Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Quels
que soient le moment, l'activité ou les caprices de la
météo, l'été est la saison des boissons
qui "cassent bien la soif". L'occasion de procéder
à un recensement des recettes les plus originales et désaltérantes
Bien
fraîche, sans être glacée, l'eau est le seul
liquide dont on ait impérativement besoin quand il fait
chaud. Il en va des eaux de source comme des lieux d'où
elles sont extraites, elles ont toutes leurs particularités
et certaines possèdent naturellement cette petite pointe
d'acidité, cette âpreté ou encore cette légèreté
qui les rendent propres à étancher la soif.
Réaliser
une boisson dite d'été consistera à conférer
à de l'eau considérée comme plate l'une de
ces qualités : acidité, âpreté et légèreté,
et à l'aromatiser de saveurs variées, certaines
étant destinées à augmenter la digestibilité
de la boisson.
Un mot de la conservation de ces fabrications maison. N'étant
le plus souvent pas stérilisées, elles se conservent
mal sauf s'il s'agit de sirops dans lesquels la forte teneur en
sucres empêche le développement de germes indésirables,
ou de boissons fermentées. Hormis ces deux cas, il vaut
mieux garder les boissons au réfrigérateur et les
consommer rapidement. La richesse en sucres doit inciter à
faire un usage parcimonieux des sirops, en particulier chez les
enfants. Quant aux boissons fermentées et de ce fait légèrement
pétillantes : bières de ménage, frênette,
ortillette, chanvrette, kéfir elles renferment un
peu moins de deux degrés d'alcool.
La
température de consommation ajoutera une touche estivale.
Fraîche, froide, glacée, givrée, c'est selon ,
sachant que boire trop froid donne mal au ventre ou la diarrhée
aux personnes ayant des intestins un peu fragiles et aux enfants.
Ces précisions données, voici le dictionnaire des
boissons "impatientes".
Antésite
L'antésite, à ne pas confondre avec andésite,
roche volcanique caractéristique des Andes, est une boisson
concentrée à la réglisse, inventée
à la fin du XIXe siècle. C'est un produit très
économique, un seul flacon acheté en pharmacie,
permet de fabriquer jusqu'à 80 litres de boisson. La glycyrrhizine
(de la réglisse) lui donne naturellement un important pouvoir
sucrant et un goût très particulier (on aime ou on
n'aime pas). La réglisse agit favorablement sur la digestion,
intervient dans la composition de sirops antitussifs et la préparation
de médicaments anti-ulcéreux.
Elle entre dans la fabrication de l'antésite, mais également
dans celle du pastis (avec ou sans alcool). L'un de ses constituants
(la liquiritine) lui confère une couleur jaune.
Attention, la réglisse est déconseillée aux
personnes faisant de l'hypertension ou sous anti-hypertenseurs.
Baies
d'arbousier
Appelé arbre aux fraises, car ses baies charnues rouge
vif (à maturité) ont une surface rugueuse hérissée
de petites pointes, l'arbousier est un arbuste de la région
méditerranéenne et de la côte atlantique sud.
Préparation
Prendre des baies d'arbousier. Les laver, les mettre dans une
bassine et les recouvrir d'eau juste à leur niveau. Porter
à ébullition pendant quelques minutes pour les faire
éclater. Verser le tout dans une passoire garnie d'un torchon
et laisser le jus s'écouler ; presser légèrement.
Peser le sucre et le miel correspondant au volume du jus, à
savoir 450 grammes de sucre et 150 grammes de miel par litre de
jus obtenu. Mettre à cuire à gros bouillons pendant
5 minutes. Verser chaud dans des bouteilles remplies jusqu'au
niveau du bouchon et boucher de suite (recette tirée de
Vieilles recettes de nos villages. Boissons ménagères
Vins-apéritifs Liqueurs Sirops, de Jeanne Hertzog, éd.
Sélection du Reader's Digest).
Chanvrette
On procédera comme pour la frênette (lire ci-dessous),
mais en utilisant au départ les fleurs femelles de chanvre
récoltées fin août et mises à sécher
avant d'être utilisées éventuellement tout
au long de l'année.
Frênette
Fabriquée à partir de feuilles et de fruits de frêne,
la frênette est une boisson pétillante et désaltérante.
Certains lui accordent une action antirhumatismale parce qu'elle
facilite l'élimination de l'acide urique et agit sur la
sphère digestive. Son effet diurétique serait dû
à la fraxine qu'elle contient.
Préparation
Mettre des fleurs et des fruits de frêne (on appelle ces
derniers des samarres) à bouillir et laisser infuser. On
obtient une
décoction que l'on porte à ébullition puis
filtre. Le jus est additionné de sucre et de chicorée
biologiques pour subir une fermentation de 24 heures. Une seconde
filtration précède l'embouteillage (à verre
suffisamment épais pour résister à la nouvelle
fermentation qui a lieu dans le flacon).
Si on préfère s'en procurer toute faite, deux adresses
:
- Jean-Claude David
Les Places, 44450 Saint-Julien-de-Concelles. Tél.: 02 40
54 16 13 ; fax: 02 40 36 51 66
14 e, le carton de 6 bouteilles.
