Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Choisies
par les patients pour leurs résultats, les médecines
alternatives sont victimes d'ostracisme en France. Le vote d'une
loi reconnaissant un statut aux ostéopathes et chiropracteurs
ouvre une première porte vers le pluralisme thérapeutique.
Plébiscitées
depuis plusieurs décennies par les patients, les médecines
dites douces ou alternatives, mais aussi non conventionnelles
(c'est le terme officiel) tardent à être reconnues
en France. Dans la patrie des Droits de l'Homme, le monopole médical
est de règle et les professionnels non médecins
qui se risquent au pluralisme thérapeutique sont menacés
de poursuite pour exercice
illégal de la médecine. Des médecins ont
été poursuivis par l'Ordre des médecins pour
utilisation de ce qu'il appelle des " thérapeutiques
non éprouvées" (voir par exemple nos articles
sur les Drs Dumas (ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient
n° 272 et n°
280), Colin et Rocher (ALTERNATIVE SANTÉ
- L'Impatient n° 283
et n° 286).
Pourtant,
différents sondages le montrent, au moins un Français
sur deux a eu l'occasion de faire appel aux médecines douces
(+ de 75 % selon un rapport de l'OMS, en mai 2002). Ils y trouvent
une approche globale de la santé qui ne sépare pas
la dimension physique et la composante psychologique ou spirituelle.
Le praticien alternatif considère le patient dans son environnement
naturel, familial et social. Il prend le temps de l'écouter.
La consultation ne sépare pas la prévention du traitement.
Les résultats d'une telle approche: des thérapeutiques
plus douces et plus efficaces, qui réussissent soit seules,
soit en complément de l'approche classique, y compris dans
des maladies graves comme les patients l'expliquent eux-mêmes.
L'ostracisme
dont sont victimes les médecines alternatives en France
pénalise doublement le patient. D'un côté,
il leur rend plus difficile l'accès à ce type de
soins. De l'autre, pourtant loin d'endiguer le développement
de ces médecines, il laisse la porte ouverte aux dérives
commerciales et parfois sectaires : avec des escrocs, des illuminés
et des praticiens insuffisamment formés.
Homéopathie
remboursée mais toujours attaquée
Quelques
tentatives isolées ont eu lieu dans les années 1950
et 1960 pour obtenir une véritable reconnaissance de l'homéopathie,
de l'acupuncture ou de la chiropractie. Mais les autorités
médicales, les syndicats médicaux, de nombreux chercheurs,
l'Ordre des médecins et l'Académie de médecine
se sont longtemps opposés à toute évolution.
Les médicaments homéopathiques sont remboursés
par la Sécurité sociale depuis près de cinquante
ans. Mais l'homéopathie reste mal-aimée. Elle est
périodiquement victime d'attaques qui ont empêché
jusqu'ici la création d'un diplôme universitaire
au niveau national. L'acupuncture, puis l'ostéopathie sont
tolérées pour autant qu'elles ne soient pratiquées
que par des médecins et cela bien qu'il n'existe pour les
médecins que des formations partielles et non officielles
dans ces disciplines.
En 1981, une première ouverture semble se dessiner en haut
lieu. Jack Ralite, alors ministre de la Santé, commande
au Dr Niboyet un " rapport sur certaines techniques de soins
ne faisant pas l'objet d'un enseignement au niveau national ".
Publié en 1984, le rapport préconise la reconnaissance
officielle de l'homéopathie, de l'acupuncture, de la phytothérapie
et de la médecine manuelle, mais au seul profit des médecins.
Ses recommandations ne seront jamais appliquées.
Les
groupes d'usagers se mobilisent
Entre-temps,
des groupes d'usagers de la santé sont apparus un peu partout
en France puis regroupés dans une fédération
nationale (Fengus), dont l'accès aux médecines alternatives
est l'une des revendications. Certaines associations s'organisent
pour assurer la diffusion de produits interdits en France et qui
semblent pourtant faire leurs preuves dans les maladies graves.
En 1982, le Pr Cornillot, doyen de la Faculté de médecine
de Bobigny, prend une initiative qui fait grand bruit. Il crée
le Dumenat, diplôme universitaire des médecines naturelles,
qui propose aux médecins des formations dans plusieurs
disciplines alternatives. Mais son diplôme n'a pas de valeur
nationale.