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SEPTEMBRE 2002

 
Interview Claude reiss, président de PRO ANIMA
"Le recours à l'expérimentation animale est inutile"
Septembre 2002

 

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Pour les militants de l'association Pro Anima, faire confiance au modèle animal pour en déduire une réaction humaine est une grave erreur.

 

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient : vous êtes président de Pro Anima, le comité scientifique qui diffuse une liste de produits non testés sur l'animal. Est-ce à dire que vous faites partie des associations qui défendent la cause des animaux ?

Claude Reiss : Non, anima signifie " l'esprit ", " le souffle" en latin, ne pas confondre avec animalis. L'objectif de Pro Anima, exclusivement scientifique, est d'œuvrer pour que les avancées de la science, de la biologie en particulier, bénéficient au plus vite à la sécurité sanitaire (en particulier la toxicologie) et aux progrès thérapeutiques. Dans ce but nous avons examiné les procédés et méthodes mis en œuvre en expérimentation animale, ce qui nous a conduits à dénoncer l'erreur et le danger de la validation pour l'homme de résultats d'études effectuées sur toute autre espèce. Notre intérêt ne se limite pas aux modèles animaux, nous avons également examiné, d'un point de vue purement scientifique et sans a priori, le problème des OGM, des pesticides, des médicaments, etc. Nous voulons une science responsable œuvrant pour l'intérêt général, et non pour l'intérêt de quelques-uns…

Vous dénoncez les expérimentations sur l'animal comme étant inapplicables pour l'homme, pouvez-vous nous donner quelques exemples de cette inadéquation biologique ?

Il y en a des milliers, mais avant de vous en rapporter quelques-uns, il est indispensable de rappeler qu'aucune espèce ne peut servir de modèle biologique pour une autre. En effet, les activités biologiques d'une espèce sont totalement déterminées par son équipement génétique (l'organisation des gènes et de leur mise en œuvre). Or celui-ci est unique, comme le prouve l'impossibilité pour les individus d'espèces différentes de se croiser. Les activités biologiques d'une espèce sont donc uniques elles aussi, qu'elles réagissent à un stimulus extérieur (toxicité, éléments pathogènes) ou à une défaillance pathologique. Ceci ne veut pas dire que face à certains stimulus, deux espèces ne peuvent pas réagir de façon identique ou semblable, mais nous sommes incapables de le prédire en nous appuyant sur le modèle considéré.

Prenons l'exemple du chimpanzé, le meilleur " modèle " possible puisqu'il est notre plus proche cousin dans l'évolution. Si on lui injecte le virus du sida humain, il n'y réagit pas et continue à vivre sans problème ses 40 à 60 ans. Dans le cas où on lui injecte le virus de l'hépatiteB (responsable chez nous d'hépatite chronique et de cancer du foie) il en est passagèrement incommodé, il s'en remet et vit ses 40 à 60 ans également sans problème. Enfin si on lui transmet le virus Ebola, il meurt (comme nous) de fièvre hémorragique. Dans ces trois affections le singe aura eu une réaction respectivement opposée, différente et identique à l'homme. Faire confiance au modèle animal pour en déduire la réaction humaine est donc une grave erreur pouvant entraîner la mort. Nous considérons que le recours à l'expérimentation animale est inutile puisqu'il faut de toute façon en dernier lieu en effectuer une chez l'homme.

Par quoi pensez-vous remplacer l'expérimentation animale et cela sera-t-il suffisant pour toutes les phases expérimentales ?

Pratiquement les réponses à tous les problèmes biologiques, qu'il s'agisse des mécanismes pathologiques ou de leurs solutions thérapeutiques, sont à rechercher au niveau cellulaire et donc sur cultures de cellules. Il sera ensuite nécessaire d'évaluer la réponse globale de l'organisme entier, ou système par système. Pour éviter de recourir alors au modèle animal dont nous remettons en cause l'efficacité et donc l'intérêt, il faudra expérimenter sur le volontaire informé et consentant, au cours d'études cliniques entourées de toutes les précautions légales, en s'aidant en particulier de méthodes non invasives (imageries et analyses biochimiques fonctionnelles par exemple).

La Commission européenne avait édicté en 1991 une directive visant à évaluer les risques toxiques de plusieurs milliers de pesticides avant 2003. Cet objectif sera-t-il atteint ?

La Commission avait en effet reconnu que les pesticides étaient des produits chimiques extrêmement dangereux, puisqu'il s'agit de véritables armes faites pour tuer les " pests " (insectes nuisibles) mais que leur action ne s'arrête pas à la barrière séparant les vertébrés des invertébrés ou des végétaux, tout comme le nuage de Tchernobyl ne s'est pas arrêté à nos frontières. Une directive européenne prévoyait donc en 1991 d'évaluer d'ici 2003 les risques toxiques des pesticides. Un rapport d'étape, rédigé en 2001, indique que seuls 32 des 834 pesticides recensés ont été évalués, et encore, sur des rongeurs ! La Commission a d'ores et déjà demandé de reporter à 2008 l'achèvement de cette évaluation. En attendant, des volumes toujours croissants de produits hautement toxiques sont répandus dans la nature : en 2000, la France était, avec 120 000 tonnes, le second utilisateur de pesticides au monde et le premier en ce qui concerne la quantité épandue par unité de surface cultivable.

Vous dénoncez vigoureusement la toxicité de ces pesticides, sur quels critères ?

L'action de Pro Anima est-elle soutenue dans l'Union européenne ?

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Propos recueillis par Cécile Baudet

Pour info : un bulletin trimestriel, des cassettes vidéo pour le grand public ainsi que d'autres pour les étudiants en biologie et en médecine sont disponibles.

Site internet : www.proanima.asso.fr
(en anglais et en français).

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Marques de produits (cosmétiques et entretien) non testés sur l'animal.

Marques dont les entreprises ont signé avec la Coalition européenne pour mettre fin à l'expérimentation animale, l'engagement de ne plus tester, depuis 1998, ni leurs produits finis ni leurs matières premières sur l'animal. Almacabio*, L'Arche Bleue, Algascience, Apicosma, Ardescom, Argiletz, L'Artisan-Savonnier, Aux Senteurs de Delph, Beauty Without Cruelty, Bio-Excellia, Bio Sorelia, Body Shop, Callyope, Capiforce, Cattier, Caudalie Cellumis, Cosmonaturel, Dermocaress, Diproma, Ecofa*, Etamine du Lys, Fleur's, Fleurs des Mauges, Flexilium, Florame, Gramos*, Gramosol*, Gobe-poussières*, Harmonie Verte, Herbes Savantes, Herbes et traditions, Honesty, Jacques G. Paltz, Jambissim, Lakshimi, Lea Nature, Lea Phyto, Lerutan*, Lise du Castelet, L'Occitane, Marie M, M&A Santé Beauté, Melvitacosm, Naturado, Neo 42, Nuxe, Physiocéa, Phytomer, Phytocéane, Prosun, Pur Air*, Rosaria, Sanoflore, Seibé, Senteurs provençales, Solyflores, Thalgo Cosmetic, Weleda. Les formulations des produits des entreprises ci-dessus, n'ont pas été testées sur l'animal. Les ingrédients sont soit anciens et déjà connus (8000 ingrédients de ce type sont à la disposition des fabricants), soit nouveaux et testés par des méthodes de substitution. * Produits d'entretien

 

 

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