Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Suivre
une scolarité en milieu ordinaire lorsque l'on est
handicapé est devenu possible grâce aux auxiliaires
de vie
Julie
Hornung est sans doute l'une des premières personnes affectées
d'un handicap très lourd à avoir suivi sa scolarité
en milieu ordinaire. En dépit d'un problème de coordination
des bras et des jambes et certaines difficultés d'élocution,
cette jeune femme tétraplégique est aujourd'hui
détentrice d'un DEA de microbiologie cellulaire et d'un
DESS de bio-informatique (bac+5). En 1982, pour permettre à
Julie, alors âgée de 8 ans, d'entrer au CM1 avec
les autres enfants du quartier, sa mère, Nicole Hornung,
avait obtenu qu'une jeune fille l'aide à l'école
: la fonction d'auxiliaire de vie scolaire venait de naître.
En vingt ans, des initiatives similaires se sont multipliées
grâce à la forte motivation de parents réunis
en associations. À noter un tournant décisif en
1999, quand Ségolène Royal, ministre déléguée
chargée de l'Enseignement scolaire (Elle
fut également ministre déléguée à
l'Enfance, à la Famille et aux Personnes Handicapées
de mars 2000 à avril 2002.)
signa une convention avec la Fnaseph (Fédération
nationale pour l'accompagnement scolaire des élèves
présentant un handicap) (Fnaseph,
84-100, rue du Miroir. 72000 Le Mans. Tél. : 02 43 16 10
39.)
et l'association Iris Initiative (L'Association
Iris Initiative constituée en 1991 en partenariat avec
EDF et Gaz de France s'est donnée pour mission d'apporter
des aides et des soutiens au monde du handicap. Une association
ressource pour toutes les personnes désireuses de monter
un dispositif d'auxiliaire de vie scolaire. 37, rue Gay Lussac,
37000 Tours. Tél. : 02 47 05 87 87. )
dans le but de développer cette aide. 500 emplois jeunes
co-financés par l'État et EDF - Gaz de France sont
alors créés. Depuis d'autres entreprises publiques
ont apporté leur contribution financière (RATP,
Charbonnages de France ) et l'on compte aujourd'hui environ
1800 auxiliaires de vie scolaire secondant 3300 jeunes handicapés
dans 59 départements. Reste que 7000 à 11000 élèves
pourraient en avoir besoin...
Tact
et analyse critique
"L'auxiliaire
de vie scolaire idéal ? L'essentiel est qu'il ou elle sache
garder la bonne distance. Qu'il ne fasse pas écran entre
le jeune handicapé et son entourage, affirme Julie Hornung.
Dans mon cas, à cause de mon élocution difficile,
nombreuses étaient les personnes tentées de s'adresser
à mon auxiliaire plutôt qu'à moi directement.
L'année où j'ai eu une auxiliaire qui n'y prenait
pas garde, j'ai eu l'impression de me faire voler mon identité."
Et Mireille Malot, co-fondatrice d'Iris Initiative de renchérir
: "L'auxiliaire de vie scolaire ne doit pas intervenir dans
les situations où l'élève peut se débrouiller
seul. A fortiori, il ne doit jamais se substituer à lui.
" On l'aura compris, l'auxiliaire doit faire preuve de tact
et d'analyse critique, d'autant qu'il se trouve au centre d'une
constellation d'acteurs - parents, enseignants, soignants - qui
n'ont pas toujours appris à bien communiquer ensemble.
"Les instituteurs ont pour norme le milieu valide, explique
Najoua Suire, une jeune auxiliaire qui intervient en maternelle.
Ils ne perçoivent pas toujours les progrès d'un
enfant handicapé et peuvent avoir des propos décourageants
lorsqu'ils s'adressent aux parents. Quant à ces derniers,
ils ont avalé tant de couleuvres qu'ils sont parfois d'une
susceptibilité exacerbée. Notre présence
calme le jeu." Enfin à côté des tâches
parfois peu qualifiées (aide aux déplacements, copie
du tableau ), l'auxiliaire utilise et transmet aux enseignants
un savoir qu'il détient des ergothérapeutes, des
orthophonistes, des psychologues ou autres professionnels rencontrés
lors de sa formation. Carole Lesak, auxiliaire de deux enfants
trisomiques témoigne : "Les enfants trisomiques, par
exemple, ont une mémoire plus visuelle qu'auditive. Or
les enseignants ne le savent pas toujours." Les actions et
le temps de présence auprès de l'élève
dépendent étroitement de
son handicap (qui peut être d'origine motrice, sensorielle,
intellectuelle, psychique ) mais aussi de sa personnalité,
de son niveau scolaire et de la capacité du milieu environnant
à l'aider à compenser ses désavantages.
Dans
ce contexte la formation des auxiliaires de vie scolaire est essentielle.
Non homologuée, elle varie en fonction des structures qui
les embauchent. Ainsi tandis qu'un jeune service à La Rochelle
leur propose un stage de deux semaines avant leur prise de fonction,
dans le Rhône, l'école privée Rockfeller a
élaboré une formation comprenant 295 heures théoriques
sur deux ans et un stage pratique de 105 heures dans un institut
spécialisé. Objectif : homologuer la formation pour
officialiser la profession. Car si cette fonction n'est pas un
métier au sens habituel du terme - "un auxiliaire
de vie scolaire doit être jeune, rappelle Julie Hornung,
surtout lorsqu'il accompagne un adolescent" -, il convient
pour le bien des enfants handicapés d'imaginer un dispositif
généralisable et durable. Tout en offrant à
ceux qui l'animent une expérience capitalisable dans leur
parcours professionnel, qu'ils s'orientent par la suite vers le
domaine
sanitaire et social, le secteur socio-éducatif ou l'éducation
nationale.