Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
En
20 ans la fréquence de l'asthme et des allergies a onsidérablement
augmenté au point d'atteindre aujourd'hui 20 % de la population
française, en particulier des enfants.
Respiration
sifflante et sensation d'étouffement, éternuements
et nez qui coule, yeux larmoyants, peau envahie de rougeurs ou
qui gratte, douleurs abdominales et diarrhées 20
% de nos compatriotes se reconnaissent dans l'une ou l'autre de
ces manifestations. Victimes d'asthme, de rhume des foins, de
conjonctivite, d'urticaire ou d'eczéma, ou encore d'allergie
alimentaire, ils sont hypersensibles. Cette hypersensibilité
se déclenche face aux substances qu'ils respirent, avalent
ou touchent et auxquelles ils deviennent hyperréactifs
alors que la majorité de la population les supporte sans
broncher. Le comble de cette situation est qu'elle met parfois
en danger leur vie : une crise d'asthme peut avoir une issue fatale,
un dème de Quincke au pronostic grave peut apparaître
à tout moment ou pire, un choc anaphylactique nécessiter
une intervention d'extrême urgence.
Une
cascade de réactions
"
La réaction allergique résulte d'une réponse
exagérée à des éléments d'ordinaire
inoffensifs comme les pollens, les acariens, les aliments ",
note le Dr Pierrick Hordé dans son ouvrage Allergies, le
nouveau fléau?(" Allergies, le nouveau
fléau. En connaître les causes pour mieux les guérir".
Dr Pierrick Hordé, éd. J'ai Lu Bien-être,
coll. Santé). Ces substances sont appelées
allergènes car elles suscitent au cur du système
immunitaire la formation d'anticorps dits spécifiques (IgE
-immunoglobulines E) (La capitale E associée
à Immunoglobuline (variété d'anticorps) impliquée
dans la réaction allergique (soit IgE) vient de Erythème,
en raison du fait que l'allergie se traduit fréquemment
par des rougeurs), capables de garder en mémoire
la fiche d'identité des allergènes. Ce premier contact
qui ne déclenche aucune réaction visible de l'extérieur
est appelée "phase de sensibilisation ".
Lors
d'un nouveau contact, les choses se gâtent. Reconnu et capturé
par les anticorps, l'allergène ouvre des cellules qui libèrent
des médiateurs, dont l'histamine (le médiateur le
plus connu de l'allergie), qui déclenchent la réaction
inflammatoire. Celle-ci touche, selon le lieu d'introduction de
l'allergène, le nez, les bronches, la peau, le tube digestif,
provoquant les symptômes de la maladie allergique. Elle
peut également se traduire par une inflammation chronique
au long cours, c'est le cas de l'asthme. Ou se généraliser
rapidement avec des symptômes situés à distance
de l'introduction de l'allergène, comme dans le choc anaphylactique.
Se traduisant par un malaise cardiaque et une insuffisance respiratoire
aux conséquences dramatiques heureusement rares, ce choc
peut survenir après l'absorption d'une simple cacahuète,
une piqûre d'abeille, ou la prise d'un médicament
anodin
"
Moi " et pas lui
Pour
quelles raisons une partie de la population exposée à
un même environnement se sensibilise-t-elle à des
allergènes tandis que le reste demeure sans réaction
? Pourquoi un individu réagit-il aux acariens et pas aux
pollens, aux moisissures plutôt qu'aux cacahuètes
? Pourquoi les symptômes de l'allergie se manifestent-ils
au niveau des bronches ou à celui de la peau, à
tel moment de la vie ? Pourquoi certaines manifestations allergiques
cessent-elles spontanément sans raison apparente? "
L'espèce humaine aura disparu que l'on n'aura pas encore
tout compris des allergies ", répond Michèle
Lemirand de l'Association française des personnes atteintes
de dermatites atopiques.
Sans
prétendre vouloir tout expliquer de ces différences,
on peut sans se tromper affirmer qu'il existe une prédisposition
à l'allergie, c'est ce que l'on appelle le terrain "
atopique". Mais certaines allergies se développent
en dehors de tout antécédent familial et prédisposition
héréditaire. Les allergies non atopiques sont celles
aux hyménoptères (guêpes, frelons, abeilles),
les asthmes professionnels, occasionnés par des produits
chimiques (dont nous parlerons dans notre prochain dossier en
novembre), les eczémas de contact et les allergies médicamenteuses.
La
pénétration des allergènes est favorisée
par la défaillance de certaines lignes de défense.
Ainsi la diversification alimentaire précoce ne favorise
pas l'installation d'une tolérance intestinale à
l'égard de nouveaux aliments ni de molécules inconnues
induites par les technologies de l'agro-alimentaire (un certain
nombre d'additifs sont allergisants - voir notre prochain numéro
en partie consacré aux allergies alimentaires). Ainsi la
pollution de l'environnement par le dioxyde d'azote, l'ozone,
les composés organiques volatils, le formaldéhyde,
le tabac, les particules diesel, occasionne l'irritation des muqueuses
respiratoires qui deviennent alors plus perméables à
l'entrée d'allergènes.
Les facteurs psychosomatiques ne sont pas à négliger.
Le système nerveux et le système hormonal contrôlent
l'activité du système immunitaire. De l'équilibre
des uns dépend celui de l'autre. Le stress, les émotions,
ont leur part dans le déclenchement de la crise. Bien sûr
on n'est pas allergique aux acariens ou aux pollens pour des raisons
psychiques ou affectives, mais ces facteurs modulent la réaction
allergique, en intensité et au cours du temps.