Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
On
peut diminuer, voire supprimer la douleur de l'enfant. Les moyens
existent, mais il faut des équipes motivées et formées
pour les utiliser, à l'exemple de celle de Poissy.
Une
enquête sur la douleur de l'enfant réalisée
en l'an 2000 montre que seuls 15 % des services utilisent des échelles
d'évaluation de la douleur pour les moins de six ans (À
l'initiative de l'Association pour le développement de l'analgésie
en pédiatrie et financée par la Direction générale
de la santé.). Il existe des médicaments simples,
une crème anesthésiante par exemple pour éviter
la douleur de la prise de sang. Mais trop de médecins sont
encore réticents à prévenir la douleur de l'enfant,
notamment lors des soins. Par ailleurs il faut comprendre que les
moyens antalgiques (contre la douleur) ne suffisent pas, les équipes
soignantes doivent aussi réfléchir et travailler sur
les comportements et les attitudes à adopter pour mieux accompagner
et traiter le jeune patient.
À l'hôpital de Poissy (78) en région parisienne,
cette réflexion est quotidienne.
L'hôpital de jour accueille les enfants atteints de maladies
graves pour des soins programmés. Le service est de dimension
modeste. " Mais, explique Evelyne, infirmière puéricultrice,
nous y faisons beaucoup de choses " soulignant ainsi que la
motivation de toute l'équipe permet d'obtenir des résultats
en dépit du manque de moyens. " Le premier point, poursuit-elle,
est de ne jamais laisser attendre les enfants, cela les angoisse.
" En effet Eloïse, qui arrive accompagnée de sa
maman, est aussitôt prise en charge.
Les
parents sont les bienvenus
À
l'hôpital de jour de Poissy, comme dans la plupart des services,
les parents sont les bienvenus. En 1998, l'équipe, placée
sous la direction du Dr Ricardo Carbajal, pédiatre, a réalisé
aux urgences une étude sur les conséquences et la
pertinence de la présence des parents lors des gestes douloureux.
Cette étude a montré qu'ils ne sont pas un obstacle
aux soins bien au contraire ( Un film de formation
accompagné d'un livret a été réalisé
sur cette expérience par l'association Sparadrap (Cassette
diffusée par l'association Sparadrap : 25 e), et
les soignants ne conçoivent pas de revenir en arrière.
Régine, infirmière, explique qu'au départ
cela la dérangeait car elle redoutait le regard des parents.
Ensuite, elle a fait le tri entre ceux qu'elle estimait "à
problèmes " et les autres. Aujourd'hui, elle les accepte
tous. Elle a appris à gérer les parents difficiles.
Elle sait l'importance de leur présence pour l'enfant.
Mais aucune norme n'est imposée. Certains préfèrent
ne pas assister aux soins. On laisse alors simplement la porte
ouverte. "C'est normal que des parents souhaitent être
là, il s'agit de leur enfant, explique Thérèse
Karam, pédiatre. La prise en charge médicamenteuse
que nous effectuons ne supprime ni la peur ni la mémorisation
de la douleur dues au caractère impressionnant de certains
gestes. " Travaillant dans le service depuis 1995, elle intervient
à la fois de façon militante et médicale
:
" Nous allons dans tous les services, partout où il
y a un enfant. Nous proposons des protocoles. Très souvent,
la demande vient davantage des infirmières que des médecins.
" Un système de communication interne (intranet) permet
à tous les soignants de retrouver les protocoles analgésiques
dont ils peuvent avoir besoin.
Le Dr Carbajal, initiateur de l'étude réalisée
en 1998, est très impliqué dans les soins. Il intervient
à l'hôpital de jour mais aussi aux urgences pédiatriques,
à la maternité et en néonatalogie. "
Aux urgences, explique-t-il, il y a deux types de douleur, celle
qui amène l'enfant - et à laquelle nous devons donner
une réponse rapide avant même la consultation - et
l'autre, toujours prévisible, celle que nous créons
avec nos gestes médicaux. Pour répondre à
la première, il faut organiser l'accueil et le tri des
enfants. Par exemple, l'infirmière vient nous expliquer
en quelques mots de quoi il s'agit et retourne donner l'antalgique
nécessaire, voire anticipe, sachant qu'une prise de sang
sera nécessaire. Et elle applique la crème EMLA
(La crème EMLA (mélange de lidocaïne
et de prilocaïne) anesthésie la peau sur quelques
centimètres et permet prise de sang, ponction lombaire,
etc. Cette crème (qui existe aussi en patch) n'a obtenu
l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les nourrissons
de moins de trois mois qu'en 1999, elle n'est commercialisée
en France que depuis 1995.)
qui met une petite heure pour agir. Nous travaillons beaucoup
sur le "tri" des patients afin de donner les meilleures
réponses médicales possibles. "
Un
objectif prioritaire
Auprès
de nouveau-nés, l'équipe a expérimenté
l'effet analgésique des solutions sucrées (saccharose
et glucose) absorbées une à deux minutes avant un
soin...