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SEPTEMBRE 2002

 
Editorial
Septembre 2002

 

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Questions de survie

 

 

 

Côté climat, rien ne va plus ! Il fait un temps de chien. Une température de l'eau inférieure de 1 à 2° par rapport à l'an dernier en Bretagne et en Manche. Des petites laines que l'on sort en août sur la Côte pour affronter les rigueurs du mistral… Ces soucis ne sont rien comparés aux pluies diluviennes qui ont provoqué les inondations en Europe centrale, et aux intempéries qui frappent l'Asie, le Népal et les Philippines.

Rien ne va plus sous le soleil. La planète se réchauffe : de 0,6° au cours du XXe siècle, et pour le XXIe siècle on prévoit entre 1,4° et 6°. Responsable : l'effet de serre généré par la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole), motrices des industries et du développement des pays riches comme des pays pauvres. Solutions: limiter la croissance - et pour cela s'orienter vers d'autres modèles de développement -, et utiliser des énergies non productrices d'effet de serre: éolienne, solaire, biomasse.

Plus impressionnant encore. Selon un rapport du programme pour l'environnement des Nations unies, publié cet été, un " nuage brun" de pollution, épais de trois kilomètres, dû à la combustion du bois, aux engins motorisés et aux centrales thermiques, recouvre le Sud de l'Asie, du Pakistan à la Chine, où vivent 2 milliards d'êtres humains.

Les conséquences de tous ces phénomènes sont multiples, et notamment sur la santé : la pollution de l'air tue dans le monde 3 millions de personnes par an. Et l'asthme, en France par exemple, progresse à pas de géant.
Autre évolution inquiétante, le "nuage brun" agirait sur le phénomène climatique appelé "El Niño", qui a notamment provoqué, en 1997-1998, un ralentissement de la rotation de la terre, et l'allongement des jours (Le Monde du 15 août)!
C'est devant l'évidence de ces énormes perturbations que se tient à Johannesburg, du 26 août au 4 septembre, le sommet mondial sur le développement durable.

Se développer " durablement " c'est ne pas hypothéquer l'avenir de la planète et de nos enfants. Prenons l'exemple de l'agriculture qui concerne tous les pays et tous les peuples. Une agriculture "durable" respectera les sols, proposera des aliments sains, ne surajoutera pas d'engrais -et les choisira bio de préférence-, privilégiera les circuits de commercialisation courts, développera les cultures vivrières, maintiendra le tissu social et notamment la place des femmes au sein des sociétés agraires, etc. Le choix de ce type de développement à l'échelle mondiale remet en question l'agriculture intensive des pays riches comme la France, grande dévoreuse d'engrais, grande pollueuse de nappes phréatiques et de rivières, grande exportatrice, etc.

Que peut le sommet de Johannesburg ? Il ne suffira pas de dénoncer les États-Unis ! Même s'il est vrai qu'ils produisent à eux seuls le quart des rejets mondiaux dans l'atmosphère, et que leur président s'est refusé à faire le moindre effort sous prétexte que cela diminuerait les performances de leurs entreprises ! Il faudra que chaque État s'interroge sur son développement et l'évalue à l'aulne de l'intérêt de la planète entière.

Réfrigérateurs, voitures, télévisions, ordinateurs, etc, peuvent contribuer au mieux vivre. Sont-ils toujours indispensables ? D'autant qu'un développement identique pour tous est impossible. Les ressources de la planète ne permettent pas qu'un jour chaque habitant de la Terre puisse consommer autant qu'un Français (ni, de surcroît, qu'un Américain). Il faut se développer autrement et partager -mais cela est plus facile à dire qu'à réaliser ! Enfin, si l'on veut faire valoir un modèle de développement durable, il faut que les pays riches montrent l'exemple, cessent de gaspiller, polluent moins.
C'est aussi à chacun, individuellement, de prendre en charge cette question ! Car à côté de biens d'équipement jugés nécessaires, combien de gadgets, de richesses dilapidées, de consommation irresponsable d'énergies, de nourritures, d'eau, d'arbres…
L'abondance est là - la nature et l'intelligence de l'Homme y pourvoient -, elle est à partager.

C'est à ces difficiles questions que nous sommes tous confrontés. L'avenir se décide à Johannesburg et dans l'intimité de chaque conscience.

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