Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
JANVIER
2003
Opération
Perce-muraille
Pour rompre l'isolement de l'enfant hospitalisé
Grâce
à une caméra reliée à Internet,
l'enfant hospitalisé en chambre stérile peut continuer
à communiquer avec sa famille et ses amis. L'exemple
de l'hôpital Saint-Louis de Paris.
La
Fondation d'entreprise Boulanger et le service de pédiatrie
à orientation hématologique de l'hôpital Saint-Louis
à Paris ont mis en place depuis un an l'opération
Perce-Muraille. Il s'agit de permettre aux enfants atteints de
leucémie aiguë nécessitant l'isolement en chambre
stérile de garder le lien avec leur famille par le biais
des techniques informatiques modernes. La leucémie aiguë
est un cancer de l'enfant que l'on arrive aujourd'hui à
guérir dans 75 % des cas. Le traitement par la chimiothérapie
n'a pas réellement évolué depuis 30 ans,
mais le recours à la chambre stérile pour isoler
l'enfant lors du traitement l'a rendu beaucoup plus efficace.
Cependant la mise en situation d'isolement total, loin de sa famille,
de ses amis, de son école, est toujours vécue difficilement
par l'enfant. Il reste en moyenne de un mois et demi à
plus de trois mois dans cet environnement presque " carcéral
" : une chambre de 2,50 mètres sur 2,50 mètres,
entourée de rideaux plastifiés opaques, aérée
par le plafond d'un air filtré.
Une
extension de l'habitat familial
L'opération
Perce-Muraille qui permet de faire de cette chambre stérile
une extension de l'habitat familial grâce à la webcam
(caméra reliée au réseau Internet) est un
réconfort de tous les instants pour l'enfant, sa famille,
ses amis. Le projet n'était pourtant pas évident
à mettre en place. La logistique est complexe : il fallait
d'abord câbler les quatre chambres stériles de l'hôpital
Saint-Louis, introduire l'informatique et ses techniciens de maintenance
en respectant les normes de stérilité du lieu, apprendre
aux enfants en âge de comprendre, à utiliser le matériel,
puis installer gratuitement le même dispositif dans les
familles, prêter des appareils, former les parents. Aujourd'hui
encore, alors que le dispositif fonctionne bien, il faut sans
cesse faire face au cas particulier que représente chaque
famille : éloignement géographique, ignorance de
l'outil informatique, etc. Mais le but est toujours de permettre
aux parents et à l'enfant de communiquer en direct à
toute heure du jour et de la nuit grâce à l'écran
informatique et à la webcam. Ainsi, Hélène,
14 ans, a pu durant ses 81 jours d'isolement continuer à
jouer à des jeux de société avec ses frères,
confier ses coups de blues à ses parents et discuter avec
ses copines qui venaient faire des vidéo-conférences
avec elle, certains après-midi. De même, les parents
de Léane, 2 ans et demi, ont pu grâce à la
webcam suivre les galipettes et les babillages de leur enfant
et mieux vivre ainsi le déchirement de la séparation.