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JANVIER 2003

 

Gastroplastie

Janvier 2003

 

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Banalisée par les médias, la gastroplastie peut apparaître comme "le" remède contre l'obésité.
En terme de santé publique, l'intérêt de cette chirurgie reste pourtant à démontrer.

 

 

 


Lyon est sans conteste la ville des contradictions ! Connue pour sa gastronomie, elle l'est également pour la gastroplastie, c'est-à-dire la chirurgie de l'obésité. Pour la seule année 1999, plus de 2 000 interventions de ce type y ont été pratiquées, soit le quart des gastroplasties réalisées en France. Cette " spécialité " vient-elle renforcer la notoriété médicale de la ville ? Pas vraiment, selon la Dre Brigitte Frois, médecin conseil à la CMR (Caisse régionale des artisans et commerçants du Rhône.) du Rhône qui a réalisé une enquête sur le sujet, pour le compte de l'Urcam ( Union régionale des caisses d'assurance maladie de Rhône-Alpes). La Dre Frois et certains de ses collègues se sont émus du nombre croissant de gastroplasties réalisées depuis l'introduction de la technique de l'anneau modulable dans la région.

Complications, ré-interventions

Rendue publique au mois de mars 2002, cette étude portait sur le devenir des malades opérés entre 1995 et 1997 et sur le respect des référentiels médicaux et médico-administratifs par les chirurgiens. Sur le premier point, la gastroplastie semble donner de bons résultats, puisque les auteurs observent une perte de 52 % du poids après cinq ans, et " un degré de satisfaction élevé" chez les opérés. " Cependant, pondère la Dre Frois, ces bons résultats sont obérés par un taux de complications chirurgicales (43 %) et de ré-interventions (20 %) dans les cinq années qui suivent la pose de l'anneau ". Sur le second point, les chirurgiens n'ont pas respecté les bonnes pratiques dans 23 % des cas étudiés et l'Urcam note que la prise en charge multidisciplinaire destinée à évaluer l'intérêt de cette chirurgie pour une personne donnée est absente dans 84 % des cas. " Le problème c'est la dérive des indications, commente le Dr Dominique Fasquel, directeur du service médical de l'assurance maladie à Lyon, elle amène certains chirurgiens à opérer des cas limites, alors que la gastroplastie doit rester une technique de dernier recours, lorsque toutes les autres formes de prises en charge ont échoué. "

Des enjeux économiques

La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), qui constate des " dérives " ailleurs qu'en région lyonnaise, a donc lancé un programme national de contrôle des gastroplasties. "Avec cette action d'envergure, nous espérons harmoniser les raisonnements et la réflexion pour que l'on ne fasse pas de cette chirurgie une démarche banale, vulgarisée dans l'opinion, et comme étant la solution miracle à tous les problèmes de l'obésité ", précise la Dre Anne Toselly, en charge de ce programme. Même si la Sécurité sociale refuse de réduire ce contrôle à une simple histoire de gros sous, il faut reconnaître que les enjeux économiques de cette chirurgie sont loin d'être négligeables. D'abord parce que la France est un des rares pays à rembourser cette chirurgie. Ensuite parce que la Cnam, qui se pose volontiers en redresseur de tort, dénonce le coût élevé de ces interventions, soit 3 300 euros en moyenne pour un anneau modulable. Or, jusqu'à preuve du contraire, ce sont ses propres médecins-conseils qui ont délivré les sésames, puisque cette opération est soumise à une entente préalable.
Enfin, comme l'Urcam Rhône-Alpes l'a avoué dans son rapport, l'assurance maladie est " incapable de savoir si les sommes engagées dans cette chirurgie ont un impact positif en terme de santé publique ". Incroyable mais vrai : il n'existe aucune évaluation médico-économique permettant de connaître le rapport bénéfice/risque et le rapport coût/efficacité de l'anneau modulable. Dans un document publié en mai 2000, l'Anaes (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation de la santé.) en convient également : " Les études internationales montrent que le critère de jugement d'efficacité le plus fréquemment évalué est la perte de poids, au contraire des critères de qualité de vie et d'impact sur les co-morbidités ", écrit-elle en s'inquiétant de ne trouver, dans la littérature scientifique internationale, que des études à la méthodologie critiquable et aux résultats contradictoires.

" La demande est énorme "

Vers un registre des " gastroplastisés " ?

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Caroline Faesch


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