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Longtemps
animatrice de l'Association française des personnes atteintes
de dermatite atopique (réaction de la peau différente
de l'eczéma de contact), et " atopique " elle-même,
Michèle Lamirand a acquis une connaissance certaine en
la matière.
ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Vous préférez parler
d'atopie plutôt que d'allergie, pourquoi ?
Michèle
Lamirand : Pour clarifier un certain nombre d'idées sur
la question. Tout le monde peut déclencher, un jour, une
allergie : par exemple au contact d'un cosmétique faire
un dème des yeux et du visage, ou un urticaire des
mains en présence de ciment, voire, comme Jean-Pierre Chevènement,
un choc anaphylactique (Caractérisé
par une libération rapide et intense d'histamine qui dilate
les veines, empêchant la remontée du sang vers le
cur, celui-ci fonctionnant à vide s'arrête.)
à la suite d'une anesthésie. Il s'agit d'une réponse
ponctuelle (même grave) à un événement
ponctuel. Au contraire des atopiques qui, tout au long de leur
vie, réagiront de manière allergique (en faisant
une dermatite, de l'asthme, une rhinite, une conjonctivite
)
car ils sont héréditairement prédisposés
à réagir de façon excessive à leur
environnement. La différence est importante : dans le premier
cas on est désarmé compte tenu du caractère
imprévisisble du phénomène ; dans le second
cas, qui correspond à environ 30 % de la population, où
on naît atopique et on le reste, on peut adopter des mesures
de prévention.
Quel
genre de prévention ?
Les
nourrissons atopiques qui développent de l'eczéma,
parfois associé à de l'asthme, réagissent
aux protéines du lait de vache, à celles de l'uf
et au poisson. Pour eux l'allaitement maternel (à condition
que la maman ne consomme pas elle-même de protéines
allergisantes qui passeraient dans son lait) est la première
des préventions, la deuxième est la diversification
alimentaire progressive et prudente (introduction un par un de
nouveaux aliments). De même on effectuera les vaccinations
des enfants atopiques plus tard que ne le préconise le
calendrier vaccinal et on évitera de les vacciner durant
les périodes inflammatoires (eczéma flamboyant ou
crise d'asthme). Chez ce type de sujets on évitera certains
médicaments comme l'ibuprofène (Upfen®, Gélufène®,
Advil®, Rhinadvil®, Rhinureflex®
) qui ouvre
la porte aux réactions. On évitera de les exposer
au contenu des bombes acaricides très toxique et allergisant.
La
chasse aux acariens ne fait pas partie de vos priorités
?
Si,
mais elle ne se limite pas aux literies. La vigilance doit être
plus importante en automne, saison où ils prolifèrent
en compagnie des moisissures sous les feuilles tombées
des arbres, alors attention au ramassage des châtaignes
et des champignons ! Attention également en été
à ne pas se promener dans les champs de céréales
ou en forêt. Et puis, les acariens sont une chose et les
allergènes des animaux domestiques une autre. Chasser les
premiers sans se débarrasser des seconds n'est pas une
solution. La persistance de ces derniers dans l'entourage de l'atopique
maintient chez lui des signes d'allergie à l'encontre par
exemple d'aliments, alors que la maturité digestive normalement
acquise aux alentours de sept ans ne devrait plus susciter de
réactions de ce genre.
Pour
déterminer les allergènes auxquels les sujets sont
sensibles, on pratique des tests cutanés, quelle est leur
place dans votre stratégie ?
Certains
(médecins et patients) se trouveront rassurés par
la réalisation de ces tests. Ils ont en réalité
un intérêt limité sachant qu'il existe des
faux positifs ou négatifs. Prenons le cas d'un enfant de
3 ans qui fait de l'asthme pour lequel évictions alimentaires
et mesures d'hygiène ont été bien suivies.
On le trouve négatif aux allergènes de poils de
chat, alors qu'il y a un matou chez sa nourrice. De toute évidence
il s'agit d'un faux négatif. Un autre exemple, celui d'un
nourrisson de quelques mois atteint de dermatite atopique. Un
test à la cacahuète montre une réaction nettement
positive alors que l'enfant n'en a jamais mangé, ni sa
maman durant la grossesse. Nous avons affaire à un faux
positif. Cela signifie simplement que la peau d'un petit atopique
est très réactive au test arachide. L'arachide étant
un allergène alimentaire, on l'évite chez un enfant
atopique, test ou pas test.
Que
signifie la mention " hypoallergisant " sur les cosmétiques
et autres produits ?
Quel
principal conseil donneriez-vous ?
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Propos
recueillis par Cécile Baudet
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