- Bruno Octeau, Chemin de Jéricho, La Cavée 76440
Sommery. Tél. : 06 74 58 65 29
Fruité
marin
La base du fruité marin est commune à la frênette
et l'ortillette : eau, sucre roux, chicorée. L'ajout d'algues
marines donne à cette base une tonalité particulière
de mer et d'iode.
On peut en faire fabriquer sur commande chez Bruno Octeau (adresse
ci-dessus). Chez le même fournisseur, on trouvera des sirops
à base de plantes médicinales et aromatiques ainsi
que des extraits de plantes sans sucre pour diabétiques.
Kéfir
à l'eau
Le kéfir est une boisson du Caucase. Il en existe deux
sortes, celui à l'eau et celui au lait, l'un et l'autre
exigeant des ferments différents. Les ferments du kéfir
à l'eau, composés de levures et de bactéries,
forment des grains translucides plus ou moins gros. Pour se développer,
ils utilisent le sucre mis dans de l'eau ; en se multipliant,
ils fabriquent un peu d'acide et des gaz. Au bout de 24 heures,
les grains ont rendu l'eau pétillante et légèrement
acidulée, très agréable à boire en
été.
Préparation
Remplir d'eau un bocal de deux litres de contenance, ajouter trois
cuillerées à soupe de sucre, quatre de grains de
kéfir, deux figues et une rondelle de citron. Fermer le
bocal. Laisser à température ambiante.
Quand les figues sont remontées à la surface, la
boisson est prête à consommer. La
passer, recueillir les grains de kéfir, les laver rapidement
à l'eau courante et recommencer l'opération.
Au fur et à mesure des fabrications, le volume des grains
de kéfir augmente normalement et la fermentation se fait
de plus en plus rapidement. Il est alors sage de ne pas remettre
tous les grains de kéfir en fermentation: c'est l'occasion
d'en fournir à son voisinage. Dans la tradition du kéfir
se transmettant de famille en famille et de génération
en génération.
Nous avons abondamment parlé du kéfir dans nos colonnes,
en particulier dans le n° 171 de février 1992.
Kombucha
Appelé champignon de longue vie, le kombucha se présente
comme une mère de vinaigre, c'est-à-dire une masse
gélatineuse, de couleur brunâtre, glissant entre
les doigts. Elle est formée de bactéries et de levures.
Une bactérie prédomine: un acétobacter qui
donne à la boisson une légère odeur aigre.
Disposé à la surface d'une infusion de thé
sucré, le champignon se multiplie en transformant le thé
en une boisson pétillante et acidulée. Dans les
pays asiatiques et en Russie ce breuvage est utilisé depuis
des siècles, à la fois pour son goût rafraîchissant
et pour ses vertus thérapeutiques en raison de la présence
de vitamines du groupe B et de différents acides (acide
lactique, gluconique, glucidique, acétique, aux propriétés
antibiotiques et détoxicantes).
Préparation
Prendre 1 l d'eau, ajouter 70 à 100 g de sucre (l'équivalent
de 4 à 5 cuillerées à soupe). Faire chauffer.
Quand l'eau bout, retirer la casserole du feu et ajouter le thé
noir ou vert (1 à 2 cuillerées à dessert
ou 1 sachet). Laisser infuser 15 minutes. Passer le thé,
verser la boisson dans un récipient à grande ouverture.
Ajouter le champignon, la surface la plus lisse, la plus brillante
et la plus claire vers le haut. Recouvrir d'une gaze, laisser
à température ambiante (éviter la lumière
trop vive du soleil). Laisser reposer 8 jours. Retirer le champignon
(les mains soigneusement lavées pour éviter des
contaminations), verser la boisson dans des bouteilles que l'on
dispose dans un endroit frais pendant 6 à 8 jours. La boisson
est prête à consommer.
Précision : le champignon retiré de la boisson est
immédiatement replacé dans une autre solution pour
démarrer une nouvelle fabrication. Au fur et à mesure,
la masse de kombucha augmente en épaisseur. Rien de plus
facile que d'en détacher des couches pour en donner au
voisinage. Comme le kéfir, le kombucha est une boisson
"relationnelle".
Laits
fermentés
Lait ribot
Il s'agit à l'origine d'une spécialité bretonne
préparée par la maîtresse de maison pour accompagner
traditionnellement la consommation de crêpes de froment
et de galettes de sarrasin. Doux (avec une pointe d'acidité)
et onctueux, le lait ribot s'obtient par fermentation de lait
de vache, au préalable chauffé c'est-à-dire
pasteurisé, puis ensemencé avec un reste de lait
fermenté. Fabriqué aujourd'hui en laiterie, le lait
pasteurisé est ensuite ensemencé avec des souches
de bactéries très spécifiques dont le secret
est soigneusement gardé.
Beaucoup de pays possèdent leur recette, à base
de lait de chamelle, de jument, d'ânesse, de chèvre,
de vache ou de brebis. C'est le Koumys (ou koumis) d'Asie centrale,
le Lassi ou Da-hi en Inde, le Lben des pays du Maghreb. Parfois
le lait fermenté résulte d'une coupure de yaourt
avec de l'eau.
