Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Quand
les mesures préventives ne sont pas assez efficaces,
de quoi dispose l'arsenal thérapeutique médical
?
Le
traitement médical s'attachera soit à faire disparaître
les symptômes à l'aide d'anti-allergiques, de bronchodilatateurs,
d'anti-inflammatoires, soit à moduler en profondeur la
réaction immunitaire en pratiquant une désensibilisation.
Les anti-allergiques comprennent les antihistaminiques s'opposant
aux effets de l'histamine. Ils sont intéressants dans le
traitement de la rhinite, de la conjonctivite et certaines formes
d'urticaire. Ils ont un effet sédatif, c'est-à-dire
qui calment la douleur, ce qui contre-indique la conduite automobile,
l'usage de boissons alcoolisées, de médicaments
hypnotiques et de neuroleptiques (d'où la mise au point,
aussi, de formules " non-sédatives"). Parmi les
anti-allergiques se situe également le cromoglycate de
sodium (Lomusol®, Opticron® ).
Contre
l'asthme, il y a pléthore de produits inhalés associant
ou non différentes substances actives (béta-mimétiques,
corticoïdes, cromoglycate), au total 39 spécialités
sous 43 présentations, ce qui participe à "un
développement du marché, mais pas au développement
de la santé", et qui " concourt à compliquer
la vie des asthmatiques", conclut la revue Prescrire dans
son n° de mai 2002. Pour les asthmes sévères,
il est fait appel aux corticoïdes (qui mettent en veille
le système immunitaire) sous forme orale. Les effets secondaires
qu'ils présentent (rétention d'eau, augmentation
de l'appétit, fragilité osseuse, troubles vasculaires
et digestifs) ne doivent pas empêcher d'y avoir recours
quand il y a nécessité, à dose raisonnable
et sur quelques jours ou semaines. La réflexion vaut également
dans le cas de lésions eczémateuses étendues
où une crème à base de corticoïdes utilisée
localement et de façon ponctuelle fait parfois merveille.
Et la désensibilisation ? Prônée par beaucoup
d'allergologues comme
le nec plus ultra des traitements, l'immunothérapie spécifique
(autre nom de la désensibilisation) consiste à injecter
des extraits d'allergènes, à très petite
dose, pour modifier la réaction allergique. Pratiquée
encore en France et aux États-Unis, cette méthode
n'est plus en usage dans les pays nordiques. Raison de cette défection:
des accidents mortels qui ont conduit les autorités à
interdire cette pratique. " Chez nous aussi, il y a eu des
problèmes, déclare le Dr Jean-Claude Pujet, pneumologue
et jusqu'en janvier 2002, secrétaire général
de l'association Asthme, mais les désensibilisations ont
continué. " Il ne fallait pas mettre au chômage
les allergologues qui y trouvent l'essentiel de leurs revenus.
À raison de plusieurs piqûres par an, de consultations
de contrôle, cela sur trois, voire cinq ans, il y a une
mine à exploiter. D'autant que certaines indications de
désensibilisation sont discutables. "Les résultats
sont convaincants dans les rhinites aux pollens et un peu moins
pour les acariens, convient le Dr Pujet. Dans les allergies aux
moisissures, aux poils de chats, de chiens, ce n'est pas très
bon. " Les allergies alimentaires n'entrent pas dans le champ
de la désensibilisation, il y a trop d'aliments à
tester, d'allergies croisées possibles et on découvre
chaque jour de nouveaux allergisants alimentaires, comme le lupin,
le millet, le sésame