Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Marcelle
M
nous écrit de Vendin-le-Vieil (62880) "Je suis résidente
d'un foyer de personnes âgées de 50 personnes environ.
Le bâtiment comporte trois étages avec ascenseur,
toiture plate-forme en béton. Il y a trois mois, France-Télécom
y a installé un pylône-relais de téléphonie
mobile. Depuis, nous souffrons de maux de tête, de trous
de mémoire et de perte d'équilibre. Que faire ?"
Madame
V
nous envoie un courrier de Castres (81100). "Peut-être
est-ce une coïncidence mais depuis l'installation de trois
relais de téléphone portable sur mon immeuble HLM,
dont une juste au-dessus de ma chambre (j'habite au dixième
étage), je dors très mal, je suis toujours fatiguée
et en me levant, parfois je vacille et j'ai tout le temps des
crampes. En 2000, j'ai voyagé en Thaïlande, en 1999
au Canada, tout cela sans problème et tout à coup
le déclin. C'est bizarre !"
C. B.
La grogne contre les antennes-relais de téléphonie
mobile s'étend,
à mesure qu'augmente l'inquiétude des riverains
concernant les risques de ces installations sur la santé.
Il
pleut sur Saint-Maur-des Fossés en ce début mars
2002. Heureusement,
il n'y a pas loin de la station du RER à la rue Gallieni,
qu'Agnès Perrin nous invite à explorer. Tout autour
de cette rue, pavillons et immeubles portent panneaux et calicots
sur lesquels on peut lire: "Non aux antennes-relais",
"Nous ne sommes pas des cobayes", "Oui à
la santé", "3 ans ça suffit", "Sauvez
les familles des rayonnements" !
Au
total 70 panonceaux et 4 longues banderoles fleurissent balcons
et portillons, un printemps célébré de façon
inhabituelle dans ce quartier du vieux Saint-Maur-des-Fossés.
Inhabituelle également la manifestation qui, le samedi
9 mars a réuni 300 personnes (habitants, sympathisants
et élus) au carrefour Gallieni-Auguste-Marin pour dénoncer
l'implantation de cinq antennes sur le toit d'un immeuble du voisinage.
La fronde est partie de chez Agnès Perrin. Avec sa famille,
elle demeure au dernier étage d'un immeuble mitoyen du
bâtiment où sont érigées les antennes,
et deux d'entre elles surplombent directement son appartement.
L'une se profile même, plus que menaçante, à
travers le "Velux®" d'une des chambres. Cette proximité
est pour les Perrin et tous les riverains d'autant plus inquiétante
qu'un groupe scolaire se trouve tout proche et qu'en matière
de risques des antennes sur la santé, des doutes certains
existent.
Écartons-nous
un instant des antennes pour nous intéresser aux ondes
radars utilisées dans l'armée et les services de
transmission. Dans un ouvrage fort bien documenté (Ces
ondes qui tuent, ces ondes qui soignent. Téléphones
portables, ordinateurs, micro-ondes, électricité,
magnétisme: quels dangers pour notre santé? Jean-Pierre
Lentin, éd. Albin Michel.) Jean-Pierre Lentin recense
deux types d'action. Outre un effet thermique utilisé par
les soldats
pour "faire cuire les ufs, griller du pop-corn ou simplement
se réchauffer autour des paraboles quand il gèle",
(observations qui donneront l'idée du four à micro-ondes),
on constate des effets d'un autre ordre regroupés sous
le nom de "maladie des radars". Évoquée
pour la première fois en 1973 lors d'un symposium international,
elle se caractérise par des troubles neurologiques, puis
des atteintes cardiovasculaires, ces effets s'aggravant à
mesure des doses reçues. Ces différents symptômes
rappellent ceux relatés par les Russes dès les années
cinquante. "Des études dans les entreprises et en
laboratoire [d'ex-URSS] ont fait apparaître, relate Jean-Pierre
Lentin, toute une batterie de troubles provoqués par les
micro-ondes des radars, même à très faible
intensité : d'abord sur le système nerveux ou neurovégétatif:
vertige, irritabilité, dépression, facultés
intellectuelles diminuées, pertes de mémoire et
même hallucinations; puis sur le système cardiovasculaire:
douleurs au cur, bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque),
variations de la pression sanguine à tel point que les
médecins russes déconseillent aux personnes souffrant
de troubles cardiovasculaires de travailler dans les ondes radio
et les radars. On a aussi constaté des modifications de
la formule sanguine, notamment le taux de globules blancs, ainsi
que des problèmes hormonaux et thyroïdiens, des cas
de stérilité et un taux anormal de naissances de
filles."
La
technologie utilisée par les téléphones portables
et leurs bases d'émission-réception:les antennes-relais,
appartient, elle aussi, au domaine des micro-ondes, comme le radar.
Certes les fréquences sont différentes. Et en termes
de puissance, la téléphonie mobile joue dans la
cour des petits, très petits même: quelques dizaines
de watts (des milliers pour un radar).