À signaler que les laits fermentés sont très
digestes, la fermentation ayant fait disparaître le lactose
source d'intolérances fréquentes.
Kéfir
au lait
Les ferments du kéfir au lait ressemblent à des
inflorescences blanches de chou-fleur. Prendre deux cuillerées
à soupe de ferments, les placer dans un litre de lait de
vache chauffé à 70°C puis refroidi (jusqu'à
ce que le bout du doigt y trempe sans difficulté!). Laisser
fermenter pendant 24 heures à 48 heures aux environs de
20°C (température ambiante), en remuant de temps en
temps. On obtient un lait crémeux, pétillant, au
goût légèrement piquant(*). Passer le lait
au chinois, récupérer les ferments, les remettre
à nouveau dans du lait. Au fur et à mesure des fermentations,
le volume de grains augmente, permettant d'en donner au voisinage
et aux amis. Le kéfir au lait est connu pour son action
bénéfique sur la sphère intestinale.
(*) S'il n'est pas consommé de suite, le kéfir doit
être placé au réfrigérateur.
Limonade
La limonade gazeuse, fabrication "maison", offre le
plaisir des bulles et du sucre. Veiller à ne pas trop en
abuser, surtout si on y ajoute du sirop lui aussi sucré.
Préparation
Prendre un litre d'eau dans lequel on aura versé le jus
d'un citron pressé, 6 morceaux de sucre et une cuillerée
à soupe de bicarbonate de soude. Dans un autre litre, introduire
3 cuillerées à café d'acide tartrique, bien
les rafraîchir et n'opérer le mélange qu'au
moment de consommer. Recette tirée du hors-série
Le Pont (édition de la Lanterne, avril 1979).
Limonade rose, plus nature. Dans un litre d'eau sucrée
(contenant 170 grammes de sucre), mettre 250 grammes de jus frais
obtenu par le mélange de fraises, framboises, mûres
et groseilles rouges. Y verser le jus de 3 citrons. Passer, consommer.
Recette tirée du hors-série Le Pont (édition
de la Lanterne, avril 1979).
Orgeat
Le véritable orgeat est une très ancienne et délicate
boisson à base d'orge dont on usait surtout en été
parce qu'elle contribue à la santé tout en rafraîchissant.
Il y a plusieurs manières de le préparer. Parfois
on ajoutait à l'orge des graines de melon et de concombre
ainsi que des amandes douces pilées. C'est sans doute l'usage
de ces dernières qui donna naissance à l'actuel
orgeat (lire ci-après).
Préparation
Laver l'orge, la faire bouillir durant 1/4 h dans 3/4 de litre
d'eau. Jeter cette première eau de cuisson et remettre
l'orge dans une seconde eau, mettre à bouillir à
nouveau, jusqu'à ce que les grains d'orge s'ouvrent. Retirer
et laisser refroidir. Quand la préparation est tiède,
mixer l'orge avec l'eau qui reste et passer le tout au tamis.
Sucrer et mettre le mélange à feu doux jusqu'à
ce qu'il devienne épais. Ajouter 1/4 de litre de lait,
parfumer avec de la fleur d'oranger. Attention cette boisson est
très nourrissante pour le soir. Elle est excellente contre
la toux et la bronchite (recette tirée de Délicieuses
boissons d'hier et d'aujourd'hui, de Mireille Ballero, éd.
Livre de poche).
Préparation du sirop
d'orgeat moderne
Monder 250 g d'amandes douces et 65 g d'amandes amères.
Les piler finement. Délayer la pâte d'amandes avec
75 centilitres d'eau de source, remuer, puis placer le récipient
dans un bain-marie et chauffer. Incorporer 1,5 kg de sucre, remuer
encore, ajouter une cuillerée à soupe de fleurs
d'oranger. Passer le sirop à travers un tamis fin, le laisser
refroidir, puis le verser en bouteilles (recette tirée
de Vieilles recettes de nos villages. Boissons ménagères
Vins-apéritifs Liqueurs Sirops, de Jeanne Hertzog, éd.
Sélection du Reader's Digest).
Orangeade
Anciennement préparée avec du jus d'orange, du sucre
et de l'eau, l'orangeade (et sa consur : la citronnade)
fabriquée aujourd'hui industriellement - avec force arômes,
acides et colorants- est devenue dans les années 60 la
boisson culte et bon marché des enfants. Sans verser dans
cette tendance boisson artificielle, on peut préparer une
bonne orangeade en procédant avec de vraies oranges. Pour
1 litre d'orangeade, il faut
4 oranges, 2 citrons et 140 grammes de sucre en morceaux.
Pour commencer, frotter les morceaux de sucre sur la peau d'une
orange entière et d'un demi-citron. Les mettre dans une
terrine avec 1 litre d'eau froide que l'on aura pris soin de bouillir
préalablement. Ajouter le jus des oranges et des citrons.
Recette tirée du hors-série Le Pont (édition
de la Lanterne, avril 1979).
Ortillette
L'ortillette, boisson fermentée à base d'orties,
se fabrique comme la frênette, on utilise les pointes d'orties
fraîchement cueillies.