Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les couples vraiment stériles sont rares. Beaucoup se
précipitent vers la FIV (fécondation in vitro),
sans connaître son taux de réussite et sans informations
sur les alternatives
Quelques repères pour mieux aborder cette situation.
Amandine,
le premier bébé conçu par fécondation
in vitro a fêté ses 20 ans il y a peu. Depuis sa
naissance, 60 000 enfants lui ont emboîté le pas
pour faire le bonheur de couples dits "stériles".
Doit-on souffler ces bougies d'anniversaire dans la joie et l'insouciance
? Pas si simple. Dans la perspective d'une nouvelle loi relative
à la bioéthique -aujourd'hui entre les mains des
sénateurs- de nombreuses voix invitent à la vigilance
et posent la question de la liberté des femmes face à
la toute puissance médicale. Scientifiques ou membres de
la société civile, féministes ou non féministes,
elles dénoncent essentiellement le manque de données
qui permettraient aux couples de juger en toute connaissance de
cause avant de s'engager dans un processus d'Assistance médicale
à la procréation (AMP). Absence d'informations sur
les solutions alternatives, sur la pénibilité des
traitements, sur leurs effets secondaires et sur les taux de réussite:
les couples qui se lancent dans l'aventure le font encore bien
souvent à l'aveuglette.
Impatience
des femmes
et précipitation des médecins
Si
une femme est privée d'ovaires ou de trompes fonctionnelles,
ou si le sperme de son partenaire ne contient pas de spermatozoïdes,
ce qui correspond à des cas de stérilité
avérée, et que le couple désire un enfant
biologique, son seul espoir réside dans la fécondation
in vitro ou FIV (lire encadré : Définitions). En
revanche et le professeur Frydman
est le premier à le reconnaître : "toutes les
autres situations sont des indications relatives [de FIV]. Il
est très fréquent que les choses s'arrangent de
manière spontanée", les blocages étant
souvent d'ordre psychologique. Pourtant dans les cas de stérilité
inexpliquée, le recours à la FIV a quasi doublé
entre 1989 et 2000, correspondant respectivement à 10 %
et 19,3 % des fécondations in vitro (par opposition aux
inséminations artificielles). Est-ce vraiment nécessaire
? Une étude de 1999 montre que pour 200 femmes atteintes
de stérilité inexpliquée, le nombre de naissances
est sensiblement le même avec ou sans traitement. Certes,
les médecins sont confrontés à l'impatience
et à l'angoisse des femmes que "la peur d'être
stérile rend stériles". Contraintes par des
impératifs professionnels ou n'ayant rencontré l'homme
de leur vie qu'après la trentaine, elles sont de plus en
plus nombreuses à s'affoler d'un compte à rebours
fatal. "Ce qui, d'un point de vue psychologique est néfaste
pour leur fertilité", insiste Brigitte-Fanny Cohen,
auteure de "Un bébé mais pas à tout
prix". Mais n'appartient-il pas justement aux médecins
de les rassurer sur la base de leur compétence médicale
? Et d'une manière générale, stérilité
avérée ou non, la déontologie la plus élémentaire
n'impose-t-elle pas qu'ils avertissent leurs patientes des risques
d'effets secondaires?
Effets
secondaires et défaut d'évaluation
Première
sur le banc des accusés : la stimulation ovarienne. Cette
pratique consiste à injecter des hormones de manière
à multiplier les ovocytes qui deviendront autant de chance
de grossesse. Quelques chercheurs estiment que les FIV sans stimulation,
c'est-à-dire réalisées à partir des
cycles naturels, ont aussi leur intérêt car l'unique
uf récolté aurait deux fois plus de chance
de s'implanter que ceux issus d'une ovulation forcée. Or
si celle-ci augmente les chances de grossesses multiples, elle
occasionne une prise de poids et la perte de cheveux (heureusement
réversible), elle présente également des
risques (faibles il est vrai) de phlébite, d'embolie pulmonaire,
voire d'accident vasculaire cérébral et se trouve
liée à un accroissement du nombre de tumeurs pré-cancéreuses
de l'ovaire.
