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ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Quelles sont les maladies mentales
qui nécessitent encore de longues hospitalisations ?
Pr
Michel Goudemand : Ce sont essentiellement les psychoses chroniques
telles que la schizophrénie, qui contraignent les patients
à une hospitalisation au long cours. Mais la durée
de cette hospitalisation va aussi dépendre des capacités
du secteur (Un
décret de 1986 précise l'organisation de la sectorisation
psychiatrique qui a pour but de séparer le moins possible
le soigné de sa famille en instaurant des zones géographiques
(des secteurs d'environ 70 000 habitants) disposant d'équipes
pluridisciplinaires (psychiatrie, généraliste, infirmier,
psychologue, assistante sociale, éducateur) ayant la charge
des maladies mentales survenant dans la population d'un même
secteur.)
à faire sortir ses patients et à les réhabiliter.
Cette réhabilitation des personnes atteintes d'un handicap
mental est au centre de l'actualité puisque dans notre
pays, la politique en matière de psychiatrie consiste plutôt
à fermer des lits qu'à en créer.
L'hospitalisation
en psychiatrie est-elle vouée à disparaître
?
Pas
tout à fait. Mais dans le cadre du nouveau Schéma
régional d'organisation sanitaire (Sros), nous allons tout
de même perdre 20 lits sur les 80 dont nous disposons aujourd'hui.
C'est une évolution inéluctable puisque l'on favorise
désormais les alternatives à l'hospitalisation.
Tous les secteurs voient leur nombre de lits diminuer. Quant aux
hospitalisations, elles sont destinées à devenir
de plus en plus courtes, au profit des soins en ambulatoire, qui
se feront au travers de toute une panoplie de structures dites
extra-hospitalières. En 2002, l'hospitalisation n'est plus
l'élément essentiel de la prise en charge des pathologies
psychiatriques. Mais il ne faut pas faire d'angélisme :
cela ne se fait pas sans difficultés. La pathologie mentale
fait que ces patients sont désinsérés sur
le plan social, c'est-à-dire sans travail, sans logement,
et souvent sans famille. Or les possibilités de réinsertion
varient énormément d'un secteur à l'autre.
De
quels soins de suite votre secteur dispose-t-il ?
Ici
nous avons un hôpital de jour, qui propose des soins de
réhabilitation, et nous avons plusieurs projets en cours
dont la création d'un Centre d'activité thérapeutique
à temps partiel (CATTP) de 20 places. Cette structure qui
se situe aux frontières de la psychiatrie, proposera un
accompagnement médico-social de réinsertion et de
réadaptation. Nous souhaitons aussi mettre en place une
équipe d'infirmières à domicile.
Est-ce
suffisant pour permettre la réinsertion sociale ?
Quels
sont les obstacles majeurs à la réinsertion ?
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Propos
recueillis par Caroline Faesch
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