Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
FEVRIER
2003
Nathalie
simon et nicole antoine, Infirmières
" Formatrices " de malades
Nathalie
Simon et Nicole Antoine sont toutes deux infirmières
à l'ALLP (Association lyonnaise de logistique post-hospitalière),
dont la première coordonne le service infirmier. L'une
de leurs missions principales est de former les malades - ou
les parents pour les enfants - à certains soins et à
l'utilisation des appareils d'assistance médicale, dès
la sortie d'hôpital.
Nathalie
et Nicole ont ce qu'on appelle de la " bouteille ".
L'une a passé quinze ans dans un service de réanimation,
l'autre douze ans en psychiatrie. Pourtant, ce qu'elles font toutes
deux, depuis quelques années, au sein de l'ALLP est, disent-elles,
l'activité la plus intéressante, la plus riche,
la plus ouverte sur les autres, la plus variée, la plus
humaine qu'elles aient connue. Elles organisent le retour à
domicile, après une hospitalisation, de personnes atteintes
de maladies neuromusculaires (amyotrophie spinale), de syndrome
d'Ondine, de maladies orphelines ou encore des IMC (infirmes moteurs
cérébraux), ou des bébés trachéotomisés
à la suite d'un problème à la naissance.
La " spécialité " de l'ALLP, c'est l'assistance
respiratoire, la nutrition et la perfusion à domicile.
Tout
commence lorsque le médecin hospitalier estime qu'un patient
peut rentrer chez lui, sous réserve d'une assistance spécifique.
L'association apporte à l'hôpital le matériel
d'assistance respiratoire pour que le médecin fasse les
réglages nécessaires. Le retour est ensuite préparé
au cours d'une rencontre entre ce soignant, l'assistante sociale
de l'hôpital si nécessaire, l'infirmière de
l'ALLP, le patient et sa famille. "Notre rôle est d'essayer
de mettre en place une qualité de vie à la maison
proche de ce que les gens vivaient avant la maladie invalidante,
explique Nadine. Les parents d'un enfant malade, par exemple,
ont déjà eu à digérer la séparation
due à l'hôpital. Et quand le petit revient à
la maison, nous sommes là: c'est une situation anormale
qu'il leur faut encore accepter. Ils ont préparé
minutieusement la chambre de leur bébé, mais nous
allons leur demander de pousser les nounours, de procéder
à quelques aménagements pour installer tout
le matériel nécessaire aux soins. "
Les infirmières de l'ALLP aident également les proches
du malade - adulte ou enfant - à identifier leurs besoins
en temps de présence d'auxiliaires de vie ou d'infirmiers
et servent d'intermédiaires avec ces personnels.
"
Parfois, la famille connaît une infirmière libérale,
raconte Nicole, qui hésite à accepter cette prise
en charge, soit parce qu'elle a trop de travail soit parce qu'elle
maîtrise mal ce geste. Dans ce cas, nous lui téléphonons
et lui expliquons que nous pouvons la former aux techniques nécessaires
et l'accompagner dans le suivi de ce malade. En général,
elles finissent par accepter. Ensuite, elles sont ravies de cette
collaboration "
L'ALLP a aussi pour rôle de former les malades eux-mêmes
et/ou leurs proches. Cette tâche fait d'ailleurs partie
des prises en charge obligatoires listées dans la LPPR
(liste des prestations et des produits remboursables). "
Si un enfant est trachéotomisé, les parents doivent
connaître certains gestes à faire lorsque l'infirmière
est absente, explique Nicole. Quand un bouchon muqueux se forme
dans la canule, par exemple, il faut savoir aspirer pour le retirer
; sinon le malade étouffe. Les parents l'apprennent ainsi,
pour leur enfant. C'est plus difficile pour le conjoint d'un adulte;
mais j'ai connu une mamie qui avait juré qu'elle ne le
ferait jamais et qui l'a pourtant fait un jour, dans une situation
d'urgence ! "