Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
L'habitat
suscite, ranime ou aggrave les troubles allergiques. Des améliorations
susceptibles de prévenir ou d'amoindrir les crises sont
possibles
Chaque
citadin passe plus des trois-quarts de son temps dans un habitat
-personnel ou professionnel - qui peut favoriser le développement
de manifestations allergiques : rhinites, toux nocturnes, asthme,
eczéma (Le Guide l'habitat sain, Drs Suzanne
et Pierre Déoux, 2002, éd. Médieco, BP 278,
Andorra le Vella, Principauté d'Andorre.). Les personnes
ayant des prédispositions génétiques aux
allergies peuvent prévenir la survenue ou l'aggravation
de ces troubles. Encore faut-il savoir éviter une exposition
et une sensibilisation trop fortes aux allergènes.
C'est pour fournir des indications précises et individualisées
que Martine Ott est devenue la première conseillère
en environnement intérieur de France. Elle a commencé
ses visites à domicile en 1990. Un poste a été
créé en 1994 au sein du service strasbourgeois de
pneumologie du Pr Gabrielle Pauli : "Nous nous rendons chez
les patients souffrants d'asthme, de rhinite ou de conjonctivite
allergique, sur demande de leur médecin, explique-t-elle.
Nous réalisons alors un bilan de l'environnement intérieur."
Ces conseils personnalisés complètent les informations
données par le médecin. Elle travaille avec le Pr
Frédéric de Blay, qui dirige l'évaluation
de l'action des conseillères en environnement intérieur
à Marseille, Montpellier, Paris et Strasbourg. On sait
d'ores et déjà que la mise en pratique des recommandations
médicales est nettement améliorée par ces
interventions sur place.
Revêtements
de sol : moquettes à éviter
Les
moquettes restent déconseillées pour les personnes
asthmatiques et allergiques. Elles deviennent vite des nids de
polluants chimiques, de poussières, d'organismes vivants
ou d'allergènes du chat. Elles émettent des composés
organiques volatils (COV), comme le rappellent les Drs Suzanne
et Pierre Déoux dans Le Guide de l'habitat sain. Ces polluants
s'ajoutent à ceux dégagés par la sous-couche
caoutchoutée de la moquette. Les acariens s'y installent
volontiers: qu'elles soient synthétiques ou naturelles,
les fibres textiles sont l'une de leurs nourritures favorites.
Une personne allergique aux acariens ayant tout de même
une moquette peut pratiquer l'Acarex-test le la gardera si le
test est négatif. " S'il est faiblement positif, il
faut insister sur le passage régulier de l'aspirateur,
affirme Martine Ott. Mais il n'aspire que 10 % de la poussière
et rejette une partie des allergènes aspirés. "
Il est possible d'utiliser un acaricide ou un dénaturant
: Acarosan poudre, acide tanique (Allerbiocid), Acardust.
Si l'Acarex-test est nettement positif, il faut ôter la
moquette. On la remplacera par des revêtements de sols lisses
et lavables. Mais on préférera les matériaux
à faible émission de COV, en apportant une attention
particulière aux types de colles utilisées. Lors
de cette opération, la dépose de la moquette, infestée
d'allergènes d'acariens, ne doit pas être réalisée
par une personne allergique ou en sa présence. Car de fortes
réactions allergiques (rhinite, conjonctivite, asthme )
peuvent survenir.
Pour
les murs, une bonne peinture !
La
pose, chez soi, de tissus muraux ou de tentures sera évitée.
Ces textiles peuvent émettre du formaldéhyde, et
cette substance, utilisée pour donner de la tenue aux tissus,
est allergisante. Les tissus favorisent la présence d'acariens,
surtout si le logement est humide. Enfin, des composés
organiques volatils (COV) seront libérés dans l'air
pendant de longues périodes, selon la capacité d'absorption
et de rejet des textiles.
