Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Cette
affection, le plus souvent bénigne, est non seulement très
douloureuse mais de plus, elle se manifeste dans une partie du
corps, l'anus, symboliquement délicate.
La
maladie hémorroïdaire fait sourire ceux qui
n'en souffrent pas. La douleur et la gêne de la crise hémorroïdaire
sont source de fortes tensions psychologiques qui aggravent le
problème physiologique. Avoir "mal aux fesses n'a
définitivement pas la noblesse du mal de tête "
Heureusement, cette affection se soigne bien, qu'il s'agisse de
soulager les crises en faisant appel aux médicaments allopathiques
mais aussi aux médecines douces, ou, en cas de crises trop
répétitives et invalidantes, de se débarrasser
définitivement du problème par la technique chirurgicale.
Dans ce dernier cas, l'important sera de trouver un praticien
expérimenté et compétent.
Tout
être humain naît avec des hémorroïdes
puisqu'elles désignent les sortes de coussinets anaux situés
entre la muqueuse anale et le muscle sphincter anal. La crise
hémorroïdaire est une dilatation anormale des hémorroïdes.
" C'est une maladie vasculaire plus artérielle que
veineuse, explique le Pr Roland Copé, spécialisé
en chirurgie ano-rectale, ce qui explique que lors de l'intervention
chirurgicale on les ligature paquet après paquet."
Les hémorroïdes dilatées peuvent être
internes ou externes selon qu'elles sont situées au-dessus
ou en dessous du sphincter anal, muscle circulaire qui permet
l'ouverture et la fermeture de l'anus. "Il existe sans aucun
doute des prédispositions héréditaires, poursuit
le Pr Roland Copé. Sinon, la maladie hémorroïdaire
concerne les femmes ( La grossesse révèle
la maladie hémorroïdaire dans 48% des cas. 80 % des
femmes atteintes attribuent à leur grossesse et leur premier
accouchement leur maladie hémorroïdaire : une complication
fréquente liée aux modifications hormonales et à
la diminution du retour veineux par augmentation du volume utérin.
Les mesures hygiéno-diététiques sont essentielles.
Idem pour le suivi post-accouchement.) autant que les hommes,
les sujets jeunes comme les plus âgés. Il n'y a pourtant
aucune fatalité et les facteurs environnementaux, en particulier
l'hygiène alimentaire et la sédentarité,
sont très importants. Une bonne hygiène alimentaire
permet aussi de prévenir la constipation. " Il est
donc conseillé de privilégier les légumes
(crus et cuits), les fruits et les légumineuses. L'alimentation
doit être riche en fibres (pain complet), pauvre en matières
grasses et en sucrerie et il faut penser à boire de l'eau.
En cas de crise, il est indispensable de supprimer les plats épicés,
l'alcool, le café, le thé. Selon certains témoignages
de "victimes", un simple régime végétarien
permet parfois d'enrayer rapidement la crise. Le Dr Serge Rafal,
médecin interniste à l'hôpital Tenon, à
Paris, conseille de privilégier une alimentation riche
en vitamines C (agrumes, etc.), en vitamine E (céréales
complètes, épinards, huiles de première pression
à froid d'olive ou de tournesol, etc.), en vitamine B3
que l'on trouve dans les fruits rouges comme le cassis, les mures,
etc. et la levure de bière. Au niveau local, on évitera
de s'essuyer avec du papier toilette et l'on effectuera une toilette
après chaque selle à l'aide d'un savon doux, ni
acide, ni alcalin. Par ailleurs, tous les matins, voire matin
et soir, on fera des bains de siège d'eau fraîche.
Si l'on manque de temps, on se contentera du jet prolongé
d'eau froide sur le bas des reins après la douche. On se
tournera aussi vers certains exercices et postures de yoga qui
favorisent le transit intestinal et le retour veineux.
La
crise
"La
thrombose hémorroïdaire est la formation d'un caillot
de sang à l'intérieur de l'hémorroïde.
Elle s'accompagne d'une réaction inflammatoire douloureuse,
voire parfois d'un dème, explique le Pr Roland Copé.
Externes ou internes, les hémorroïdes peuvent se thromboser.
Si les crises deviennent répétitives, que les hémorroïdes
glissent vers le bas et sortent de l'anus (sortes de protubérances
rouges à violacées que l'on peut ou non replacer
dans le canal anal à l'aide de ses doigts -ce geste soulage
la douleur- et qu'elles saignent (Tout saignement
par l'anus même s'il est peu important et ne se produit
qu'une seule fois doit amener à consulter pour confirmer
le diagnostic de maladie hémorroïdaire et écarter,
à l'aide d'une coloscopie éventuellement, une pathologie
plus grave comme le cancer du côlon. Un examen complet en
proctologie est recommandé.) il est important de
consulter un spécialiste." Les hémorroïdes
externes peuvent se contenter de démanger - sorte de prurit
- et de saigner avant ou après les selles.
Du
traitement médical à l'intervention chirurgicale
Les
plantes de la maladie hémorroïdaire sont l'hamamélis,
le marron d'Inde, la vigne rouge. Le Dr Serge Rafal conseille
Veinostase des laboratoires Richelet. À signaler le traditionnel
intrait ( Extrait sec alcoolisé) de marron d'Inde et le
petit dernier le marron d'Inde de chez Boiron. Ces produits sont
disponibles en pharmacie à des prix raisonnables.
À signaler aussi selon le DrRafal, l'huile essentielle
de cyprès et en oligothérapie le manganèse-cobalt
en association qui agit sur la circulation.
En homéopathie Aesculus composé (marron d'Inde)
et hamamélis 5 CH à trois granules par jour.
On peut aussi consulter sur Internet : www.123sante.net
(rubriques "maladies" puis "Affections du système
cardiovasculaire"). M. L.
Examens
médicaux
En
grec "prôktos" veut dire "relatif à
l'anus". Lors d'une crise hémorroïdaire, il est
important de consulter un proctologue qui effectuera un bilan
proctologique et non pas un médecin généraliste,
lequel se contente trop souvent de prescrire sans examiner. Un
saignement anal, même si on a la certitude qu'il ne s'agit
que d'une crise hémorroïdaire, n'est jamais banal.
À l'aide du toucher anal et rectal, le proctologue pose
un diagnostic précis. Cet examen est psychologiquement
pénible, le patient est en général à
genoux sur la table de consultation et ne voit ni ce qui se passe
ni le visage de la personne qui l'effectue. Le toucher consiste
à explorer le canal anal et l'ampoule rectale, il s'effectue
à l'aide d'un doigtier. "Ce toucher peut être
douloureux en raison d'une contracture, explique le Pr Copé.
Une anesthésie locale réduira le spasme et permettra
de poursuivre l'examen."
L'anuscopie s'effectue après le toucher à l'aide
d'un petit appareil introduit le plus doucement possible. Il permet
de visualiser l'ampoule rectale et les parois du canal anal. Cet
examen est plus pénible psychologiquement que douloureux.
M. L.