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SEPTEMBRE 2002

 
"Opéré à Vif !"
Septembre 2002

 

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Ayant subi la violence d'une coloscopie à vif, Gilles G.
s'est fait le porte-parole des victimes de soins et d'actes invasifs douloureux réalisés sans précaution analgésique.
Il tente de représenter un Collectif d'usagers aux États généraux de la douleur qui devraient se tenir en septembre 2003.

 

 

 

Janvier 1996, Gilles G., 46 ans, est admis aux urgences de l'hôpital de Salon-de-Provence, on craint pour lui une appendicite. En fait, il s'agira d'une rupture du côlon, consécutive à une diverticulite (inflammation d'un diverticule du côlon). Opéré in extremis, il subit l'ablation de 45 centimètres de gros intestin (côlon sigmoïde). La taille de la cicatrise (40 centimètres du sternum au pubis) donne une idée du travail accompli par le chirurgien qui, pour favoriser la cicatrisation interne, a réalisé une colostomie, c'est-à-dire une dérivation provisoire du transit intestinal en installant une poche extérieure destinée à recueillir les matières fécales, ce que l'on appelle également un anus artificiel.

Fin février 1996, son rétablissement en bonne voie, Gilles rentre chez lui avec le sentiment de " l'avoir échappé belle et d'avoir été très bien pris en charge ".
Les choses se gâtent deux mois plus tard, quand il retourne dans le service pour fermer la colostomie, supprimer la poche et recoudre les derniers tissus. Hospitalisé deux jours avant l'intervention pour divers examens, pensant qu'il s'agit de quelques radios de contrôle, Gilles G. est serein jusqu'à ce qu'on lui demande de se soumettre en fait à un lavement traditionnel effectué sans ménagement puis à une coloscopie. La position requise (nu et allongé sur une table) en présence de deux femmes soignantes le met profondément mal à l'aise. " J'y ai vu, exprime-t-il, comme une atteinte à ma dignité, surtout que je n'avais pas été prévenu de ce qui m'attendait. "
L'introduction par l'anus de l'endoscope (tuyau souple de 1,50 mètre de longueur et de 1 centimètre de diamètre) est vécu par Gilles comme un viol. Et le cheminement de l'instrument dans son côlon à peine cicatrisé déclenche chez lui des douleurs si vives qu'il supplie le personnel d'arrêter l'examen - sans résultat. Il l'apprendra plus tard : 56 % des coloscopies sont réalisées à vif en France (le reste se faisant sous anesthésie générale) alors que chez nos voisins européens elles sont pratiquées sous sédation analgésique mise en œuvre par le médecin lui-même (La sédation analgésique - moyens mis en œuvre pour supprimer la douleur - est aujourd'hui tombée en désuétude en raison du manque de spécialistes et de son coût). Pourquoi ce qui est la norme ailleurs n'est-il pas appliqué chez nous ? Pourquoi sur une blessure encore fraîche, comme dans son cas, ne lui a-t-on pas proposé une anesthésie générale ni expliqué la teneur de l'examen ?

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Cécile Baudet

 

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