Les
papiers peints, si l'environnement est humide, peuvent être
contaminés par certaines moisissures allergisantes qui
se nourrissent de nutriments comme la cellulose ou l'amidon. "
Des traces noires indiquent, théoriquement, la présence
de moisissures dans le papier peint ou tout autre matériau,
explique Martine Ott. Mais il arrive qu'on ne les voit pas, notamment
dans les revêtements textiles : canapés, matelas,
moquettes C'est le cas s'il y a beaucoup de réservoirs
à poussières. À Strasbourg, nous collaborons
avec le service d'hygiène pour effectuer des prélèvements
d'air et de poussières en cas d'allergie aux moisissures
diagnostiquée. "
En cas d'humidité, les acariens peuvent proliférer
dans les papiers peints. Mais ce ne sont pas les mêmes que
ceux de la moquette ou de la literie. L'Acarex-test n'est ici
d'aucune utilité. Enfin, les papiers muraux vinyliques
à base de PVC et de plastifiants émettent de nombreux
COV.
Dans une famille à terrain allergique, c'est donc, par
élimination, la peinture qui reste la meilleure solution.
Toutefois, les personnes allergiques ne l'appliqueront pas elles-mêmes,
et n'entreront pas dans la pièce tant que celle-ci n'est
pas sèche.
Préférez les " bonnes peintures " à
celles qui dégagent des composés organiques volatils
(COV) pendant des mois, voire des années. C'est ainsi que
l'on privilégiera les peintures à la chaux ou sans
solvant, ne libérant pas de COV. L'obtention de la norme
" NF Environnement " est aussi un bon critère
de choix en cas d'allergie (La liste des produits
présentant ce label est disponible auprès de l'Association
française de normalisation Afnor:
11, avenue Francis-de-Préssensé, 93571 Saint-Denis-La-Plaine
cedex. Tél.: 01 41 62 80 00.). Elle garantit des
teneurs limitées en COV, en hydrocarbures, et en pigments
blancs minéraux. Les produits avec ce label NF ne doivent
contenir ni certains métaux lourds (cadmium, plomb, chrome
hexavalent, mercure, arsenic), ni certains éthers de glycol
(EGME, EGEE, EGEEA, EGMEA, et, prochainement, EGDME, DGEE, DEGDME,
EGBE, TEGME, TEGDME).
Comme
on fait sa chambre on dort
Mieux
vaut éviter de dormir dans une chambre orientée
vers le Nord.
La fréquence des allergies aux acariens y est plus grande.
Le manque d'ensoleillement favorise le développement de
ces micro-organismes.
Pour le lit d'une personne asthmatique ou allergique, les sommiers
à lattes ou à ressorts sont préférables.
Un sommier capitonné sera remplacé par l'un des
sommiers recommandés en cas d'Acarex-test positif.
Le matelas sera enveloppé d'une housse anti-acariens. Il
en existe en polyester, en polyamide, en polyuréthane coton,
en polyester coton. " Il faut surtout choisir une housse
complète, précise Martine Ott. Elle doit enfermer
toutes les faces du matelas. " Son pouvoir protecteur, en
matière d'allergie, varie. " Il ne faut pas l'acheter
en grandes surfaces, poursuit-elle. On préférera
les quatre ou cinq marques de housses ayant fait l'objet d'études.
Elles sont reconnaissables à une mention indiquant qu'elles
ont été testées et citant la publication
scientifique ayant rendu compte des résultats de ces tests.
" Tous les trois ou quatre mois, cette housse sera lavée
en machine. Quant au matelas, il sera changé s'il est très
contaminé.
Les draps, taies d'oreillers et housses de couettes doivent être
lavées une fois par semaine, à plus de 40°C.
Oreillers, couvertures et couettes seront en matières synthétiques
lavables. Ils seront nettoyés régulièrement.
Il est préférable de ranger vêtements et affaires
dans une armoire ou une penderie dont les portes ferment correctement.
Elles ne doivent pas rester ouvertes pour éviter les nids
à poussière.
L'enfant souffrant d'asthme ou d'allergie cutanée ne gardera
dans sa chambre qu'une ou deux peluches lavables en machine. Elles
seront lavées une fois tous les deux mois, à la
température la plus haute possible.
Un
salon lisse
Dans
la cuisine : bas les pattes, les blattes !
Aérer la salle de bain