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DECEMBRE 2002

 

Dr Paul Goetz
Médecin phytothérapeute à Strasbourg.

Décembre 2002

 

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"En phytothérapie, les effets secondaires sont moins fréquents"

 

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient : Comment définir la phytothérapie et quel est son intérêt par rapport aux médicaments classiques qui en sont souvent issus ?

Dr Paul Goetz : C'est une médecine qui utilise les préparations de plantes. La plante contient des principes actifs divers dont il convient d'utiliser le " totum ". Nous savons par expérience que le totum végétal a des effets supérieurs au total des effets des principes actifs qu'il contient. Une fois absorbée, la préparation végétale va libérer des principes actifs agissant directement, mais souvent aussi des prodrogues qui, dans l'organisme, vont se transformer et développer des composants actifs. C'est le cas de l'ail par exemple, ou des plantes à salicylés (comme le saule) qui vont se transformer dans le corps et produire un effet anti-inflammatoire. Les médicaments allopathiques qui contiennent une molécule de la plante n'ont pas ses effets globaux. En phytothérapie, les effets secondaires sont moins fréquents.

Une plante est souvent dotée de multiples propriétés, qui se retrouvent dans d'autres plantes? Sur quels critères se base-t-on pour prescrire celle-ci plutôt que celle-là ? Et comment sait-on que tel principe actif va agir plus que tel autre ?

La majorité des plantes, selon la forme sous laquelle elles se trouvent et selon la dose utilisée, produisent des résultats différents (tant au niveau de leurs effets positifs divers que de leurs effets secondaires bénéfiques). La variété des formes et des doses correspond donc à des indications différentes. Connaissant ces données, le médecin phytothérapeute sera à même d'associer des plantes pour une même affection parce qu'elles ont des effets similaires mais complémentaires, ou parce qu'elles ont des propriétés différentes mais convergentes pour un effet global.
Artichaut, combretum et curcuma ont des effets similaires et complémentaires sur la fonction hépatobiliaire, alors que boldo, fumeterre et menthe ont des effets similaires mais des effets secondaires positifs différents (anti-inflammatoire, action amère sur la muqueuse gastrique et effet antispasmodique) donnant un résultat clinique global sur la digestion haute (gastrique et biliaire). Réglisse, fenouil et hysope ont des propriétés différentes mais convergentes dans le traitement de l'encombrement bronchique.

On dit souvent que la phytothérapie est une médecine de terrain. Pouvez-vous expliquer cette notion ?

Le terrain est le contexte physiologique du patient. Il peut favoriser l'irruption d'une maladie et sa survenue va elle-même le modifier. On utilise donc des plantes qui ont des effets sur l'état neurovégétatif, métabolique ou endocrinien, alors qu'elles n'auront que peu d'effet sur l'affection principale.
La phytothérapie peut aussi prévenir des affections infectieuses ou hivernales grâce à des plantes adaptogènes ou des plantes stimulant l'immunité de l'organisme. À l'approche de l'hiver, une cure d'Echinacea ou d'eupatoire (Eupatorium) permet de se prémunir contre les infections et de combattre la fatigue. Le ginseng peut renforcer à la fois le " soma ", comme l'immunité de l'organisme.
Il est aussi possible de soulager le corps par des draineurs. Ainsi au début du printemps, on pourra recommander la prise de jus de feuilles de bouleau (il chasse les toxines par la voie urinaire) et/ou d'un extrait de radis noir (agissant sur la voie urinaire et hépatique).

- Et l'aromathérapie ?

- La phytothérapie peut-elle venir en aide aux patients atteints de maladies graves ?

- Y a-t-il des interactions entre des plantes et des médicaments allopathiques ?

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Propos recueillis par Marie-Laure Wallon

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