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JUIN 2002

 

scléroses en plaques post-vaccinales

 

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Les campagnes de vaccination contre l’hépatite B devraient bientôt redémarrer. Comment le nouveau ministre de la Santé va-t-il prendre en compte les nouveaux cas de SEP qui risquent de survenir ?

 

 

 

"Au mois d’octobre 1994, trois jours après la première injection d’Engérix, vaccin contre l’hépatite B, j’ai été prise de vertiges, de perte d’équilibre, de troubles oculaires (diplopie), de forte fièvre avec tremblements, et de faiblesse générale." Après plusieurs erreurs de diagnostic (grippe, dépression nerveuse), Francine Delgado est orientée vers le service de neurologie de La Salpêtrière (à Paris) où l’on diagnostique une atteinte neurologique centrale, puis une sclérose en plaques (SEP). Francine est la première victime d’accident après vaccination anti-hépatite B à nous contacter, en mars 1995. Devant le nombre croissant de témoignages l’année qui a suivi, nous nous interrogions : "Combien de personnes ont-elles déclaré une SEP après vaccination hépatite B ?" (Guide des vaccinations, Alternative Santé - l’Impatient, hors-série). À partir d’octobre 1996, nous avons publié plus de cent-quarante témoignages d’accidents après vaccin anti-hépatite B dont une trentaine concernaient des personnes atteintes de SEP. En 1998, la Commission nationale de pharmacovigilance décidait d’enquêter sur le sujet. Francine Delgado et plusieurs victimes ont intenté des procès contre les fabricants de vaccins, Aventis-Pasteur et Glaxo-SmithKline. Mais pour ces laboratoires, la cause est entendue: il n’y a pas de preuve du lien de cause à effet.

Régulièrement la presse se fait l’écho de ces controverses. En janvier 2001, la publication par le New England Journal of Medicine de deux études qui concluaient que la vaccination anti-hépatite B n’entraînait pas de SEP avait fait grand bruit. Le Pr Bégaud nous signalait alors les faiblesses de ces études, faiblesses relevées également dans le Rapport 2001 de la Commission nationale de pharmacovigilance. C’est pourtant sans états d’âme que la mission d’expertise sur la politique de vaccination contre l’hépatite B recommande la relance des campagnes de vaccination (voir Alternative Santé - L’Impatient, avril 2002).

Son rapport a d’ailleurs réussi le tour de force de justifier le redémarrage de ces campagnes en énonçant une chose et son contraire : "Aucune donnée ne permet d’affirmer que la vaccination contre l’hépatite B augmente le risque de SEP. En revanche on ne peut pas exclure que la vaccination puisse être un stimulus non spécifique déclenchant un épisode aigu de démyélinisation (EAD) au même titre qu’une infection virale ou qu’un autre vaccin." Un EAD : épisode aigu qui peut correspondre soit à une première poussée de SEP soit à une autre maladie démyélinisante grave (névrite optique, myélite aiguë). Les experts admettent donc un risque. Mais pour eux "le risque lié au vaccin est faible par rapport au bénéfice attendu". Ce risque n’est pas spécifique à la vaccination hépatite B, toute vaccination pouvant entraîner un EAD, remarquent-ils. Ce qui n’a rien de rassurant. Plus grave, ils notent que "le risque de SEP est beaucoup plus élevé, de l’ordre de 30 à 50 fois" chez les parents directs (père, mère, frères et sœurs) d’un sujet atteint de SEP. Mais craignant sans doute de paraître alarmistes, ils reviennent dans leurs conclusions sur le risque d’effets indésirables en répétant trois fois : "Le risque, s’il existe…".

"On en est aujourd’hui à 771 notifications d’atteintes démyélinisantes centrales (dont 569 SEP, NDLR). Il faudrait être particulièrement de mauvaise foi pour dire que ces cas sont tous dus au hasard et jamais à la vaccination", nous précisait l’an dernier le Pr Bégaud . "Leur rapport sous-évalue le nombre de cas de maladies démyélinisantes", nous déclarait, en avril dernier, le Dr Le Houézec, responsable des questions médicales du Revahb, l’association des victimes. "Pire, cette sous-notification est aggravée par la manière dont sont traités les cas déclarés par l’association, un tiers d’entre eux n’étant pas pris en compte".

Par ailleurs, le rapport ne fait jamais état des différents dossiers dans lesquels le lien de cause à effet entre la vaccination et la SEP a été reconnu. De nombreux professionnels des établissements médicaux et sociaux ont obtenu cette reconnaissance dans le cadre des procédures d’accident du travail ou d’indemnisation à l’amiable des accidents après vaccinations obligatoires. Bien entendu, toutes ces décisions ont été prises après expertises. Dans le cadre de la procédure qui concerne les accidents après vaccinations obligatoires, la Direction générale de la santé qui, dans un premier temps, reconnaissait l’existence d’un lien de causalité, ne parle plus aujourd’hui que d’imputabilité, mais ces mots sont presque synonymes.

Parmi la dizaine de thèses de doctorat en médecine consacrées à l’étude des accidents survenus après vaccination hépatite B, plusieurs étudiaient particulièrement les cas de SEP. L’une d’entre elles, rédigée sur la base d’observation de cas suivis à La Salpêtrière à Paris, concluait à la nécessité de supprimer les obligations de vaccination pour les personnels des établissements de santé. "Depuis 1983, une cinquantaine de publications médicales documentées sont venues rapporter dans la presse internationale des observations d’accidents neurologiques", signale le Dr Le Houézec. Dans ces observations, le vaccin est incriminé sur la base de l’absence de facteur de risque (pas d’antécédent familial par exemple) et sur la chronologie d'apparition.

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Régis Pluchet

 

 

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