Étrangement,
les témoignages se multiplient de la part des riverains
d'antennes-relais faisant état de malaises: maux de tête,
fatigue, irritabilité, troubles cardiaques, insomnies,
perte de mémoire et de concentration, vertiges, perte d'équilibre,
tendance à la déprime. Témoignages proches,
donc, de ceux relatés dans la maladie des radars. Ce dont
Alternative Santé- L'Impatient s'est fait l'écho
à plusieurs reprises, notamment dans notre numéro
de février 2002. C'est ce qui ressort également
de la seule étude publiée à ce jour sur le
sujet, par Roger Santini, docteur ès-sciences, spécialiste
de bio-environnement électromagnétique à
Villeurbanne, auteur en 1998 d'un ouvrage Téléphones
cellulaires. Danger ? (Téléphones
cellulaires. Dangers ? Roger Santini, éd. Marco Pietteur
Resurgence).
Étrangement,
celui-ci a été rappelé à l'ordre par
sa direction. "Diverses actions de déstabilisation,
des pressions et des interventions extérieures, s'exercent
depuis lors [1998], plus particulièrement sur l'Institut
où je travaille, nous précise-t-il. Actuellement
il m'est demandé de changer de thématique de recherche,
alors que je travaille sur le bio-environnement électromagnétique,
les risques biologiques et la radioprotection depuis 22 ans! Pendant
un moment on m'a interdit de communiquer depuis mon Institut sur
les risques biologiques liés à la téléphonie
mobile. Il est également question d'affecter mon unique
collaborateur à une autre équipe et mon appartenance
au Laboratoire de biochimie et de pharmacologie est remise en
question."
Difficile de ne pas interpréter cette opération
comme une volonté de faire taire une voix trop discordante
dans le discours rassurant des opérateurs qui affirment,
la main sur le cur, que tout va pour le mieux.
On
comprend qu'ici et là, les gens se mobilisent, comme à
Saint-Maur-des-Fossés et à Annecy où le Resda,
antenne locale de l'Union féminine civique et sociale,
exige que soit appliqué le principe de précaution
en matière d'implantation d'antennes. On comprend également
que de nombreuses municipalités (Mouans-Sartoux,Vallauris,
Fréjus, Saint-Raphaël, l'Isle-sur-Sorgue, Salles,
Hyeres ) prennent des arrêtés pour interdire
les poses d'antennes sur les bâtiments dont elles ont la
responsabilité, ou délimiter des périmètres
de sécurité. À Saint-Maur- des-Fossés,
le maire a interdit en mai 2001 : "toute nouvelle antenne
émettrice fonctionnant dans les fréquences comprises
entre 300 megahertz et 3 gigahertz dans un rayon de 200 mètres
de toute habitation". La réponse ne s'est pas fait
attendre: les trois opérateurs ont porté plainte
contre l'arrêté! L'histoire se répète
à Besançon où l'édile de la ville
avait interdit des implantations à moins de 100 mètres
d'une zone sensible (crèche, hôpital, école,
résidence pour personnes âgées), reprenant
strictement les recommandations émises par le Dr Denis
Zmirou, président d'un comité d'experts chargés
par Bernard Kouchner de faire le point sur les portables et les
antennes-relais (voir Alternative
Santé - L'Impatient n° 276, mars 2001). La société
Orange France a déposé le 18 décembre 2001
une requête auprès du tribunal administratif de Besançon
considérant l'arrêté municipal comme "illégal"
au regard de la loi européenne définissant des niveaux
d'exposition(Soit: 41 volts par mètre à
58 volts par mètre, normes qui sont dénoncées
comme étant insuffisantes pour protéger la santé
des populations et que de leur propre autorité certains
pays européens ont considérablement réduites
: Luxembourg (3 volts/m), Suisse (4 volts/m) Italie (6 volts/m)
Russie (6 volts/m), Belgique (20,6 volts/m).
que les opérateurs veillent, ils le jurent, à bien
respecter!
Ancienne
Première ministre de Norvège, Gro Harlem Brundtland,
est actuellement directrice générale de l'Organisation
mondiale de la santé. Elle ne supporte pas les portables,
ils lui donnent la migraine. "Mon hypersensibilité
est devenue telle que je réagis même hors communications
quand les portables sont juste allumés." Pour éviter
d'être prise pour une hystérique, elle a réalisé
plusieurs tests : sans savoir si ses collaborateurs possédaient
un portable, elle les a fait entrer dans son bureau et tous ont
constaté qu'elle réagissait chaque fois que l'un
d'eux dissimulait sur lui un appareil allumé. Le mal de
tête qui la prend alors persiste une heure à une
heure et demie après que l'exposition aux radiations ait
stoppé. "Je suis convaincue, ajoute-t-elle, que ce
phénomène doit être pris au sérieux.
Certaines personnes développent une sensibilité
à l'électricité et aux radiations à
partir de téléphones portables ou d'ordinateurs.
Nous ne savons pas encore si cela peut entraîner des effets
graves sur la santé. Mais je pense que nous devrions suivre
le principe de précaution, surtout pour nos enfants."
C. B.