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ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Comment définir la phytothérapie
et quel est son intérêt par rapport aux médicaments
classiques qui en sont souvent issus ?
Dr
Paul Goetz : C'est une médecine qui utilise les préparations
de plantes. La plante contient des principes actifs divers dont
il convient d'utiliser le " totum ". Nous savons par
expérience que le totum végétal a des effets
supérieurs au total des effets des principes actifs qu'il
contient. Une fois absorbée, la préparation végétale
va libérer des principes actifs agissant directement, mais
souvent aussi des prodrogues qui, dans l'organisme, vont se transformer
et développer des composants actifs. C'est le cas de l'ail
par exemple, ou des plantes à salicylés (comme le
saule) qui vont se transformer dans le corps et produire un effet
anti-inflammatoire. Les médicaments allopathiques qui contiennent
une molécule de la plante n'ont pas ses effets globaux.
En phytothérapie, les effets secondaires sont moins fréquents.
Une
plante est souvent dotée de multiples propriétés,
qui se retrouvent dans d'autres plantes? Sur quels critères
se base-t-on pour prescrire celle-ci plutôt que celle-là
? Et comment sait-on que tel principe actif va agir plus que tel
autre ?
La
majorité des plantes, selon la forme sous laquelle elles
se trouvent et selon la dose utilisée, produisent des résultats
différents (tant au niveau de leurs effets positifs divers
que de leurs effets secondaires bénéfiques). La
variété des formes et des doses correspond donc
à des indications différentes. Connaissant ces données,
le médecin phytothérapeute sera à même
d'associer des plantes pour une même affection parce qu'elles
ont des effets similaires mais complémentaires, ou parce
qu'elles ont des propriétés différentes mais
convergentes pour un effet global.
Artichaut, combretum et curcuma ont des effets similaires et complémentaires
sur la fonction hépatobiliaire, alors que boldo, fumeterre
et menthe ont des effets similaires mais des effets secondaires
positifs différents (anti-inflammatoire, action amère
sur la muqueuse gastrique et effet antispasmodique) donnant un
résultat clinique global sur la digestion haute (gastrique
et biliaire). Réglisse, fenouil et hysope ont des propriétés
différentes mais convergentes dans le traitement de l'encombrement
bronchique.
On
dit souvent que la phytothérapie est une médecine
de terrain. Pouvez-vous expliquer cette notion ?
Le
terrain est le contexte physiologique du patient. Il peut favoriser
l'irruption d'une maladie et sa survenue va elle-même le
modifier. On utilise donc des plantes qui ont des effets sur l'état
neurovégétatif, métabolique ou endocrinien,
alors qu'elles n'auront que peu d'effet sur l'affection principale.
La phytothérapie peut aussi prévenir des affections
infectieuses ou hivernales grâce à des plantes adaptogènes
ou des plantes stimulant l'immunité de l'organisme. À
l'approche de l'hiver, une cure d'Echinacea ou d'eupatoire (Eupatorium)
permet de se prémunir contre les infections et de combattre
la fatigue. Le ginseng peut renforcer à la fois le "
soma ", comme l'immunité de l'organisme.
Il est aussi possible de soulager le corps par des draineurs.
Ainsi au début du printemps, on pourra recommander la prise
de jus de feuilles de bouleau (il chasse les toxines par la voie
urinaire) et/ou d'un extrait de radis noir (agissant sur la voie
urinaire et hépatique).
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Et l'aromathérapie ?
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La phytothérapie peut-elle venir en aide aux patients atteints
de maladies graves ?
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Y
a-t-il des interactions entre des plantes et des médicaments
allopathiques ?
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Propos
recueillis par Marie-Laure Wallon
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