Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Côté
climat, rien ne va plus ! Il fait un temps de chien. Une température
de l'eau inférieure de 1 à 2° par rapport à
l'an dernier en Bretagne et en Manche. Des petites laines que
l'on sort en août sur la Côte pour affronter les rigueurs
du mistral Ces soucis ne sont rien comparés aux pluies
diluviennes qui ont provoqué les inondations en Europe
centrale, et aux intempéries qui frappent l'Asie, le Népal
et les Philippines.
Rien
ne va plus sous le soleil. La planète se réchauffe
: de 0,6° au cours du XXe siècle, et pour le XXIe siècle
on prévoit entre 1,4° et 6°. Responsable : l'effet
de serre généré par la combustion des énergies
fossiles (charbon, pétrole), motrices des industries et
du développement des pays riches comme des pays pauvres.
Solutions: limiter la croissance - et pour cela s'orienter vers
d'autres modèles de développement -, et utiliser
des énergies non productrices d'effet de serre: éolienne,
solaire, biomasse.
Plus
impressionnant encore. Selon un rapport du programme pour l'environnement
des Nations unies, publié cet été, un "
nuage brun" de pollution, épais de trois kilomètres,
dû à la combustion du bois, aux engins motorisés
et aux centrales thermiques, recouvre le Sud de l'Asie, du Pakistan
à la Chine, où vivent 2 milliards d'êtres
humains.
Les
conséquences de tous ces phénomènes sont
multiples, et notamment sur la santé : la pollution de
l'air tue dans le monde 3 millions de personnes par an. Et l'asthme,
en France par exemple, progresse à pas de géant.
Autre évolution inquiétante, le "nuage brun"
agirait sur le phénomène climatique appelé
"El Niño", qui a notamment provoqué, en
1997-1998, un ralentissement de la rotation de la terre, et l'allongement
des jours (Le Monde du 15 août)!
C'est devant l'évidence de ces énormes perturbations
que se tient à Johannesburg, du 26 août au 4 septembre,
le sommet mondial sur le développement durable.
Se
développer " durablement " c'est ne pas hypothéquer
l'avenir de la planète et de nos enfants. Prenons l'exemple
de l'agriculture qui concerne tous les pays et tous les peuples.
Une agriculture "durable" respectera les sols, proposera
des aliments sains, ne surajoutera pas d'engrais -et les choisira
bio de préférence-, privilégiera les circuits
de commercialisation courts, développera les cultures vivrières,
maintiendra le tissu social et notamment la place des femmes au
sein des sociétés agraires, etc. Le choix de ce
type de développement à l'échelle mondiale
remet en question l'agriculture intensive des pays riches comme
la France, grande dévoreuse d'engrais, grande pollueuse
de nappes phréatiques et de rivières, grande exportatrice,
etc.
Que
peut le sommet de Johannesburg ? Il ne suffira pas de dénoncer
les États-Unis ! Même s'il est vrai qu'ils produisent
à eux seuls le quart des rejets mondiaux dans l'atmosphère,
et que leur président s'est refusé à faire
le moindre effort sous prétexte que cela diminuerait les
performances de leurs entreprises ! Il faudra que chaque État
s'interroge sur son développement et l'évalue à
l'aulne de l'intérêt de la planète entière.
Réfrigérateurs,
voitures, télévisions, ordinateurs, etc, peuvent
contribuer au mieux vivre. Sont-ils toujours indispensables ?
D'autant qu'un développement identique pour tous est impossible.
Les ressources de la planète ne permettent pas qu'un jour
chaque habitant de la Terre puisse consommer autant qu'un Français
(ni, de surcroît, qu'un Américain). Il faut se développer
autrement et partager -mais cela est plus facile à dire
qu'à réaliser ! Enfin, si l'on veut faire valoir
un modèle de développement durable, il faut que
les pays riches montrent l'exemple, cessent de gaspiller, polluent
moins.
C'est aussi à chacun, individuellement, de prendre en charge
cette question ! Car à côté de biens d'équipement
jugés nécessaires, combien de gadgets, de richesses
dilapidées, de consommation irresponsable d'énergies,
de nourritures, d'eau, d'arbres
L'abondance est là - la nature et l'intelligence de l'Homme
y pourvoient -, elle est à partager.
C'est
à ces difficiles questions que nous sommes tous confrontés.
L'avenir se décide à Johannesburg et dans l'intimité
de chaque conscience.