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FEVRIER 2003

 

Interview

Pr Michel goudemand
Responsable d'un service de psychiatrie, CHU de Lille

Février 2003

 

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"On favorise les alternatives à l'hospitalisation "

 

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient : Quelles sont les maladies mentales qui nécessitent encore de longues hospitalisations ?

Pr Michel Goudemand : Ce sont essentiellement les psychoses chroniques telles que la schizophrénie, qui contraignent les patients à une hospitalisation au long cours. Mais la durée de cette hospitalisation va aussi dépendre des capacités du secteur (Un décret de 1986 précise l'organisation de la sectorisation psychiatrique qui a pour but de séparer le moins possible le soigné de sa famille en instaurant des zones géographiques (des secteurs d'environ 70 000 habitants) disposant d'équipes pluridisciplinaires (psychiatrie, généraliste, infirmier, psychologue, assistante sociale, éducateur) ayant la charge des maladies mentales survenant dans la population d'un même secteur.) à faire sortir ses patients et à les réhabiliter. Cette réhabilitation des personnes atteintes d'un handicap mental est au centre de l'actualité puisque dans notre pays, la politique en matière de psychiatrie consiste plutôt à fermer des lits qu'à en créer.

L'hospitalisation en psychiatrie est-elle vouée à disparaître ?

Pas tout à fait. Mais dans le cadre du nouveau Schéma régional d'organisation sanitaire (Sros), nous allons tout de même perdre 20 lits sur les 80 dont nous disposons aujourd'hui. C'est une évolution inéluctable puisque l'on favorise désormais les alternatives à l'hospitalisation. Tous les secteurs voient leur nombre de lits diminuer. Quant aux hospitalisations, elles sont destinées à devenir de plus en plus courtes, au profit des soins en ambulatoire, qui se feront au travers de toute une panoplie de structures dites extra-hospitalières. En 2002, l'hospitalisation n'est plus l'élément essentiel de la prise en charge des pathologies psychiatriques. Mais il ne faut pas faire d'angélisme : cela ne se fait pas sans difficultés. La pathologie mentale fait que ces patients sont désinsérés sur le plan social, c'est-à-dire sans travail, sans logement, et souvent sans famille. Or les possibilités de réinsertion varient énormément d'un secteur à l'autre.

De quels soins de suite votre secteur dispose-t-il ?

Ici nous avons un hôpital de jour, qui propose des soins de réhabilitation, et nous avons plusieurs projets en cours dont la création d'un Centre d'activité thérapeutique à temps partiel (CATTP) de 20 places. Cette structure qui se situe aux frontières de la psychiatrie, proposera un accompagnement médico-social de réinsertion et de réadaptation. Nous souhaitons aussi mettre en place une équipe d'infirmières à domicile.

Est-ce suffisant pour permettre la réinsertion sociale ?

Quels sont les obstacles majeurs à la réinsertion ?

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Propos recueillis par Caroline Faesch

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