Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Réussir
sa vie conjugale est l'un des modèles forts que nous
impose la société. Comment se fait-il qu'un si
grand nombre d'individus échouent dans leur couple ?
Cent mille divorces chaque année, selon l'Insee, sans
compter les séparations. On est mal à deux, le
conjoint ne répond pas aux attentes, et la crise venue,
on envisage la rupture. Est-ce irrémédiable?
Pourquoi
cette capacité dans le couple à rejeter sur l'autre
la responsabilité de son mal-être ? Annie de Butler,
conseillère conjugale et psychanalyste, pense que les crises
de la vie conjugale ont du bon : " S'il y a crise, on en
parle. S'il y a conflit, on désidéalise en gérant
ses frustrations. "
En
fait, tout commencerait au cours de la petite enfance où
l'on apprend à gérer ses frustrations avec son père
ou sa mère. Ces premiers équilibres ou déséquilibres
resteront des points de repère qui seront projetés
dans la relation amoureuse. Si on a été aimé,
suffisamment, mais pas trop, on sera capable de "désidéaliser
" et cesser de croire au prince charmant, reflet de cet amour
absolu. Pour y parvenir, il faut avoir de la confiance en soi
en quantité suffisante, et dans la relation, savoir en
prendre et en laisser sans se braquer. En revanche, si l'on pense
détenir la vérité absolue sur soi, on projettera
sur l'autre un vécu difficile comme, par exemple, un père
trop dur ou une mère abandonnante. Un homme exigeant avec
une femme aura été souvent frustré par sa
mère. Selon le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, certains,
bénéficiant d'une personnalité riche, s'en
sortent dans la vie, malgré une enfance difficile. Ils
deviennent très performants à un moment donné,
mais le jour où ils rencontrent l'autre, et sa différence,
ils vont être envahis par les angoisses de la prime enfance
qui se rejouent dans le couple ou dans la liaison amoureuse.
Une
mère "suffisamment bonne"
D'après
le pédiatre et psychanalyste britannique Donald W. Winnicott,
c'est de l'interaction entre la mère et l'enfant que dépend
la réussite saine et stable du processus de maturation
du " moi ". La mère doit être " suffisamment
bonne ". C'est-à-dire qu'elle doit accepter de vivre
au rythme des besoins de son enfant, mais sans les anticiper,
ce qui créerait l'illusion qu'il est en quelque sorte le
"maître du monde ". De l'efficacité de
son adaptation naîtra, chez l'enfant, un sentiment de confiance
en la vie, la base de sa future personnalité. Après
le maternage des premiers mois, et pour que l'enfant puisse continuer
d'évoluer, la prise de distance (et donc la désillusion)
est indispensable ; si la mère est partie prenante de cette
évolution, si elle est d'accord pour se séparer,
l'enfant pourra alors élargir son univers à son
père, aux frères et surs, à la nounou
et s'individualiser.
Une
attente trop forte
Les
frustrations mal gérées pendant le plus jeune âge
resurgissent à l'âge adulte. Victime de ses propres
illusions, on veut un amour sans faille, le bonheur absolu. On
attend tellement de l'autre. Mais si celui-ci ne répond
pas à l'attente Françoise, quarante-quatre
ans, n'éprouve plus de désir pour son compagnon
Pascal. Ils se sont rencontrés il y a dix-sept ans sur
un lieu de tournage, tous les deux travaillaient dans le cinéma.
Ils ont aujourd'hui deux enfants de 13 et 11 ans. Après
un accident de voiture, elle décide de cesser son activité
professionnelle trop contraignante physiquement. Elle cherche
alors la vérité en elle, et se rend compte peu à
peu qu'elle n'a plus d'intérêts communs avec Pascal.
Plutôt aisée financièrement, elle se lance
dans la peinture et se passionne pour le chamanisme. "Aujourd'hui,
quand j'expose mes tableaux, explique-t-elle, Pascal passe plus
de temps à repérer les travaux à effectuer
dans le local qu'à regarder mes uvres." Elle
a essayé de lui parler, en vain il n'a été
qu'un mur de silence et n'a jamais répondu à ses
attentes qui étaient de partager des passions communes.
" Avant, nous étions heureux. Nous riions beaucoup
! Nous qui avons regardé tant de films ensemble ! "
Françoise a décidé de quitter Pascal.
" Cette femme, explique Annie de Butler, a cessé brusquement
des activités professionnelles qui lui plaisaient. Elle
a demandé à son compagnon de remplacer son métier.
Frustrée par le manque de son métier, elle se positionne
autrement. Pour le partenaire, cette situation est très
difficile à vivre car on lui demande quelque chose qu'il
ne peut pas donner. Il est possible que Françoise reproduise
un jour ce schéma avec un autre compagnon. L'exigence vis-à-vis
du conjoint et la possibilité de rompre font que l'on devient
paresseux à sortir de soi-même, à passer le
cap. Il faut sortir du couple, il existe d'autres raisons d'exister.
Le "je prends, je jette" - attitude fréquente
aujourd'hui - appauvrit puisqu'on ne tire plus les ressources
de soi-même."