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NOVEMBRE 2002

 

Médecines alternatives : La trop longue marche

Novembre 2002

 

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Choisies par les patients pour leurs résultats, les médecines alternatives sont victimes d'ostracisme en France. Le vote d'une loi reconnaissant un statut aux ostéopathes et chiropracteurs ouvre une première porte vers le pluralisme thérapeutique.

 

 

 

Plébiscitées depuis plusieurs décennies par les patients, les médecines dites douces ou alternatives, mais aussi non conventionnelles (c'est le terme officiel) tardent à être reconnues en France. Dans la patrie des Droits de l'Homme, le monopole médical est de règle et les professionnels non médecins qui se risquent au pluralisme thérapeutique sont menacés de poursuite pour exercice
illégal de la médecine. Des médecins ont été poursuivis par l'Ordre des médecins pour utilisation de ce qu'il appelle des " thérapeutiques non éprouvées" (voir par exemple nos articles sur les Drs Dumas (ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient n° 272 et n° 280), Colin et Rocher (ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient n° 283 et n° 286).

Pourtant, différents sondages le montrent, au moins un Français sur deux a eu l'occasion de faire appel aux médecines douces (+ de 75 % selon un rapport de l'OMS, en mai 2002). Ils y trouvent une approche globale de la santé qui ne sépare pas la dimension physique et la composante psychologique ou spirituelle. Le praticien alternatif considère le patient dans son environnement naturel, familial et social. Il prend le temps de l'écouter. La consultation ne sépare pas la prévention du traitement. Les résultats d'une telle approche: des thérapeutiques plus douces et plus efficaces, qui réussissent soit seules, soit en complément de l'approche classique, y compris dans des maladies graves comme les patients l'expliquent eux-mêmes.

L'ostracisme dont sont victimes les médecines alternatives en France pénalise doublement le patient. D'un côté, il leur rend plus difficile l'accès à ce type de soins. De l'autre, pourtant loin d'endiguer le développement de ces médecines, il laisse la porte ouverte aux dérives commerciales et parfois sectaires : avec des escrocs, des illuminés et des praticiens insuffisamment formés.

Homéopathie remboursée mais toujours attaquée

Quelques tentatives isolées ont eu lieu dans les années 1950 et 1960 pour obtenir une véritable reconnaissance de l'homéopathie, de l'acupuncture ou de la chiropractie. Mais les autorités médicales, les syndicats médicaux, de nombreux chercheurs, l'Ordre des médecins et l'Académie de médecine se sont longtemps opposés à toute évolution.
Les médicaments homéopathiques sont remboursés par la Sécurité sociale depuis près de cinquante ans. Mais l'homéopathie reste mal-aimée. Elle est périodiquement victime d'attaques qui ont empêché jusqu'ici la création d'un diplôme universitaire au niveau national. L'acupuncture, puis l'ostéopathie sont tolérées pour autant qu'elles ne soient pratiquées que par des médecins et cela bien qu'il n'existe pour les médecins que des formations partielles et non officielles dans ces disciplines.
En 1981, une première ouverture semble se dessiner en haut lieu. Jack Ralite, alors ministre de la Santé, commande au Dr Niboyet un " rapport sur certaines techniques de soins ne faisant pas l'objet d'un enseignement au niveau national ". Publié en 1984, le rapport préconise la reconnaissance officielle de l'homéopathie, de l'acupuncture, de la phytothérapie et de la médecine manuelle, mais au seul profit des médecins. Ses recommandations ne seront jamais appliquées.

Les groupes d'usagers se mobilisent

Entre-temps, des groupes d'usagers de la santé sont apparus un peu partout en France puis regroupés dans une fédération nationale (Fengus), dont l'accès aux médecines alternatives est l'une des revendications. Certaines associations s'organisent pour assurer la diffusion de produits interdits en France et qui semblent pourtant faire leurs preuves dans les maladies graves. En 1982, le Pr Cornillot, doyen de la Faculté de médecine de Bobigny, prend une initiative qui fait grand bruit. Il crée le Dumenat, diplôme universitaire des médecines naturelles, qui propose aux médecins des formations dans plusieurs disciplines alternatives. Mais son diplôme n'a pas de valeur nationale.

Pétition pour le pluralisme thérapeutique

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Régis Pluchet

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