|

La
phytothérapie a longtemps utilisé les tisanes et
les préparations obtenues par macération (vins,
vinaigres, huiles médicinales). Puis les chimistes ont
analysé de plus en plus finement les plantes et ont isolé
leurs principes actifs. Il était alors tentant d'essayer
de reproduire, par synthèse, ces molécules naturelles,
pour créer des remèdes sans passer par les plantes
et éviter ainsi tous les problèmes liés aux
approvisionnements.
Depuis,
l'expérience a montré que cette démarche
conduisait à des produits souvent moins intéressants.
Les molécules chimiques de synthèse peuvent entraîner
des actions thérapeutiques parfois agressives et engendrer
des effets secondaires indésirables.
On est donc revenu à l'utilisation de la plante, en essayant
de préparer pour chacune l'extrait le plus complet possible
et facile d'emploi.
On
trouve aujourd'hui une phytothérapie s'orientant de plus
en plus vers la préparation d'extraits réalisés
à partir de plantes fraîches, et si possible d'origine
biologique, afin d'apporter des remèdes exempts de produits
nocifs.
Les
extraits aqueux
Les
extraits aqueux (solubilisation d'une partie des principes actifs
par l'eau) sont intéressants car non alcoolisés.
Cela permet de les utiliser pour les personnes ne supportant pas
l'alcool, les enfants et même les animaux de compagnie.
Les
classiques, infusion, décoction, macération doivent
être préparées
et utilisées sans attendre car leur conservation demande
soit un chauffage, soit une irradiation, soit l'ajout de conservateurs
Ces traitements peuvent dégrader la qualité de la
plante et notamment modifier la structure moléculaire de
son eau cellulaire.
Attention : lorsque les plantes ne sont pas d'origine biologique,
l'extraction par l'eau solubilise en même temps les résidus
des traitements foliaires utilisés pour la culture. Il
faut savoir qu'une menthe de culture traditionnelle reçoit
de 10 à 12 traitements polluants, si ce n'est plus, avant
d'arriver dans notre tisanière. Le premier principe de
la médecine " ne pas nuire" est-il alors bien
respecté ? Même s'il existe des normes donnant les
taux maximum de résidus pouvant être présents
sur les plantes (qu'elles soient alimentaires ou médicinales),
cela donne à réfléchir.
Les tisanes restent néanmoins le moyen le plus simple d'utiliser
les plantes médicinales. Leur action est douce et progressive.
Le drainage des émonctoires (glandes sudoripares, foie,
rein) effectué par l'apport d'une eau chargée de
principes actifs reste un bon moyen de nettoyer l'organisme de
ses toxines.
Actuellement, quelques laboratoires proposent des extraits aqueux
de plantes issues de l'agriculture biologique : sans alcool, sans
colorant, sans conservateur et sans addition de sucre. Ils sont
conditionnés en ampoules, présentation qui permet
une parfaite conservation et un emploi facile.
Les
gélules de poudre de plantes
Elles
sont très à la mode car elles sont d'une prise pratique
et faciles à transporter. Leur enveloppe, à l'origine
exclusivement faite de gélatine, a causé quelques
soucis en raison de la psychose de la " vache folle".
Aujourd'hui, avec une enveloppe végétale, le problème
paraît résolu. Mais il faut rester vigilant quant
à la composition de cette enveloppe et des produits utilisés
au cours de sa fabrication.
Bien que le " totum " de la plante soit apporté,
on peut s'interroger sur la conservation de ses composants :
S'il s'agit d'une poudre de plante sèche, la dessiccation
a fait perdre une partie des principes actifs volatils ainsi que
la précieuse eau cellulaire, cependant que l'élévation
de température accompagnant le broyage altère les
vitamines et les flavonoïdes (connus pour leur action contre
le vieillissement).
S'il
s'agit d'une gélule de poudre cryobroyée, la congélation
modifie la structure de l'eau de la plante, ce qui influe sur
ses propriétés.
Dans les deux cas, le broyage " casse" les membranes
cellulaires des tissus et met trop brusquement en contact enzymes
et produits dégradables, ceci ayant souvent pour résultat
l'évolution des principes actifs vers des formes moins
intéressantes sur le plan pharmacologique.
Malgré
ces inconvénients, les gélules restent de bons remèdes,
à condition de les prendre avec une quantité d'eau
suffisante (1 verre) pour la mise en solution des principes actifs
qu'elles contiennent. Le grand nombre de plantes conditionnées
en gélules permet de concevoir des associations, à
la carte peut-on dire. Ceci impose alors parfois la prise d'une
certaine quantité de gélules par jour, ce qui peut
ne pas être bien supporté.
Autres
présentations issues des plantes sèches
Extraits
hydro-alcooliques
Ils sont obtenus par extraction hydro-alcoolique à chaud.
Outre leur degré alcoolique élevé, la chaleur
a détruit certains des principes actifs fragiles qui peuvent
être importants.
Extraits
secs ou nébulisats
Ils sont issus des extraits fluides puis pulvérisés
dans une colonne d'air chaud. On recueille une poudre sèche,
très hygroscopique et difficile à conserver. Les
nébulisats sont souvent conditionnés en gélules,
forme pharmaceutique non étanche
ce qui provoque
parfois une réhydratation et le rend peu stable.
Teintures-mères
Les teintures-mères (TM) sont des préparations obtenues
par macération hydro-alcoolique de plantes fraîches
(donc double solubilisation des principes actifs : ceux qui sont
solubles dans l'eau et ceux qui sont solubles dans l'alcool).
Selon la plante traitée, le titre alcoolique des teintures-mères
est compris entre 45 ± 5 % V et 65 ± 5 % V d'alcool
pur. Un bon nombre d'entre elles servent à préparer
dans un deuxième temps des dilutions à usage homéopathique.
Afin de garantir la pureté des extraits obtenus, les plantes
doivent être, soit de culture biologique, soit récoltées
à l'état spontané dans des lieux éloignés
de toute pollution.
Riches en principes actifs, les TM ont une action thérapeutique
efficace dans de nombreux domaines. Issues de plantes fraîches,
elles renferment également la potentialité énergétique
de l'eau de la plante.
Elles présentent l'avantage de pouvoir être mélangées
entre elles pour réaliser des synergies ; par contre, bien
qu'on les utilise diluées dans l'eau (posologie moyenne
: 10 à 30 gouttes dans 1 verre d'eau 2 à 3 fois
par jour), leur concentration en alcool ne permet pas un usage
chez les très jeunes enfants, pas plus que pour les personnes
sensibles de l'estomac.
Extraits
fluides glycérinés miellés (EFGM)...
Macérats
glycérinés...
Distillats
et alcoolats...
Huiles
essentielles...
Élixirs
floraux...
Pour lire la suite de cet article et tous
les autres articles de ce mois ..
Claudine
Luu
|