La propreté des hormones stimulant l'ovulation est également
soulevée. Jusqu'en 1997, on utilisait de la FSH, extraite
des urines de femmes ménopausées. Il a fallu la
création d'une "FSH recombinante", autrement
dit fabriquée par génie génétique
(et trois fois plus chère que la précédente)
pour que la première version soit enfin vendue avec une
notice avertissant d'un "risque de transmission d'agents
infectieux". Ce risque s'applique encore à la gonadotrophine,
une hormone urinaire utilisée pour déclencher l'ovulation
avant le recueil des ovocytes (sa version recombinante n'existant
pas encore). Le Pr Jacques Testart conteste aussi la propreté
de la FSH recombinante. Cette hormone étant fabriquée
à partir de cellules d'ovaires de hamsters chinois nourris
en éprouvette avec de l'albumine bovine occasionne un risque
de transmission de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
Le recueil des ovocytes par ponction des ovaires constitue aussi
une étape délicate en raison des risques infectieux,
anesthésique, hémorragique
Enfin
la pratique de l'ICSI (intra-cytoplasmic sperm injection) est
très contestable. Si pour une FIV classique, la fécondation
hors du corps humain est réalisée par la simple
mise en contact des spermatozoïdes avec des ovocytes, dans
le cadre de l'ICSI, le spermatozoïde est directement injecté
dans l'ovocyte. Or cette pratique, utilisée dans 40% des
FIV n'a pas fait l'objet d'expérimentations préalables.
Des études soulignent une augmentation du risque de malformation
du bébé à naître et une possible transmission
de la stérilité du père à l'enfant.
On le voit ces techniques dites de pointe comportent plus d'une
zone d'ombre. Ce "droit à l'enfant" que la soiété
semble prête à offrir sur un plateau d'argent -3
100 e environ par FIV sans limitation du nombre de tentatives
par la Sécurité sociale- n'est pas sans contreparties.
Que certaines femmes acceptent de prendre des risques pour leur
santé, tant est grand leur désir d'enfant, cela
se conçoit. Mais c'est à elles de les apprécier.
Le corps médical ne peut décider à leur place.
Par ailleurs, un choix libre et éclairé exige davantage
de transparence en ce qui concerne les taux de réussite
de la FIV, qui ne sont guère brillants.
Des
résultats encore médiocres et difficiles à
déchiffrer
La
FIV classique aboutit à une naissance dans 17 % des tentatives
(soit un échec dans 83 % des cas). La technique de l'ICSI
donne des résultats légèrement supérieures
-19,6 % de naissances- car elle est surtout utilisée en
cas de stérilité du père, les femmes traitées
sont donc plus jeunes et fertiles. Et encore, ces chiffres correspondent
à une moyenne nationale qui englobe tous les cas de figure
sans distinction d'âge et de pathologie.
On estime que si après six tentatives de FIV -soit deux
à trois ans de traitement- la moitié des femmes
de moins de 35 ans donneront naissance à un enfant, 8%
seulement des femmes de plus de quarante ans mettront un bébé
au monde. Les centres participent allégrement de cette
opacité des résultats. Certains affichent des taux
de réussite qui renvoient au nombre de grossesses provoquées
(y compris celles qui n'auront duré que quinze jours),
plutôt qu'à celui des naissances. D'autres refuseront
les femmes de plus de 38 ans pour ne pas ternir leurs performances
Enfin, la loi exige que tout couple candidat à l'AMP soit
informé d'emblée des procédures d'adoption.
Rares sont les équipes médicales qui s'y conforment.
"Mon gynécologue m'en a même dissuadée",
témoigne Nathalie L.
Du
manque de considération au trafic d'ovocytes
Outre
le manque d'information, la plupart des candidat(e)s à
l'AMP dénoncent un manque d'accompagnement psychologique,
voire une absence totale de considération. "Mon impression
en fin de compte c'est que pour les gynécologues et biologistes
[qui m'ont suivie] je n'ai été qu'un utérus
et des ovaires, au mieux un taux de FSH, un nombre de follicules
ou d'ovocytes", écrit Brigitte- Fanny Cohen. "Ce
professeur extrêmement renommé n'a vu en moi qu'une
paire de testicules. Tout ce qui l'intéressait c'était
de les ouvrir, soi-disant pour "voir" ce qu'il en était
de mon sperme. Il s'est bien gardé de me dire que l'examen
pouvait se faire avec une échographie", s'indigne
Bernard M.
Parfois ce sont les équipes médicales qui se plaignent
du défaut d'accompagnement psychologique. Ainsi le Pr Pierre
Jouannet qui anime le principal laboratoire de fécondation
in vitro de l'Assistance publique de Paris, souligne : "Depuis
1994, je demande la création d'un poste de psychologue
dans mon service, mais aucune vacation ne m'a été
accordée. La loi prévoit pourtant ces entretiens."
Les FIV exigent parfois le recours à une tierce personne:
donneur de sperme ou donneuse d'ovocytes. Si le don de sperme
est relativement peu contraignant, celui d'ovocyte est loin d'être
anodin (stimulation ovarienne, anesthésie) et devrait être
mieux accompagné.