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OCTOBRE 2002

 

le yoga des asthmatiques

Octobre 2002

 

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Les traitements médicaux de l'asthme ont beaucoup progressé, en particulier avec l'apparition des sprays à inhaler. Mais cette maladie, qui peut être très handicapante, nécessite des soins à long terme.

 

 

 

Au fil du temps, le corps s'organise autour des tensions occasionnées par l'essoufflement: la difficulté à expirer, caractéristique de l'asthme, provoque la crispation des muscles respiratoires, à commencer par le diaphragme ; la cage thoracique perd de sa mobilité, des tensions s'installent dans le cou… Ces contractures entretiennent l'inconfort, augmentent la difficulté respiratoire… La personne se fatigue plus facilement, devient parfois peut-être plus irritable, plus excitable, plus inquiète… Ces différents facteurs, s'ajoutant à l'asthme proprement dit, peuvent en aggraver le retentissement. Chacun a son mode de réaction, de la plus "légère " à la plus perturbée. Une approche globale comme le yoga peut apporter une grande aide. Il sera pratiqué avec des variantes, parfois importantes, car chacun a sa façon de "faire sa " maladie.

Relaxer les tensions

Le yoga pratiqué en cours individuel est l'idéal, du moins pour la mise en place. Le professeur parle avec le patient, se repère par rapport à ses symptômes respiratoires, physiques, émotionnels, mais aussi à son mode de vie, sa constitution, son énergie, ses intérêts, etc. Il propose quelques mouvements ou postures simples, à travers lesquels il observe le corps, le souffle… Après avoir indiqué une pratique à reprendre chez soi, il revoit ensuite la personne pour en observer les effets.

En cours de groupe, il faut faire part au professeur de sa situation pour qu'il puisse signaler ce qui est déconseillé. La pratique du yoga permet de relaxer les tensions, de mobiliser et de donner plus de vie au corps et au souffle, d'affiner sa sensibilité à ses sensations et ses besoins. Pour que ces effets positifs puissent se développer, il faut d'abord éviter ce qui pourrait poser problème, respecter, en quelque sorte, des contre-indications.

Postures modulées selon les personnes

Chaque école de yoga a ses spécificités. Dans l'approche "Viniyoga", inspirée par TKV Desikachar, de Madras, la prise en compte de chaque personne et la volonté de " ne pas nuire", sont particulièrement développées. Les propositions dont nous parlons s'inscrivent dans ce courant.
Nous nous mettons dans le cas où la relation qui s'est établie entre une personne souffrant d'asthme et son professeur vise à permettre une amélioration à court, moyen, long terme. Les postures, respiration, attitudes mentales seront modulées selon les personnes

Plus de liberté au souffle

Le choix des postures :

Le professeur va rechercher ce qui peut donner progressivement plus de liberté au souffle.

Pas question, dès les premières séances, qu'on vous demande de pratiquer des mouvements qui peuvent rendre le souffle inconfortable. On évitera par exemple de s'accroupir/remonter de façon répétée ("utkatâsana"), ou encore de redresser le haut du corps, sans l'aide des mains, à partir de la position couchée sur le ventre ("bhujangâsana"). En ce qui concerne les postures, on commencera par des mouvements simples des bras, l'un puis l'autre puis les deux, en position assise ou debout. Placés d'abord le long du corps, ils s'élèveront lentement par l'avant ou le côté puis redescendront en sens inverse. À effectuer par exemple six fois. On a ainsi le temps d'observer l'état des épaules, du cou, la façon dont la position des bras influence la cage thoracique et le souffle, ce qui, dans le corps, peut lâcher prise et ce qui reste éventuellement tendu. Peu à peu, on trouve comment faire céder ses tensions. Les mouvements peuvent d'abord se pratiquer sur une respiration continue. Lorsque le souffle commencera à s'allonger, on pourra chercher à le coordonner avec le mouvement du corps.
On continue, en appliquant les mêmes principes de mouvement lent, de coordination progressive à la respiration, d'observation tranquille, avec quelques autres postures. Celles-ci se présenteront d'abord sous la forme de mouvements répétés (leur forme "dynamique") suivis de phases "statiques " au cours desquelles le souffle reste le plus fluide possible. Voici quelques exemples de postures qui pourraient s'enchaîner :

À quatre pattes (chakravâkâsana), alternativement " dos rond " (peu à peu en expirant) et " dos creux" (peu à peu en inspirant) : cette posture vise à redonner plus de mobilité à la cage thoracique, et à faire intervenir en douceur l'action des muscles abdominaux qui contribuent à l'expiration.

Debout, fléchir le tronc sur les membres inférieurs (en expirant), le redresser (en inspirant) : assouplissement plus marqué de la colonne vertébrale, exigence respiratoire accrue, action en particulier sur l'abdomen lors de la flexion, sur les muscles du dos lors de la remontée (" uttânâsana ").

Couché sur le dos si cela est possible sans essoufflement (à plat, ou le haut du corps sur 1 ou 2 oreillers), se relaxer (" shavâsana ").

De manière plus générale, le choix des postures a pour but de rétablir un plus grand confort respiratoire et plus de mobilité autour de la cage thoracique. Certains asthmatiques ont constamment les épaules hautes voire enroulées en avant. Le fait de solliciter les muscles abdominaux pour aider l'expir va contribuer à aider au relâchement du diaphragme. C'est la raison pour laquelle on favorise, au début, des postures en flexion et en rotation douce qui sollicitent l'abdomen. Lorsque ces objectifs sont atteints, on peut diversifier les pratiques, et en venir à des postures d'ouverture thoracique, régulatrices de cette région du corps.

Le travail avec la respiration est crucial et particulièrement délicat. On peut être étonné des incitations répétées à l'allongement des expirs, alors que l'asthme, diminuant de manière spasmodique le calibre des bronches, entrave la capacité à "vider" les poumons. L'impression de ne plus pouvoir bien inspirer n'en est qu'une conséquence. Le yoga considère que la qualité et la longueur de l'expiration vont de pair avec l'aptitude à la relaxation, au lâcher-prise. De manière très concrète, si on découvre qu'il est possible de laisser sortir l'air lentement de ses poumons, sans s'essouffler, ceci peut contribuer à aider à supporter avec plus de confiance, sans paniquer, les crises… Parmi les nombreuses techniques d'allongement expiratoire, on peut citer celle qui consiste à inspirer par les deux narines, en expirant une fois par la gauche, une fois par la droite, sélectionnées par la pression des doigts sur le nez. Mais il existe des techniques d'expiration rapide et puissante : si on ne peut pas toujours les utiliser, elles complètent les premières en favorisant un drainage des mucosités bronchiques.

Modifier l'état mental et émotionnel

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Dr Laurence Maman

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