Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
La
médecine alternative présentée dans le dossier
de ce mois pourrait bien être pour beaucoup une découverte.
La chiropratique, fraîchement reconnue (mars 2002), peut,
en débloquant les articulations vertébrales et en
agissant sur le système nerveux, améliorer, sinon
résoudre, des problèmes d'ordre psychologique (déprime,
dépression, anxiété, etc.). En un mot quand
ça "débloque" côté psy, on
peut parfois décoincer la situation en passant par le physique.
Plusieurs patients en témoignent .
Sur
le fond, rien d'étonnant : les liens entre le physique
et le psychique sont évidents et bénéficient
d'une reconnaissance de fait dans le langage courant. " En
avoir plein le dos " traduit bien une accumulation de soucis.
Et il n'est pas difficile d'imaginer que la libération
des tensions musculaires ou nerveuses libère le moral et
le mental. Cela montre l'unité foncière de la personne
et en conséquence la nécessité d'une médecine
" globale". Cela situe également la distance
- sinon le gouffre - qui sépare la médecine classique
des alternatives. La première s'en tient souvent aux symptômes
et cherche à les supprimer. Les secondes ont une perception
unifiée de la personne et de son fonctionnement, elles
interrogent sur les causes des maux, cherchent à en trouver
l'origine (dans le cas de la chiropratique : les mini-blocages
dus souvent à des traumatismes anciens) et permettent à
la personne de retrouver son intégrité.
Cette
approche globale concerne aussi notre mode de vie tout entier.
C'est ce que rappelle, par exemple, la médecine traditionnelle
chinoise dont les cinq piliers sont : l'alimentation, l'acupuncture,
la gymnastique énergétique (le Qi Gong), la pharmacopée
(à base de plantes, de minéraux, etc.) et le massage.
L'ensemble visant à réintroduire ou à maintenir
l'harmonie de l'être humain dans son rapport à soi
et à l'univers.
Les démarches alternatives globales sont aujourd'hui incontournables.
Et si l'objet de la médecine officielle était vraiment
la santé de la population - et non les intérêts
conjoints des labos, du système de soins et des professionnels
- elle y porterait attention. Car c'est l'OMS (Organisation mondiale
de la santé) elle-même qui, il y a peu, a tiré
la sonnette d'alarme : nous sommes confrontés à
un ensemble de maladies que nous ne savons pas guérir.
Des maladies dites de civilisation : diabète, obésité,
asthme, maladies cardiovasculaires, cancer, sida On sait
les traiter avec des médicaments que l'on prend à
vie, mais qui ne permettent pas de revenir à son état
de santé antérieur. Ces maladies, dues pour l'essentiel
à nos comportements alimentaires et à nos modes
de vie, sont généralement irréversibles.
La seule façon d'y échapper serait de les prévenir
par une réelle prise en main de sa santé, de son
alimentation, de son hygiène de vie
Mais
cette approche suppose aussi une révolution "copernicienne
" de l'homme occidental. Il faudrait qu'il abandonne l'idéologie
de sa toute puissance technologique capable - pense-t-il à
tort - de résoudre tous les problèmes.
Le cours du monde (la pollution atmosphérique et l'effet
de serre, les pesticides, les cataclysmes ), devrait conduire
à un autre regard sur notre lien si profond, si vital,
avec le vivant, air, terre, mer et tout ce qui s'y meut ! On ne
peut faire l'économie aujourd'hui de cette réflexion
globale, et continuer de se comporter comme des goujats envers
la nature, les populations défavorisées du Sud et
les générations futures !
Un
nombre croissant de nos contemporains refusent de s'en laisser
compter par ceux qui gouvernent le monde au seul profit des intérêts
de quelques multinationales. Le succès de conférences
comme celles que nous avons données au Festival Science
Frontières de Cavaillon et pour les dix ans de l'Institut
Chuzhen ( L'Institut Chuzhen de médecine
chinoise à Paris propose une formation assurée par
des professeurs des universités chinoises) en témoignent.
Parler de santé aujourd'hui a des conséquences sur
notre façon de nous situer dans le monde. Prendre en main
sa santé, ce n'est pas se regarder le nombril ! (Nous
donnerons prochainement à Paris une conférence sur
les médecines alternatives)
En conclusion, je retiendrai cette remarque de madame Jin Siyan,
maître de conférences à l'université
d'Artois, lors de la journée organisée par l'Institut
Chuzhen : " Je ne comprends pas, déclara-t-elle, pourquoi
les Occidentaux dépensent des millions pour soigner leur
corps qui est mortel et va disparaître un jour, alors qu'ils
ne dépensent pas dix centimes pour soigner leur esprit
qui, lui, ne s'éteint pas " À méditer.