Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
La
route tue, blesse, handicape. Par milliers et centaines de milliers
: 7720 tués et 153945 blessés dont 26000 graves,
l'an dernier. Sans parler des dommages "collatéraux":
peines, deuils, blessures à vie pour l'entourage, éclatement
des familles. L'alcool est la cause d'un accident mortel sur trois.
Mais aussi la drogue, notamment le cannabis, et les médicaments.
"Nous
sommes le seul pays européen à ne pas sanctionner
la drogue au volant, alors que 15 à 20% des gens qui conduisent
se droguent[au sens large, Ndlr]", affirme Richard Dell'Agnola.
Député du Val-de-Marne, il dépose le 10 octobre
un projet de loi pour réprimer la conduite sous l'emprise
de stupéfiants ou de psychotropes. Autre cause -parmi d'autres
encore-, depuis peu : le portable qui multiplie par quatre (six
en début de communication) les risques d'accidents.
La lutte contre cette délinquance à deux et quatre
roues, voire plus pour les camions, est une priorité du
Président de la république. On nous annonce des
mesures exceptionnelles, "difficiles", "impopulaires",
et une loi dans quelques mois. Les Français n'y semblent
pas opposés. Selon un sondage du Pèlerin magazine,
trois sur quatre jugent que la législation n'est pas assez
sévère et beaucoup accepteraient que leur moteur
soit bridé. Mais comme dans le même temps, policiers
et gendarmes constatent que 60% des conducteurs sont contrôlés
au-dessus de la vitesse autorisée, on peut se demander
si la chaussée, comme l'enfer, n'est pas goudronnée
de bonnes intentions !
Peut-on
faire quelque chose contre la délinquance routière,
cette autre forme de l'insécurité au quotidien ?
Oui, les chiffres le prouvent. Le nombre d'accidents et de blessés
a diminué de plus de moitié en trente ans, depuis
1973, après que l'on ait pris des mesures de limitation
de vitesse et obligé le port de la ceinture de sécurité.
On comptait plus de 16600 morts en 1973, et 388000 blessés.
L'amélioration de la sécurité des véhicules
et de l'état des routes y a aussi contribué. Cette
diminution est d'autant plus significative que la quantité
de voitures vendues a été multipliée par
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Qu'est-ce qui freine aujourd'hui la chute du nombre accidents
et des blessés ? En 1997, déjà, un autre
gouvernement s'était fixé une diminution de 50%
de la mortalité. Sans succès. Et nos routes sont
parmi les plus meurtrières d'Europe.
Faut-il
évoquer "une exception" française? Quelque
chromosome propre au tempérament gaulois, revêche
à la discipline, et qui ferait de nos concitoyens des surexcités
du champignon vénéneux ?
Le Pr Claude Got, médecin, spécialiste des problèmes
de santé publique et de sécurité a une explication
plus prosaïque. Il estime que l'excès de puissance
des véhicules et le manque d'information sur les risques
engendrés par ces "véritables voitures tueuses"
sont directement en cause. Dans "Risquer sa peau"(Éd.
Bayard), il note que les statistiques mettent "en évidence
l'importance du surrisque lié au véhicule dont la
puissance permet d'atteindre des vitesses dépassant très
largement la vitesse maximale autorisée dans notre pays
qui est de 130 kilomètres heure". Mais ce surrisque
est tu Il insiste aussi sur "le dommage que cela entraîne
pour les personnes extérieures aux véhicules",
manière de dire que si chacun est libre de posséder
et de conduire des engins de mort, on n'a pas le droit de faire
courir aux autres des risques qu'ils n'ont pas choisis!
Diminuer la puissance, brider les moteurs seraient donc des mesures
appropriées. On pourrait également installer des
boîtes noires, comme dans les avions, qui permettraient
de contrôler les vitesses. Quant à l'exception "gauloise",
elle pourrait évoluer rapidement. "Avoir des véhicules
inutilement rapides peut être compensé par un bon
système de contrôle-sanctions et par une aptitude
culturelle à bien respecter les règles (caractéristique
habituellement liée au précédent)."
En clair : la peur du gendarme est le meilleur agent d'une circulation
raisonnable! Pour ce spécialiste en accidentologie routière,
tout dépend de la cohérence entre "une volonté
politique professée aux niveaux les plus élevés
de l'État et la capacité de mettre en uvre
une politique efficace".
L'État se donnera-t-il les moyens de gérer la "délinquance
de masse" sur la route? Les accidents sont des drames pour
ceux qui les ont provoqués comme pour ceux qui les subissent.
Il serait temps de passer des mots aux actes! Sinon les maux auront
le dernier mot !