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ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient: Le ministre de la Santé veut
relancer les campagnes de vaccination contre l'hépatite
B. Qu'en pensez-vous ?
Dr Dominique Le Houézec: Cette relance a été
décidée sur la base d'un rapport d'expertise qui
n'est qu'une forme d'autojustification. De manière inacceptable,
les dix experts qui ont rédigé ce rapport passent
sous silence les éléments qui les dérangent.
Ils font un historique de cette vaccination qui omet de rappeler
que la campagne de 1994-1995 était basée sur des
arguments mensongers: la surévaluation de la fréquence
de l'hépatite B dans notre pays et l'affirmation selon
laquelle le virus de l'hépatite B pouvait se transmettre
par la salive. Ils constatent que le vaccin est le produit qui
a donné lieu à la plus grande série d'effets
secondaires jamais enregistrés par l'Afssaps (Agence française
de sécurité sanitaire des produits de santé).
Mais ils concluent que rien n'est prouvé, en se basant
sur des données non réactualisées et sans
faire état des remarques de l'Afssaps suggérant
des études complémentaires qui n'ont jamais été
faites. Ils mentionnent brièvement la myofasciite à
macrophages, pour l'écarter d'un revers de manche sans
faire référence à l'étude qui est
en cours. Ils citent l'une des deux études parues l'an
dernier qui prétendaient innocenter le vaccin, mais omettent
de dire que ces études ont été en partie
financées par les laboratoires et que leurs conclusions
sont contestables comme l'avaient remarqué le Pr Begaud,
responsable de la pharmacovigilance (Voir
l'interview du Pr Bégaud, Alternative Santé- L'Impatient,
avril 2001) et l'Afssaps, dans son rapport pour l'année
2000. Par ailleurs, ils ne remarquent pas les nombreuses lacunes
du travail de l'Afssaps.
Le
Revahb a été reçu en novembre dernier par
l'Afssaps pour faire le point sur les effets secondaires du vaccin.
J'ai été très choqué de découvrir
la manière dont la pharmacovigilance fonctionne en France.
Le Revahb communique régulièrement à l'Afssaps
des fiches remplies par ses adhérents qui décrivent
les effets secondaires survenus après vaccination anti-hépatite
B (1453 fiches ont été envoyées, dont 1329
avaient été alalysées par l'Agence fin 2001).
L'Afssaps fait redescendre ces fiches au niveau du Centre régional
de pharmacovigilance et du médecin traitant de la personne.
Si le médecin ne répond pas ou nie le lien de cause
à effet entre la vaccination et les effets secondaires,
le dossier est enterré. Or, le médecin traitant
peut ne pas répondre ou nier les faits pour différentes
raisons: par négligence, par sentiment de culpabilité
vis-à-vis de la personne qu'il a vaccinée, par peur
de contredire ses pairs. On a appris qu'il y a à peu près
un tiers des dossiers qui ont été écartés
ainsi. Je trouve cela révoltant. Cela crée un biais
dans les études. L'Agence ne retient au final que les déclarations
des médecins et non celles des patients.
Où
en est-on pour les scléroses en plaques (SEP) postvaccinales?
L'argumentation
principale de l'administration sanitaire repose sur une comparaison
du nombre de cas de SEP survenus chez les vaccinés et le
nombre de "cas attendus", qui seraient survenus en l'absence
de vaccination dans ce groupe de population, nombre calculé
en se référant à la moyenne nationale. On
sait depuis longtemps qu'un grand nombre d'effets indésirables
graves ne sont pas déclarés. L'Afssaps tient compte
d'une sous-notification de 50% des cas de SEP post-vaccinale,
mais les estimations habituelles sur les accidents médicamenteux
sont de 90% de non déclaration. Cette sous-estimation est
aggravée par la méthode de l'Afssaps qui ne prend
pas en compte un tiers des dossiers que nous lui communiquons.
Si l'on compare, l'effectif des SEP prises en charge comme "affections
de longue durée" (ALD) au nombre des doses vaccinales
vendues, on est frappé par l'augmentation récente
du nombre de cas de SEP, qui a suivi les campagnes de vaccination.
Le rapport des experts estime que cette augmentation est due à
des facteurs favorisant une meilleure déclaration de la
maladie. Mais cela reste à prouver et la concomitance entre
le développement des SEP prises en ALD et le nombre de
vaccinations reste une donnée inquiétante qu'il
faudrait évaluer sérieusement.
Quels
autres problèmes vous semblent insuffisamment étudiés
?
L'Agence se contente d'une analyse globale, sans réaliser
des études sur des questions spécifiques qui mériteraient
d'être élucidées. Elle avait remarqué
elle-même qu'il pouvait y avoir des groupes de population
présentant des facteurs de sensibilité particuliers
et pour lesquels le risque est accru. ...
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Propos
recueillis par Régis Pluchet
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