Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Stanislas
Tomkiewicz, psychiatre d'une exceptionnelle générosité
humaine, pionnier d'un autre regard sur les arriérés
mentaux, figure du mouvement antipsychiatrique, vient de s'éteindre.
L'originalité de son approche thérapeutique a consisté
à mettre de l'affection, de la communication, du respect,
là où il n'y avait que mépris, distance,
humiliation, notamment avec les délinquants, les déficients
et les petits. À propos de ces derniers, il disait : "
C'est avec émotion qu'il faut élever son enfant.
" Son combat a porté également contre la violence
institutionnelle, celle des hôpitaux, des prisons, de l'école,
de la justice, etc.
Or,
il faut le dire, aujourd'hui encore, les exemples de cette violence
" instituée " sont nombreux. Ce fut d'abord,
en décembre dernier, la honteuse décision de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) qui a refusé aux pays pauvres,
la vente et la fabrication des médicaments génériques.
Sous la pression des industriels américains du médicament
qui ont défendu leurs brevets, on empêche donc des
millions d'hommes, de femmes et d'enfants de se soigner. Le sida,
la tuberculose, le paludisme continueront à progresser.
On comprend dans ce contexte que certains - dont nous sommes -
ne veulent pas de cette mondialisation-là !
Du
côté de chez nous, dans notre douce France, nous
ne sommes pas non plus à quelques turpitudes " institutionnelles
" près ! D'abord il y a eu cette condamnation de Patrice
de Bonneval, directeur de l'école lyonnaise des plantes
médicinales. Comme si l'apprentissage de la cueillette
des simples et leur utilisation menaçaient la toute puissante
et colossale industrie pharmaceutique ! On veut vraiment que tout
le monde marche au pas, prenne les mêmes remèdes,
se soigne à l'identique !
Autre
exemple, la rumeur - fondée ? - de la consommation de vache
folle dans la chaîne des Buffalo Grill. Ce qui surprend
dans cette affaire, c'est la disproportion entre les faits, les
dangers réels et l'importance donnée à cette
information. Peut-être faudrait-il rappeler que la maladie
de Creutzfeldt-Jakob a fait en France à ce jour 6 victimes,
en tout, et 129 en Angleterre. Alors que dans le même temps,
les victimes de la route, du tabac et de l'alcool se comptent
par centaines de milliers. Une hécatombe, finalement, bien
tolérée, même si on tente de la réduire
!
Où
sont les vrais dangers ? Où est la logique des pouvoirs
judiciaires ? Chaque semaine, ce sont trois personnes qui meurent
du tabagisme passif (c'est-à-dire sans avoir jamais fumé),
que fait-on pour les défendre ?.
Mais le fleuron de l'abus de pouvoir et de la violence institutionnelle
nous est offert par la très sérieuse Académie
de médecine qui vient d'écarter toute possibilité
d'un lien entre la vaccination contre l'hépatite B et la
sclérose en plaques ! Elle n'avoue même pas l'existence
d'un lien faible, comme l'ont reconnu à la fois l'Agence
française de sécurité sanitaire des produits
de santé et le Pr Lucien Abenhaïm, directeur général
de la Santé.
Naturellement,
avec leur servilité coutumière, une partie des journalistes
de santé a répercuté l'information sans la
vérifier. On peut s'étonner que beaucoup de confrères
n'aient jamais enquêté vraiment auprès des
victimes. Nous avons été invités à
plusieurs reprises à l'Académie de médecine,
notamment il y a un an, pour entendre l'avis de ses membres sur
le principe de précaution - qu'elle conteste vigoureusement.
C'est un club de vieux messieurs charmants et courtois, mais je
peux témoigner, pour les avoir interrogés sur le
vaccin contre l'hépatite B, que leur méconnaissance
du dossier était patente ! Rappelons pour mémoire
qu'ils ont en leur temps affirmé que l'amiante était
parfaitement inoffensive et qu'ils viennent de cautionner les
OGM (organismes génétiquement modifiés) !
Tout cela doit se décider autour de petits fours, après
le golf !
Face à ce marigot d'intérêts, de complaisance
et d'incompétence, le souvenir de celui que ses confrères
appelaient familièrement " Tom " (Stanislas Tomkiewicz)
est une bouffée d'air pur. Juif polonais, survivant du
camp de Bergen-Belsen, arrivé en France à l'âge
de 20 ans, il n'avait pas hésité à prendre
résolument parti pour la cause palestinienne : " Je
ne supporte pas qu'un pays en envahisse un autre ", affirmait-il.
Quant au moyen de réduire la violence entre humains, il
avait pratiqué avec les délinquants de la banlieue
parisienne une méthode qu'il avait baptisée - avec
humour - "AAA", pour : " Attitude authentique affective
", afin, " de transmettre au jeune, le sentiment qu'il
peut être aimé ". Le bel exemple d'un penseur
libre.