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MAI 2002

 

EDITORIAL

 

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Aux urnes citoyens !

 

 

Il y a des sujets qui fâchent et dont on évite de parler à table, en famille. Ainsi en est-il de la politique que les maîtresses de maison avisées éloignent opportunément des conversations pour éviter que la convivialité ne cède à l'embrasement des convictions. Nos lecteurs formant autour d'ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient une grande famille (entre 200000 et 300000 lecteurs, ce n'est pas rien)…, je ne prendrai pas le risque de rompre l'harmonie qui nous rassemble. Mais comment esquiver, en ces temps de débats d'idées et de choix électoraux les questions de santé ? Nous y dérober serait indécent. Donc, que la maîtresse de famille nous en excuse, nous allons mettre les pieds dans le plat ! Pour énoncer une évidence, d'abord.

Le respect des patients et leur information, la reconnaissance des médecines alternatives, le libre choix thérapeutique, l'attention portée aux victimes des vaccinations, sont des thèmes qui ne sont ni de droite, ni de gauche. Ils transcendent les partis. Pour éviter néanmoins l'enlisement dans le marigot franco-français, essayons de prendre un peu de hauteur et d'envisager le problème dans sa perspective européenne. En posant une question simple : l'Europe apporte-t-elle un réel espoir à ceux qui, comme nous, ont une démarche autonome et ont décidé de prendre soins et santé en main? Qu'on le regrette ou s'en réjouisse -et l'on comprend que les avis soient partagés- l'Europe décide beaucoup de notre quotidien. En matière de santé comme dans d'autres domaines. Ainsi, en 2006, la PAC (politique agricole commune) devra choisir entre le soutien à une agriculture durable, respectueuse des sols et de notre santé, ou la poursuite d'une agriculture intensive, polluante et périlleuse pour les paysans et les consommateurs. C'est encore l'Europe et les exigences de six pays -dont la France- qui font obstacle aujourd'hui à la dissémination des OGM dans l'alimentation humaine. Même si les politiques en parlent peu, c'est aux sommets de Nice, de Barcelone et d'ailleurs que se joue notre avenir. Deux exemples pour nous montrer que parfois les solutions ne peuvent être qu'européennes. En matière de pollution, on voit bien que la France, en dépit de sa grandeur, de son prestige… et de ses mensonges, n'a pu arrêter aux frontières tricolores le nuage de Tchernobyl. En revanche, c'est l'Europe concertée et solidaire qui a imposé l'arrêt de la centrale ukrainienne. Environnement toujours. Savez-vous qu'il y a un point sur lequel tous les candidats, jusqu'aux deux extrêmes, sont d'accord: c'est le ferroutage. On poserait donc les containers des camions, leurs remorques, sur des wagons. Cela diminuerait d'autant les kilomètres d'autoroute parcourus, la combustion de gasoil, la pollution de l'air et le réchauffement du climat. Bien sûr, une telle mesure n'est possible et efficace que si tous les pays y participent. Côté sparadrap et bistouri, la dernière décision de Bernard Kouchner en faveur de la chiropratique et de l'ostéopathie fait suite à la recommandation européenne sur la reconnaissance des médecines alternatives. La France et ses lobbies médicaux ont dû s'incliner. De même pour les droits des patients récemment votés, préparés par d'autres débats au niveau européen… Côté vaccination, personne n'ignore que nous détenons l'immense privilège de vacciner nos enfants à tour de bras (et de fesses!). Que le joug de l'obligation pèse sur les familles. Et comble de maltraitance, que les effets secondaires sont niés et les victimes laissées à leurs difficultés. Or, le 5 avril dernier, s'est tenu à Bruxelles un colloque intitulé: "Le bien-fondé de la pratique vaccinale". Notre collaborateur et spécialiste, Régis Pluchet, y participait. Les opposants aux obligations purent s'exprimer sans être aussitôt taxés de sectaires. Bonnie Dunbar, biologiste américaine, a souligné que les effets secondaires du vaccin contre l'hépatite B -des plus bénins aux plus graves- se comptaient par dizaines de milliers aux États-Unis.

En conclusion, le député belge, Paul Lannoye, a annoncé sa décision de demander la création d'un centre européen de vaccino-vigilance, ainsi que la fin des obligations. Dans un autre colloque* auquel nous participions, et qui réunissait médecins et juristes, ces derniers sont tombés d'accord sur l'idée "que le seul risque (alimentaire, médical, etc.) que le consommateur accepte aujourd'hui est celui dont il est dûment informé". Cette prise de conscience a des conséquences directes quant à la qualité du dialogue avec le médecin et au droit du patient à une information claire et complète sur tout acte médical. Bien sûr, certaines décisions européennes sont sujettes à controverses. Mais on peut espérer que l'intérêt général -et celui des patients en particulier- s'y fera mieux entendre et résistera mieux aux intérêts locaux, fussent-ils nationaux. J'espère ne point vous avoir fâché(e)s…

* 1er Symposium européen sur le principe de précaution, organisé par l'Observatoire des missions publiques en Europe (Omipe)

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