Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Un
bon moyen pour tout savoir sur l'allergie alimentaire de l'enfant.
C'était
un beau dimanche. Un 15 septembre inespéré après
un été plutôt arrosé. Tous les participant(e)s
au pique-nique de l'Association française pour la prévention
des allergies, Afpral, s'en réjouissaient. Le beau temps
autorisait ce moment de détente et de partage entre les
adhérents de l'association et leurs enfants. Dans plusieurs
régions de France, l'Auvergne, le Languedoc-Roussillon,
la Normandie, etc., d'autres pique-niques étaient organisés.
À Paris, le rendez-vous était à 12 h 30 au
bord du lac Daumesnil dans le bois de Vincennes.
Christelle
Loigerot, présidente de l'association, est la première
avec son fils Mérovée, 7 ans et un copain de ce
dernier. Les familles vont arriver les unes après les autres,
et d'un petit groupe, on passera à un grand cercle d'une
cinquantaine de personnes. "Oasis ", le journal trimestriel
de l'association, accroché aux arbres, sert de repère.
Des couvertures posées dans l'herbe réservent l'emplacement.
Pour plus de facilité et en raison de la multiplicité
des allergies possibles, chacun a amené sa nourriture.
Mais, les gâteaux seront largement partagés et présentés
avec la liste de leurs ingrédients. L'atmosphère
est conviviale. Un regard extérieur ne peut qu'être
émerveillé de la richesse et de la qualité
des échanges. On en apprend plus ici sur l'allergie alimentaire
de l'enfant, qu'auprès de n'importe quel médecin
ou dans n'importe quel livre.
L'importance
de la prévention
Mérovée
a basculé brutalement dans l'univers de l'allergie alimentaire:
un dème de Quincke et un atterrissage brutal aux
urgences de l'hôpital. " J'ai rejoint l'Afpral en 1997.
J'éprouvais le besoin de rencontrer d'autres parents, explique
Christelle. Mon fils a fait un dème de Quincke avant
l'âge d'un an à cause du Nutella® Il est
allergique entre autres à la noisette. Je regrette vraiment
aujourd'hui d'avoir diversifié trop tôt son alimentation
et de n'avoir pas compris à quel point la prévention
était importante. Par exemple, la présidente de
l'association belge m'avait mise en garde sur la présence
d'un chat à la maison. Je ne l'ai pas écoutée
et six mois plus tard mon fils a développé une allergie
aux chats. Par contre, avec l'âge ses allergies alimentaires
régressent. Désormais, il tolère des traces
d'arachide. " Pour certains enfants, la situation va s'améliorer
avec l'âge, mais cela dépend du type d'aliment. En
général les allergies à l'arachide sont beaucoup
plus tenaces que celles aux ufs ou au lait de vache.
Pour
Stephana, la fille de Gilles, même scénario de départ,
mais à un âge plus tardif, un an et demi, pour une
simple vinaigrette, elle se retrouve aux urgences: allergie au
pollen de moutarde " Un coup de tonnerre dans un ciel
serein, raconte sa maman, lorsque l'on sait que l'on en trouve
actuellement dans les petits pots pour bébé, on
mesure ce qu'il reste à faire dans le domaine de l'alimentation
industrielle. "
Depuis ces premières fois angoissantes, un long chemin
a été parcouru par les uns et les autres. Gilles
et sa femme sont sereins. Avoir une enfant allergique les a amenés
à manger plus sain, à préparer les plats
et à préférer la petite épicerie du
coin au supermarché. En lien avec les Biocoop, Gilles insiste
sur l'importance de l'étiquetage y compris dans l'univers
des produits biologiques. Agir dans le cadre de l'association
leur a permis de dépasser le handicap social provoqué
par l'allergie alimentaire, de créer des liens avec d'autres
et de mener la vie la plus normale possible. " Sur Ivry,
en région parisienne, où nous habitons, explique
Gilles, les familles des enfants allergiques se sont organisées
pour permettre l'accueil à la cantine. Ils peuvent désormais
aller à l'école avec leurs paniers-repas. Mais,
tout n'est pas gagné, certaines municipalités refusent
encore. " Pourtant, depuis 1999, une nouvelle circulaire
pose le principe de l'accueil des enfants dès la maternelle
et de l'accueil à la cantine avec leur panier-repas. Gilles
et sa famille vont aussi au restaurant. Devenus de véritables
détectives, capables de déchiffrer toutes les étiquettes,
les parents savent éviter la plupart des pièges."Il
faut aussi continuer à aller chez les amis, manger c'est
la fête, la convivialité ; pourtant, souligne la
maman de Stéphana, même la famille ne comprend pas
toujours que l'éviction de l'allergène est incontournable
vitale. " Et une maman de raconter l'histoire du torchon
de cuisine de la grand-mère qui s'essuyait les mains après
avoir cuisiné des ufs et que sa petite fille a touché
aussi De simples traces de l'allergène peuvent envoyer
un enfant à l'hôpital.