Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
traitements médicaux de l'asthme ont beaucoup progressé,
en particulier avec l'apparition des sprays à inhaler.
Mais cette maladie, qui peut être très handicapante,
nécessite des soins à long terme.
Au
fil du temps, le corps s'organise autour des tensions occasionnées
par l'essoufflement: la difficulté à expirer, caractéristique
de l'asthme, provoque la crispation des muscles respiratoires,
à commencer par le diaphragme ; la cage thoracique perd
de sa mobilité, des tensions s'installent dans le cou
Ces contractures entretiennent l'inconfort, augmentent la difficulté
respiratoire La personne se fatigue plus facilement, devient
parfois peut-être plus irritable, plus excitable, plus inquiète
Ces différents facteurs, s'ajoutant à l'asthme proprement
dit, peuvent en aggraver le retentissement. Chacun a son mode
de réaction, de la plus "légère "
à la plus perturbée. Une approche globale comme
le yoga peut apporter une grande aide. Il sera pratiqué
avec des variantes, parfois importantes, car chacun a sa façon
de "faire sa " maladie.
Relaxer
les tensions
Le
yoga pratiqué en cours individuel est l'idéal, du
moins pour la mise en place. Le professeur parle avec le patient,
se repère par rapport à ses symptômes respiratoires,
physiques, émotionnels, mais aussi à son mode de
vie, sa constitution, son énergie, ses intérêts,
etc. Il propose quelques mouvements ou postures simples, à
travers lesquels il observe le corps, le souffle Après
avoir indiqué une pratique à reprendre chez soi,
il revoit ensuite la personne pour en observer les effets.
En
cours de groupe, il faut faire part au professeur de sa situation
pour qu'il puisse signaler ce qui est déconseillé.
La pratique du yoga permet de relaxer les tensions, de mobiliser
et de donner plus de vie au corps et au souffle, d'affiner sa
sensibilité à ses sensations et ses besoins. Pour
que ces effets positifs puissent se développer, il faut
d'abord éviter ce qui pourrait poser problème, respecter,
en quelque sorte, des contre-indications.
Postures
modulées selon les personnes
Chaque
école de yoga a ses spécificités. Dans l'approche
"Viniyoga", inspirée par TKV Desikachar, de Madras,
la prise en compte de chaque personne et la volonté de
" ne pas nuire", sont particulièrement développées.
Les propositions dont nous parlons s'inscrivent dans ce courant.
Nous nous mettons dans le cas où la relation qui s'est
établie entre une personne souffrant d'asthme et son professeur
vise à permettre une amélioration à court,
moyen, long terme. Les postures, respiration, attitudes mentales
seront modulées selon les personnes
Plus
de liberté au souffle
Le
choix des postures :
Le professeur va rechercher ce qui peut donner progressivement
plus de liberté au souffle.
Pas
question, dès les premières séances, qu'on
vous demande de pratiquer des mouvements qui peuvent rendre le
souffle inconfortable. On évitera par exemple de s'accroupir/remonter
de façon répétée ("utkatâsana"),
ou encore de redresser le haut du corps, sans l'aide des mains,
à partir de la position couchée sur le ventre ("bhujangâsana").
En ce qui concerne les postures, on commencera par des mouvements
simples des bras, l'un puis l'autre puis les deux, en position
assise ou debout. Placés d'abord le long du corps, ils
s'élèveront lentement par l'avant ou le côté
puis redescendront en sens inverse. À effectuer par exemple
six fois. On a ainsi le temps d'observer l'état des épaules,
du cou, la façon dont la position des bras influence la
cage thoracique et le souffle, ce qui, dans le corps, peut lâcher
prise et ce qui reste éventuellement tendu. Peu à
peu, on trouve comment faire céder ses tensions. Les mouvements
peuvent d'abord se pratiquer sur une respiration continue. Lorsque
le souffle commencera à s'allonger, on pourra chercher
à le coordonner avec le mouvement du corps.
On continue, en appliquant les mêmes principes de mouvement
lent, de coordination progressive à la respiration, d'observation
tranquille, avec quelques autres postures. Celles-ci se présenteront
d'abord sous la forme de mouvements répétés
(leur forme "dynamique") suivis de phases "statiques
" au cours desquelles le souffle reste le plus fluide possible.
Voici quelques exemples de postures qui pourraient s'enchaîner
:
À quatre pattes (chakravâkâsana), alternativement
" dos rond " (peu à peu en expirant) et "
dos creux" (peu à peu en inspirant) : cette posture
vise à redonner plus de mobilité à la cage
thoracique, et à faire intervenir en douceur l'action des
muscles abdominaux qui contribuent à l'expiration.
Debout, fléchir le tronc sur les membres inférieurs
(en expirant), le redresser (en inspirant) : assouplissement plus
marqué de la colonne vertébrale, exigence respiratoire
accrue, action en particulier sur l'abdomen lors de la flexion,
sur les muscles du dos lors de la remontée (" uttânâsana
").
Couché sur le dos si cela est possible sans essoufflement
(à plat, ou le haut du corps sur 1 ou 2 oreillers), se
relaxer (" shavâsana ").
De manière plus générale, le choix des postures
a pour but de rétablir un plus grand confort respiratoire
et plus de mobilité autour de la cage thoracique. Certains
asthmatiques ont constamment les épaules hautes voire enroulées
en avant. Le fait de solliciter les muscles abdominaux pour aider
l'expir va contribuer à aider au relâchement du diaphragme.
C'est la raison pour laquelle on favorise, au début, des
postures en flexion et en rotation douce qui sollicitent l'abdomen.
Lorsque ces objectifs sont atteints, on peut diversifier les pratiques,
et en venir à des postures d'ouverture thoracique, régulatrices
de cette région du corps.
Le travail avec la respiration est crucial et particulièrement
délicat. On peut être étonné des incitations
répétées à l'allongement des expirs,
alors que l'asthme, diminuant de manière spasmodique le
calibre des bronches, entrave la capacité à "vider"
les poumons. L'impression de ne plus pouvoir bien inspirer n'en
est qu'une conséquence. Le yoga considère que la
qualité et la longueur de l'expiration vont de pair avec
l'aptitude à la relaxation, au lâcher-prise. De manière
très concrète, si on découvre qu'il est possible
de laisser sortir l'air lentement de ses poumons, sans s'essouffler,
ceci peut contribuer à aider à supporter avec plus
de confiance, sans paniquer, les crises Parmi les nombreuses
techniques d'allongement expiratoire, on peut citer celle qui
consiste à inspirer par les deux narines, en expirant une
fois par la gauche, une fois par la droite, sélectionnées
par la pression des doigts sur le nez. Mais il existe des techniques
d'expiration rapide et puissante : si on ne peut pas toujours
les utiliser, elles complètent les premières en
favorisant un drainage des mucosités bronchiques.