995 était basée sur des arguments mensongers: la surévaluation de la fréquence de l'hépatite B dans notre pays et l'affirmation selon laquelle le virus de l'hépatite B pouvait se transmettre par la salive. Ils constatent que le vaccin est le produit qui a donné lieu à la plus grande série d'effets secondaires jamais enregistrés par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Mais ils concluent que rien n'est prouvé, en se basant sur des données non réactualisées et sans faire état des remarques de l'Afssaps suggérant des études complémentaires qui n'ont jamais été faites. Ils mentionnent brièvement la myofasciite à macrophages, pour l'écarter d'un revers de manche sans faire référence à l'étude qui est en cours. Ils citent l'une des deux études parues l'an dernier qui prétendaient innocenter le vaccin, mais omettent de dire que ces études ont été en partie financées par les laboratoires et que leurs conclusions sont contestables comme l'avaient remarqué le Pr Begaud, responsable de la pharmacovigilance (Voir l'interview du Pr Bégaud, Alternative Santé- L'Impatient, avril 2001) et l'Afssaps, dans son rapport pour l'année 2000. Par ailleurs, ils ne remarquent pas les nombreuses lacunes du travail de l'Afssaps.

Le Revahb a été reçu en novembre dernier par l'Afssaps pour faire le point sur les effets secondaires du vaccin. J'ai été très choqué de découvrir la manière dont la pharmacovigilance fonctionne en France. Le Revahb communique régulièrement à l'Afssaps des fiches remplies par ses adhérents qui décrivent les effets secondaires survenus après vaccination anti-hépatite B (1453 fiches ont été envoyées, dont 1329 avaient été alalysées par l'Agence fin 2001). L'Afssaps fait redescendre ces fiches au niveau du Centre régional de pharmacovigilance et du médecin traitant de la personne. Si le médecin ne répond pas ou nie le lien de cause à effet entre la vaccination et les effets secondaires, le dossier est enterré. Or, le médecin traitant peut ne pas répondre ou nier les faits pour différentes raisons: par négligence, par sentiment de culpabilité vis-à-vis de la personne qu'il a vaccinée, par peur de contredire ses pairs. On a appris qu'il y a à peu près un tiers des dossiers qui ont été écartés ainsi. Je trouve cela révoltant. Cela crée un biais dans les études. L'Agence ne retient au final que les déclarations des médecins et non celles des patients.

Où en est-on pour les scléroses en plaques (SEP) postvaccinales?

L'argumentation principale de l'administration sanitaire repose sur une comparaison du nombre de cas de SEP survenus chez les vaccinés et le nombre de "cas attendus", qui seraient survenus en l'absence de vaccination dans ce groupe de population, nombre calculé en se référant à la moyenne nationale. On sait depuis longtemps qu'un grand nombre d'effets indésirables graves ne sont pas déclarés. L'Afssaps tient compte d'une sous-notification de 50% des cas de SEP post-vaccinale, mais les estimations habituelles sur les accidents médicamenteux sont de 90% de non déclaration. Cette sous-estimation est aggravée par la méthode de l'Afssaps qui ne prend pas en compte un tiers des dossiers que nous lui communiquons. Si l'on compare, l'effectif des SEP prises en charge comme "affections de longue durée" (ALD) au nombre des doses vaccinales vendues, on est frappé par l'augmentation récente du nombre de cas de SEP, qui a suivi les campagnes de vaccination. Le rapport des experts estime que cette augmentation est due à des facteurs favorisant une meilleure déclaration de la maladie. Mais cela reste à prouver et la concomitance entre le développement des SEP prises en ALD et le nombre de vaccinations reste une donnée inquiétante qu'il faudrait évaluer sérieusement.

Quels autres problèmes vous semblent insuffisamment étudiés ?
L'Agence se contente d'une analyse globale, sans réaliser des études sur des questions spécifiques qui mériteraient d'être élucidées. Elle avait remarqué elle-même qu'il pouvait y avoir des groupes de population présentant des facteurs de sensibilité particuliers et pour lesquels le risque est accru. ...

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Propos recueillis par Régis Pluchet

 

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