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OCTOBRE 2002

 

Interview

Octobre 2002

 

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Michèle lamirand: Quand l'allergie est héréditaire

 

 

 

 

Longtemps animatrice de l'Association française des personnes atteintes de dermatite atopique (réaction de la peau différente de l'eczéma de contact), et " atopique " elle-même, Michèle Lamirand a acquis une connaissance certaine en la matière.

ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient : Vous préférez parler d'atopie plutôt que d'allergie, pourquoi ?

Michèle Lamirand : Pour clarifier un certain nombre d'idées sur la question. Tout le monde peut déclencher, un jour, une allergie : par exemple au contact d'un cosmétique faire un œdème des yeux et du visage, ou un urticaire des mains en présence de ciment, voire, comme Jean-Pierre Chevènement, un choc anaphylactique (Caractérisé par une libération rapide et intense d'histamine qui dilate les veines, empêchant la remontée du sang vers le cœur, celui-ci fonctionnant à vide s'arrête.) à la suite d'une anesthésie. Il s'agit d'une réponse ponctuelle (même grave) à un événement ponctuel. Au contraire des atopiques qui, tout au long de leur vie, réagiront de manière allergique (en faisant une dermatite, de l'asthme, une rhinite, une conjonctivite…) car ils sont héréditairement prédisposés à réagir de façon excessive à leur environnement. La différence est importante : dans le premier cas on est désarmé compte tenu du caractère imprévisisble du phénomène ; dans le second cas, qui correspond à environ 30 % de la population, où on naît atopique et on le reste, on peut adopter des mesures de prévention.

Quel genre de prévention ?

Les nourrissons atopiques qui développent de l'eczéma, parfois associé à de l'asthme, réagissent aux protéines du lait de vache, à celles de l'œuf et au poisson. Pour eux l'allaitement maternel (à condition que la maman ne consomme pas elle-même de protéines allergisantes qui passeraient dans son lait) est la première des préventions, la deuxième est la diversification alimentaire progressive et prudente (introduction un par un de nouveaux aliments). De même on effectuera les vaccinations des enfants atopiques plus tard que ne le préconise le calendrier vaccinal et on évitera de les vacciner durant les périodes inflammatoires (eczéma flamboyant ou crise d'asthme). Chez ce type de sujets on évitera certains médicaments comme l'ibuprofène (Upfen®, Gélufène®, Advil®, Rhinadvil®, Rhinureflex®…) qui ouvre la porte aux réactions. On évitera de les exposer au contenu des bombes acaricides très toxique et allergisant.

La chasse aux acariens ne fait pas partie de vos priorités ?

Si, mais elle ne se limite pas aux literies. La vigilance doit être plus importante en automne, saison où ils prolifèrent en compagnie des moisissures sous les feuilles tombées des arbres, alors attention au ramassage des châtaignes et des champignons ! Attention également en été à ne pas se promener dans les champs de céréales ou en forêt. Et puis, les acariens sont une chose et les allergènes des animaux domestiques une autre. Chasser les premiers sans se débarrasser des seconds n'est pas une solution. La persistance de ces derniers dans l'entourage de l'atopique maintient chez lui des signes d'allergie à l'encontre par exemple d'aliments, alors que la maturité digestive normalement acquise aux alentours de sept ans ne devrait plus susciter de réactions de ce genre.

Pour déterminer les allergènes auxquels les sujets sont sensibles, on pratique des tests cutanés, quelle est leur place dans votre stratégie ?

Certains (médecins et patients) se trouveront rassurés par la réalisation de ces tests. Ils ont en réalité un intérêt limité sachant qu'il existe des faux positifs ou négatifs. Prenons le cas d'un enfant de 3 ans qui fait de l'asthme pour lequel évictions alimentaires et mesures d'hygiène ont été bien suivies. On le trouve négatif aux allergènes de poils de chat, alors qu'il y a un matou chez sa nourrice. De toute évidence il s'agit d'un faux négatif. Un autre exemple, celui d'un nourrisson de quelques mois atteint de dermatite atopique. Un test à la cacahuète montre une réaction nettement positive alors que l'enfant n'en a jamais mangé, ni sa maman durant la grossesse. Nous avons affaire à un faux positif. Cela signifie simplement que la peau d'un petit atopique est très réactive au test arachide. L'arachide étant un allergène alimentaire, on l'évite chez un enfant atopique, test ou pas test.

Que signifie la mention " hypoallergisant " sur les cosmétiques et autres produits ?

Quel principal conseil donneriez-vous ?

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Propos recueillis par Cécile Baudet


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