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SEPTEMBRE 2002

 
Evaluer et prévenir la douleur de l'enfant
Septembre 2002

 

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On peut diminuer, voire supprimer la douleur de l'enfant. Les moyens existent, mais il faut des équipes motivées et formées pour les utiliser, à l'exemple de celle de Poissy.

 

 

 

Une enquête sur la douleur de l'enfant réalisée en l'an 2000 montre que seuls 15 % des services utilisent des échelles d'évaluation de la douleur pour les moins de six ans (À l'initiative de l'Association pour le développement de l'analgésie en pédiatrie et financée par la Direction générale de la santé.). Il existe des médicaments simples, une crème anesthésiante par exemple pour éviter la douleur de la prise de sang. Mais trop de médecins sont encore réticents à prévenir la douleur de l'enfant, notamment lors des soins. Par ailleurs il faut comprendre que les moyens antalgiques (contre la douleur) ne suffisent pas, les équipes soignantes doivent aussi réfléchir et travailler sur les comportements et les attitudes à adopter pour mieux accompagner et traiter le jeune patient.
À l'hôpital de Poissy (78) en région parisienne, cette réflexion est quotidienne.
L'hôpital de jour accueille les enfants atteints de maladies graves pour des soins programmés. Le service est de dimension modeste. " Mais, explique Evelyne, infirmière puéricultrice, nous y faisons beaucoup de choses " soulignant ainsi que la motivation de toute l'équipe permet d'obtenir des résultats en dépit du manque de moyens. " Le premier point, poursuit-elle, est de ne jamais laisser attendre les enfants, cela les angoisse. " En effet Eloïse, qui arrive accompagnée de sa maman, est aussitôt prise en charge.

Les parents sont les bienvenus

À l'hôpital de jour de Poissy, comme dans la plupart des services, les parents sont les bienvenus. En 1998, l'équipe, placée sous la direction du Dr Ricardo Carbajal, pédiatre, a réalisé aux urgences une étude sur les conséquences et la pertinence de la présence des parents lors des gestes douloureux. Cette étude a montré qu'ils ne sont pas un obstacle aux soins bien au contraire ( Un film de formation accompagné d'un livret a été réalisé sur cette expérience par l'association Sparadrap (Cassette diffusée par l'association Sparadrap : 25 e), et les soignants ne conçoivent pas de revenir en arrière. Régine, infirmière, explique qu'au départ cela la dérangeait car elle redoutait le regard des parents. Ensuite, elle a fait le tri entre ceux qu'elle estimait "à problèmes " et les autres. Aujourd'hui, elle les accepte tous. Elle a appris à gérer les parents difficiles. Elle sait l'importance de leur présence pour l'enfant. Mais aucune norme n'est imposée. Certains préfèrent ne pas assister aux soins. On laisse alors simplement la porte ouverte. "C'est normal que des parents souhaitent être là, il s'agit de leur enfant, explique Thérèse Karam, pédiatre. La prise en charge médicamenteuse que nous effectuons ne supprime ni la peur ni la mémorisation de la douleur dues au caractère impressionnant de certains gestes. " Travaillant dans le service depuis 1995, elle intervient à la fois de façon militante et médicale :
" Nous allons dans tous les services, partout où il y a un enfant. Nous proposons des protocoles. Très souvent, la demande vient davantage des infirmières que des médecins. " Un système de communication interne (intranet) permet à tous les soignants de retrouver les protocoles analgésiques dont ils peuvent avoir besoin.
Le Dr Carbajal, initiateur de l'étude réalisée en 1998, est très impliqué dans les soins. Il intervient à l'hôpital de jour mais aussi aux urgences pédiatriques, à la maternité et en néonatalogie. " Aux urgences, explique-t-il, il y a deux types de douleur, celle qui amène l'enfant - et à laquelle nous devons donner une réponse rapide avant même la consultation - et l'autre, toujours prévisible, celle que nous créons avec nos gestes médicaux. Pour répondre à la première, il faut organiser l'accueil et le tri des enfants. Par exemple, l'infirmière vient nous expliquer en quelques mots de quoi il s'agit et retourne donner l'antalgique nécessaire, voire anticipe, sachant qu'une prise de sang sera nécessaire. Et elle applique la crème EMLA (La crème EMLA (mélange de lidocaïne et de prilocaïne) anesthésie la peau sur quelques centimètres et permet prise de sang, ponction lombaire, etc. Cette crème (qui existe aussi en patch) n'a obtenu l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les nourrissons de moins de trois mois qu'en 1999, elle n'est commercialisée en France que depuis 1995.
) qui met une petite heure pour agir. Nous travaillons beaucoup sur le "tri" des patients afin de donner les meilleures réponses médicales possibles. "

Un objectif prioritaire

Auprès de nouveau-nés, l'équipe a expérimenté l'effet analgésique des solutions sucrées (saccharose et glucose) absorbées une à deux minutes avant un soin...

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Martine Laganier

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