Alternative
Santé - L'Impatient,
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Les
campagnes de vaccination contre l’hépatite B devraient
bientôt redémarrer. Comment le nouveau ministre
de la Santé va-t-il prendre en compte les nouveaux cas
de SEP qui risquent de survenir ?
"Au
mois d’octobre 1994, trois jours après la première
injection d’Engérix, vaccin contre l’hépatite B,
j’ai été prise de vertiges, de perte d’équilibre,
de troubles oculaires (diplopie), de forte fièvre avec
tremblements, et de faiblesse générale." Après
plusieurs erreurs de diagnostic (grippe, dépression nerveuse),
Francine Delgado est orientée vers le service de neurologie
de La Salpêtrière (à Paris) où l’on
diagnostique une atteinte neurologique centrale, puis une sclérose
en plaques (SEP). Francine est la première victime d’accident
après vaccination anti-hépatite B à nous
contacter, en mars 1995. Devant le nombre croissant de témoignages
l’année qui a suivi, nous nous interrogions : "Combien
de personnes ont-elles déclaré une SEP après
vaccination hépatite B ?" (Guide
des vaccinations, Alternative Santé - l’Impatient, hors-série).
À partir d’octobre 1996, nous avons publié plus
de cent-quarante témoignages d’accidents après vaccin
anti-hépatite B dont une trentaine concernaient des personnes
atteintes de SEP. En 1998, la Commission nationale de pharmacovigilance
décidait d’enquêter sur le sujet. Francine Delgado
et plusieurs victimes ont intenté des procès contre
les fabricants de vaccins, Aventis-Pasteur et Glaxo-SmithKline.
Mais pour ces laboratoires, la cause est entendue: il n’y a pas
de preuve du lien de cause à effet.
Régulièrement
la presse se fait l’écho de ces controverses. En janvier
2001, la publication par le New England Journal of Medicine de
deux études qui concluaient que la vaccination anti-hépatite
B n’entraînait pas de SEP avait fait grand bruit. Le
Pr Bégaud nous signalait alors les faiblesses de ces études,
faiblesses relevées également dans le Rapport 2001
de la Commission nationale de pharmacovigilance. C’est pourtant
sans états d’âme que la mission d’expertise sur la
politique de vaccination contre l’hépatite B recommande
la relance des campagnes de vaccination (voir
Alternative Santé - L’Impatient, avril 2002).
Son
rapport a d’ailleurs réussi le tour de force de justifier
le redémarrage de ces campagnes en énonçant
une chose et son contraire : "Aucune donnée ne permet
d’affirmer que la vaccination contre l’hépatite B augmente
le risque de SEP. En revanche on ne peut pas exclure que la vaccination
puisse être un stimulus non spécifique déclenchant
un épisode aigu de démyélinisation (EAD)
au même titre qu’une infection virale ou qu’un autre vaccin."
Un EAD : épisode aigu qui peut correspondre soit à
une première poussée de SEP soit à une autre
maladie démyélinisante grave (névrite optique,
myélite aiguë). Les experts admettent donc un risque.
Mais pour eux "le risque lié au vaccin est faible
par rapport au bénéfice attendu". Ce risque
n’est pas spécifique à la vaccination hépatite
B, toute vaccination pouvant entraîner un EAD, remarquent-ils.
Ce qui n’a rien de rassurant. Plus grave, ils notent que "le
risque de SEP est beaucoup plus élevé, de l’ordre
de 30 à 50 fois" chez les parents directs (père,
mère, frères et sœurs) d’un sujet atteint de SEP.
Mais craignant sans doute de paraître alarmistes, ils reviennent
dans leurs conclusions sur le risque d’effets indésirables
en répétant trois fois : "Le risque, s’il existe…".
Par
ailleurs, le rapport ne fait jamais état des différents
dossiers dans lesquels le lien de cause à effet entre la
vaccination et la SEP a été reconnu. De nombreux
professionnels des établissements médicaux et sociaux
ont obtenu cette reconnaissance dans le cadre des procédures
d’accident du travail ou d’indemnisation à l’amiable des
accidents après vaccinations obligatoires. Bien entendu,
toutes ces décisions ont été prises après
expertises. Dans le cadre de la procédure qui concerne
les accidents après vaccinations obligatoires, la Direction
générale de la santé qui, dans un premier
temps, reconnaissait l’existence d’un lien de causalité,
ne parle plus aujourd’hui que d’imputabilité, mais ces
mots sont presque synonymes.
Parmi
la dizaine de thèses de doctorat en médecine consacrées
à l’étude des accidents survenus après vaccination
hépatite B, plusieurs étudiaient particulièrement
les cas de SEP. L’une d’entre elles, rédigée sur
la base d’observation de cas suivis à La Salpêtrière
à Paris, concluait à la nécessité
de supprimer les obligations de vaccination pour les personnels
des établissements de santé. "Depuis 1983,
une cinquantaine de publications médicales documentées
sont venues rapporter dans la presse internationale des observations
d’accidents neurologiques", signale le Dr Le Houézec.
Dans ces observations, le vaccin est incriminé sur la base
de l’absence de facteur de risque (pas d’antécédent
familial par exemple) et sur la chronologie d'apparition.