Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Journaliste
professionnelle (presse écrite, radio et télévision),
Judy Graham (1) a 27 ans quand elle apprend sa maladie : une
sclérose en plaques. On est alors en 1973. Habituée
à passer au crible des montagnes de documents, elle s’intéresse
à tout ce qui a été écrit sur le
sujet et réalise sa propre synthèse:
-
les acides gras essentiels sont indispensables au système
nerveux central, d’où l’intérêt de Judy pour
l’huile d’onagre, encore appelée primevère du soir
(2);
-
il n’est pas rare que les sclérosés en plaques présentent
des allergies à certains aliments, le principal est de
trouver les siennes ;
-
l’exercice physique favorise la circulation sanguine et l’oxygénation
des muscles;
-
moralement, il est important d’aller bien.
Ces
principes une fois posés, Judy Graham modifie son mode
de vie et son alimentation. Etudiant ses réactions, elle
se découvre sensible au gluten et donc évite les
produits qui en contiennent. "Même chose pour les produits
laitiers, raconte-t-elle. Je fais du yoga et du shiatsu (Méthode
thérapeutique chinoise consistant à appliquer les
doigts par pression
sur certains points du corps).
Et je prends beaucoup de compléments alimentaires : acides
gras essentiels (huiles d’onagre et de poissons), antioxydants,
vitamines, minéraux…" Sans disparaître jamais
totalement, la maladie n’entrave pas sa volonté de vivre.
À 38 ans, elle prend la décision de devenir mère,
après en avoir pesé toutes les conséquences,
en particulier celle de voir la maladie progresser après
l’accouchement, comme c’est parfois le cas, et le handicap augmenter.
"Quel qu’ait été le risque, il me semblait
dommage de ne pas avoir d’enfant. Pour moi, refuser cette joie
aurait signifié que la maladie avait gagné, c’est
normal d’avoir une famille." Pendant sa grossesse, Judy est
plus vigilante que jamais sur son hygiène de vie. Pascal
naît. Il vient d’avoir 17 ans. Il ne manque pas de proposer
son aide quand il devine sa maman un peu fatiguée. Judy
a aujourd’hui 55 ans, sa sclérose a progressé. "Sans
doute moins que si je n’avais rien fait, pense-t-elle, mais comment
savoir ?" Elle marche sans canne et fait ses courses en supermarché.
Quand elle sait qu’elle devra marcher ou rester debout longtemps,
elle prend son fauteuil roulant. Cela étant, elle reste
professionnellement très active. Il y a deux ans, elle
a créé New Pathways, un magazine destiné
aux malades atteints de sclérose en plaques et qui passe
en revue les médecines alternatives. De langue anglaise,
il compte 6000 lecteurs, bien décidés à prendre
eux aussi leur vie en mains. C. B.
Judy
Graham est auteure de deux ouvrages sur la maladie : "Judy
Graham et
la primevère du soir. Une maladie de civilisation : la
sclérose en plaques"éd. Épi (1983, épuisé)
et "Sclérose en plaques et maternité",
éd. Ligier, disponible à l’Arsep, 4, rue Chéreau,
75013 Paris. Tél. : 01 45 65 00 36.
À lire également : "La sclérose en plaques
au quotidien" de René Marteau, éd. Odile Jacob,
1998.