Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Il
y a des sujets qui fâchent et dont on évite de parler à table,
en famille. Ainsi en est-il de la politique que les maîtresses
de maison avisées éloignent opportunément des conversations pour
éviter que la convivialité ne cède à l'embrasement des convictions.
Nos lecteurs formant autour d'ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient
une grande famille (entre 200000 et 300000 lecteurs, ce n'est
pas rien)…, je ne prendrai pas le risque de rompre l'harmonie
qui nous rassemble. Mais comment esquiver, en ces temps de débats
d'idées et de choix électoraux les questions de santé ? Nous y
dérober serait indécent. Donc, que la maîtresse de famille nous
en excuse, nous allons mettre les pieds dans le plat ! Pour énoncer
une évidence, d'abord.
Le respect des patients et leur information, la reconnaissance
des médecines alternatives, le libre choix thérapeutique, l'attention
portée aux victimes des vaccinations, sont des thèmes qui ne sont
ni de droite, ni de gauche. Ils transcendent les partis. Pour
éviter néanmoins l'enlisement dans le marigot franco-français,
essayons de prendre un peu de hauteur et d'envisager le problème
dans sa perspective européenne. En posant une question simple
: l'Europe apporte-t-elle un réel espoir à ceux qui, comme nous,
ont une démarche autonome et ont décidé de prendre soins et santé
en main? Qu'on le regrette ou s'en réjouisse -et l'on comprend
que les avis soient partagés- l'Europe décide beaucoup de notre
quotidien. En matière de santé comme dans d'autres domaines. Ainsi,
en 2006, la PAC (politique agricole commune) devra choisir entre
le soutien à une agriculture durable, respectueuse des sols et
de notre santé, ou la poursuite d'une agriculture intensive, polluante
et périlleuse pour les paysans et les consommateurs. C'est encore
l'Europe et les exigences de six pays -dont la France- qui font
obstacle aujourd'hui à la dissémination des OGM dans l'alimentation
humaine. Même si les politiques en parlent peu, c'est aux sommets
de Nice, de Barcelone et d'ailleurs que se joue notre avenir.
Deux exemples pour nous montrer que parfois les solutions ne peuvent
être qu'européennes. En matière de pollution, on voit bien que
la France, en dépit de sa grandeur, de son prestige… et de ses
mensonges, n'a pu arrêter aux frontières tricolores le nuage de
Tchernobyl. En revanche, c'est l'Europe concertée et solidaire
qui a imposé l'arrêt de la centrale ukrainienne. Environnement
toujours. Savez-vous qu'il y a un point sur lequel tous les candidats,
jusqu'aux deux extrêmes, sont d'accord: c'est le ferroutage. On
poserait donc les containers des camions, leurs remorques, sur
des wagons. Cela diminuerait d'autant les kilomètres d'autoroute
parcourus, la combustion de gasoil, la pollution de l'air et le
réchauffement du climat. Bien sûr, une telle mesure n'est possible
et efficace que si tous les pays y participent. Côté sparadrap
et bistouri, la dernière décision de Bernard Kouchner en faveur
de la chiropratique et de l'ostéopathie fait suite à la recommandation
européenne sur la reconnaissance des médecines alternatives. La
France et ses lobbies médicaux ont dû s'incliner. De même pour
les droits des patients récemment votés, préparés par d'autres
débats au niveau européen… Côté vaccination, personne n'ignore
que nous détenons l'immense privilège de vacciner nos enfants
à tour de bras (et de fesses!). Que le joug de l'obligation pèse
sur les familles. Et comble de maltraitance, que les effets secondaires
sont niés et les victimes laissées à leurs difficultés. Or, le
5 avril dernier, s'est tenu à Bruxelles un colloque intitulé:
"Le bien-fondé de la pratique vaccinale". Notre collaborateur
et spécialiste, Régis Pluchet, y participait. Les opposants aux
obligations purent s'exprimer sans être aussitôt taxés de sectaires.
Bonnie Dunbar, biologiste américaine, a souligné que les effets
secondaires du vaccin contre l'hépatite B -des plus bénins aux
plus graves- se comptaient par dizaines de milliers aux États-Unis.
En conclusion, le député belge, Paul Lannoye, a annoncé sa décision
de demander la création d'un centre européen de vaccino-vigilance,
ainsi que la fin des obligations. Dans un autre colloque* auquel
nous participions, et qui réunissait médecins et juristes, ces
derniers sont tombés d'accord sur l'idée "que le seul risque (alimentaire,
médical, etc.) que le consommateur accepte aujourd'hui est celui
dont il est dûment informé". Cette prise de conscience a des conséquences
directes quant à la qualité du dialogue avec le médecin et au
droit du patient à une information claire et complète sur tout
acte médical. Bien sûr, certaines décisions européennes sont sujettes
à controverses. Mais on peut espérer que l'intérêt général -et
celui des patients en particulier- s'y fera mieux entendre et
résistera mieux aux intérêts locaux, fussent-ils nationaux. J'espère
ne point vous avoir fâché(e)s…
* 1er Symposium européen sur le principe de précaution, organisé
par l'Observatoire des missions publiques en Europe (Omipe)