Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
"La
douleur humilie et fait perdre à l'homme sa dignité".
À eux seuls, ces mots, prononcés par Simone Veil
le 19 juin dernier au Sénat, lors du lancement de la nouvelle
campagne de l'Association pour le contrôle de la douleur
des patients, justifient toutes les actions entreprises pour la
combattre.
Quand
on parle de douleurs inutiles, sous-entend-on qu'il en est d'utiles
? La réponse est oui ! Imaginons un instant que le froid,
le chaud, les piqûres, les morsures ne suscitent aucune
réaction douloureuse, notre survie même serait menacée,
nous ne saurions pas nous protéger de l'environnement extérieur.
La douleur aiguë exerce une fonction de sentinelle, elle
alerte par exemple du danger de garder la main sur le feu et entraîne
un réflexe d'évitement. Elle attire également
l'attention sur l'endroit où il se passe quelque chose
d'anormal : le ventre, l'oreille, les dents et en ce sens,
elle est un élément essentiel du diagnostic médical
!
Ces
deux rôles remplis, elle n'a plus d'utilité. Au contraire,
elle est néfaste, quand, devenant chronique, elle diminue
la capacité de l'individu à surmonter la souffrance
et donc abaisse sa confiance en ses possibilités. Pire,
elle isole peu à peu la personne de son entourage : celle-ci
se sent incomprise, différente, peu encline à établir
des contacts sociaux. Surtout, son caractère lancinant
peut finir par rendre agressif l'être le plus calme. Pour
toutes ces raisons, et celle avancée par Simone Veil -ancienne
ministre-, la douleur chronique ne doit plus être niée
ni ignorée!
Sa négation est d'autant plus facile qu'elle ne se prête
pas à la mesure comme par exemple celle de la tension artérielle,
effectuée à l'aide d'un appareil soigneusement étalonné,
qui permet d'apprécier l'état de la personne à
l'aune d'une normalité préalablement établie.
La douleur s'appréhende, se décrit avec force adverbes
et images. Ainsi dit-on :
" J'ai mal atrocement, intensément, beaucoup,
un peu, davantage, moins Ou cela me fait comme un coup d'épée,
de marteau on dirait un grincement de porte, une scie, une
vrille, un déchirement, un étau qui "
Écouter
les malades
Difficulté
supplémentaire, il existe une extrême variabilité
de réactions en réponse à une douleur identique.
Par exemple plusieurs individus soumis à une piqûre
exécutée avec le même instrument, au même
endroit précis de leur anatomie, auront chacun un ressenti
différent, leur plainte ne sera pas la même. Outre
le phénomène physiologique à l'origine de
la douleur, celle-ci a une mémoire affective qui donne
à son expression une coloration unique. De même notre
psychologie lui confère un sens qui la rend plus ou moins
supportable. Enfin, elle s'inscrit dans un contexte culturel et
social qui,
la magnifiant parfois, rend son expression difficile à
moins de passer pour une " mauviette ".
Mais le fait qu'on ne puisse pas la mesurer n'empêche pas
la douleur d'exister. Une fois acceptée, il reste une seule
solution pour l'approcher au mieux, et en apprécier l'intensité:
la parole du malade. Et là, miracle, la douleur devient
objectivable. Si on propose à une personne qui se plaint
de quantifier sur une échelle d'évaluation son mal
en le notant (de 1 à 10) ou en le qualifiant (de insupportable
à supportable), on se rend compte que le score établi
suit très fidèlement le temps d'action d'un traitement
antalgique (contre la douleur): il diminue quand l'antalgique
commence à agir et augmente quand son efficacité
disparaît.
Cette objectivation de la douleur, qui passe par la confiance
en ce que dit le malade, constitue une petite révolution
dans le domaine médical et pourrait modifier de façon
définitive la relation médecin-patient (pour l'anecdote,
rappelons que le mot patient vient de la racine latine "
pati " qui signifie justement " souffrir ").
" Croire le malade quand il dit "j'ai mal" est
un principe fondamental pour nous médecins, insiste le
Pr Patrice Queneau, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.
L'enseignement de l'évaluation et du traitement de la douleur
devrait faire partie de notre formation clinique."
Et c'est bien là le drame, selon que l'on habite ou non
dans un département où existe une consultation antidouleur,
que l'on arrive en urgence dans un établissement qui a
mis en place un plan antidouleur, que l'on tombe entre les mains
expertes d'une personne sensible et bien formée, ou qu'un
anesthésiste exerce à plein temps dans le service ,
la plainte a plus ou moins de chance d'être entendue et
la douleur prévenue et soignée.
Les
raisons en sont nombreuses. Comme médecin on ne se fait
guère un nom en s'intéressant à la douleur
de ses malades, exceptés les rhumatologues, les neurologues,
les anesthésistes-réanimateurs, les cancérologues
ont été les premiers à mettre la lutte antidouleur
parmi leurs priorités. La prise en charge de la douleur
suppose une responsabilisation des patients, que nombre de médecins
tardent à mettre en pratique pour cause, leur semble-t-il,
de concurrence déloyale (qui sait mieux qu'eux ce qui est
bon pour le malade ??). Au niveau de l'organisation du travail
cela suppose du temps pour évaluer la douleur, pour que
la piqûre analgésique fasse de l'effet, pour réaliser
les gestes supplémentaires inhérents à cette
prise en charge (passer une pommade, masser une articulation douloureuse ).
Sur le plan hiérarchique il est souvent malaisé
et délicat d'introduire un nouveau niveau de prise en charge
des malades: où se situe l'algologue (celui qui s'occupe
de la douleur) par rapport aux autres personnels soignants et
traitants ? Enfin financièrement cela a un coût qui
ne fait pas bon ménage avec la maîtrise médicalisée
des dépenses de santé. Car sauf dans le cadre des
douleurs rebelles chroniques, autrement dit celles qui deviennent
invalidantes pour la vie sociale, professionnelle et familiale,
et qui sur le long terme coûtent cher à la société,
les autres rentrent dans la catégorie : médecine
de confort !
Sans
prétendre apporter toutes les solutions au problème
de la douleur, les médecines douces ont leur rôle
à jouer dans sa prise en charge. Dans son ouvrage : Combattre
la douleur, (éd. Marabout) Serge Rafal distingue les méthodes
basées sur la notion d'énergie avec comme chef de
file l'acupuncture, les manipulations comme l'ostéopathie,
les méthodes manuelles dont le massage, les approches réflexes
(mésothérapie, réflexologie palmaire et plantaire,
neuralthérapie), celles à base de plantes (intéressantes
en particulier pour les douleurs rhumatismales), l'homéopathie
contre certaines douleurs d'origine infectieuse ou nerveuse, les
" méthodes basées sur l'alimentation ou sa
supplémentation avec quelques oligoéléments
(calcium, magnésium, cuivre) qui ont un rôle indiscutable
contre la douleur, tout comme certaines vitamines, principalement
du groupe B", celles qui font appel dans le cadre de la naturopathie
aux éléments (la chaleur, le froid, l'argile, les
aimants, l'eau dans le cadre du thermalisme et de la thalassothérapie),
les méthodes mentales basées sur la relaxation (comme
l'hypnose, la sophrologie, le training autogène, le yoga).
Comment se retrouver dans ce maquis de propositions ? ...
1
L'usage de la morphine dans les pompes à morphine est sécurisée
: le réservoir de médicament est inaccessible de
l'extérieur et le débit de la pompe est déclenché
initialement par le médecin traitant à l'aide d'un
numéro de code. Cela pour éviter tout détournement
de morphine à des fins autres que thérapeutiques.