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Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Tout
patient a désormais le droit d'obtenir son dossier médical
directement auprès de l'établissement où
il a été soigné. Cependant, devant certaines
réticences, le concours des associations peut être
nécessaire.
Des
dossiers médicaux? Il en a récupéré
des dizaines au nom de ses adhérents. Très souvent
dans la douleur tant médecins et établissements
freinent des quatre fers ou prennent le patient de haut quand
on leur demande des comptes. Michel Dufour, président pour
la région Midi-Pyrénées de l'Aviam (Association
d'aide aux victimes d'accidents médicaux), applaudit la
nouvelle loi d'accès au dossier médical, qui entre
progressivement en vigueur depuis le printemps 2002.
" Bien souvent j'étais obligé de contacter
la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada),
pour qu'elle intervienne auprès des hôpitaux concernés.
Car les établissements ne répondaient pas à
nos demandes ", souligne ce bénévole. Michel
a tout eu comme réponses, jusqu'aux dossiers disparus dans
des incendies. Souvent ce travail de terrain portait ses fruits
et la plupart des dossiers étaient récupérés
en un à deux mois. Mais pour certains il a fallu près
d'un an de patience! Désormais, c'est beaucoup plus facile
: Michel Dufour demande les dossiers des patients sans passer
par un médecin comme c'était l'obligation auparavant.
S'il n'a pas une réponse très rapide, il envoie
à l'établissement une copie de l'article 98 de la
loi du 4 mars 2002 sur le dossier médical ainsi que son
décret d'application. " Je viens de récupérer
les dossiers de deux patients en moins de huit jours", explique-t-il.
Le
médecin pourra garder ses notes personnelles
Peu
de bruit a été fait autour de cette nouvelle loi
Loi " relative aux droits des malades et à
la qualité du système de santé ", publiée
le 4 mars 2002 au Journal Officiel, consultable sur le site internet
: www.legifrance.gouv.fr)
sur le dossier médical. Et pourtant, avec l'indemnisation
des accidents opératoires, c'est bien l'un des fers de
lance de la loi Kouchner sur les droits des malades. Et le changement
de majorité intervenu au printemps dernier ne devrait pas
menacer cette législation favorable aux patients, puisqu'elle
a été adoptée à l'issue d'un très
large consensus qui incluait justement la droite parlementaire,
actuellement au pouvoir.
Reste que beaucoup de Français ne savent pas encore qu'ils
disposent, en matière de dossier médical, de nouveaux
droits, que l'on peut résumer comme suit:
Vous avez désormais un accès direct à votre
dossier sans passer obligatoirement par un médecin intermédiaire
qui formule la demande en votre nom. Mais l'accès direct
n'est pas obligatoire, rien ne vous empêche de continuer
de passer par un médecin tiers. La loi (article L1111-7
du code de santé publique) stipule clairement que "toute
personne a accès à l'ensemble des informations concernant
sa santé, détenues par des professionnels et établissements
de santé ".
Vous avez accès à toutes les pièces ayant
une valeur médicale, à l'exception des informations
qui n'auront pas été formalisées - par exemple
les notes personnelles d'un médecin généraliste,
du spécialiste ou de tout chirurgien - et celles provenant
de tiers. Autrement dit le médecin pourra garder pour lui
ses notes personnelles, comme des éléments d'hypothèse
ou de réflexion. " Ces éléments non
communicables peuvent comprendre les informations sur la famille,
le vécu psychologique ou des éléments non
définitifs de diagnostic ", analyse le Pr Eric Fouassier,
docteur en droit et pharmacie et membre du Conseil national de
l'Ordre des pharmaciens.
Il n'y a pas plusieurs dossiers mais un dossier unique, établi
pour chaque patient accueilli dans un établissement de
santé public ou privé, lequel inclut donc les pièces
que peut y verser le médecin de famille. Ce dossier est
constitué de pièces qui sont obligatoires, listées
dans le décret.
Principale nouveauté : le délai obligatoire de mise
à disposition. Auparavant il n'y avait aucun délai
contraignant, or depuis la loi Kouchner tout praticien ou établissement
de santé ne dispose plus que de 8 jours maximum pour communiquer
son dossier au patient qui en aura fait la demande. Sauf dans
deux cas, la psychiatrie et les dossiers anciens de plus de 5
ans, où ce délai est porté à deux
mois.
L'accès au dossier médical en matière de
psychiatrie fait l'objet d'une procédure spécifique,
d'une part le délai d'accès est plus long (2 mois),
d'autre part la communauté médicale a son mot à
dire face aux demandes du patient. Malgré ces précautions,
des difficultés particulières pourraient survenir
en psychiatrie. " Nous pratiquons l'observation médicale,
il n'y a pas du tout d'examen objectif", explique le Pr Edouard
Zarifian, psychiatre au CHU de Caen. " Mon observation personnelle
d'un patient est attachée au secret, je ne peux même
pas la transmettre à un autre psychiatre puisque nous ne
sommes pas dans le diagnostic mais dans l'intime de la réflexion
personnelle. "
Compte
rendu opératoire manquant
L'accès
garanti au dossier médical dans un laps de temps court
va essentiellement permettre aux patients de mieux faire valoir
leurs droits : " Il ne devrait plus y avoir de refus d'accès
au dossier médical, lequel avait des conséquences
graves pour le patient car cela l'empêchait, dans de nombreux
cas, de démontrer une faute médicale. En cas de
refus, le seul recours du patient était la plainte pénale
", insiste Claude Katz, de l'Aviam. " D'autant que ce
refus de communiquer le dossier médical empêchait
parfois les patients de saisir les tribunaux dans les temps, compte
tenu des délais de forclusion ", ajoute-t-on au siège
de cette association. Un autre spécialiste à l'Unaf
(Union nationale des associations familiales) cite le cas d'une
famille qui " s'est adressée à nous pour récupérer
le dossier médical d'une personne décédée.
Nous avons mis 8 mois pour le récupérer et
découvrir qu'il manquait les 48 dernières heures
pendant lesquelles il y avait une suspicion d'événement
fautif ". Ce qui n'a fait que renforcer les soupçons
de cette famille.
Concrètement, tout praticien ou établissement de
santé dépassant les délais de 8 jours ou
2 mois désormais en vigueur sera en situation irrégulière,
même si aucune sanction spécifique n'est prévue
par la législation.
Cet accès facilité au dossier médical va,
selon les experts, avoir pour conséquence immédiate
d'améliorer la qualité des dossiers, parfois confiés
à des étudiants en formation dans les hôpitaux.
Plusieurs enquêtes de l'Igas (Inspection générale
des affaires sociales) avaient conclu que ces dossiers étaient
de qualité variable. Dans certains, détenus par
les établissements de santé, des pièces aussi
essentielles que les comptes rendus d'interventions chirurgicales
manquaient parfois. Hôpitaux et cliniques ne pourront plus
passer au travers d'une gestion minimale de ces documents, ce
qui devrait donner moins de travail aux associations : "
Avant la loi Kouchner, la moitié des plaintes que nous
recevions portaient sur les barrages à l'accès aux
dossiers médicaux", souligne-t-on à l'Aviam
et au Lien (Lutte, informations, études des infections
nosocomiales). Autre conséquence importante, les patients
à revenus modestes devraient pouvoir récupérer
leur dossier sans se lancer dans une procédure judiciaire
coûteuse.