Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
MARS
2003
Retrouver
l'élasticité du corps avec l'endobiophilie
L'endobiophilie
est une pratique corporelle qui vise à redonner au corps
son élasticité et sa pleine capacité d'expression,
par une écoute de son propre ressenti. Reportage sur
le chemin de la profondeur et de la légèreté.
"Nous
allons travailler en douceur, à l'écoute de notre
ressenti - corporel et émotionnel-, et aussi à l'écoute
de l'autre. " Ainsi débute le stage d'endobiophilie
auquel m'a conviée Odile Vaz-Géringer, créatrice
de cette nouvelle approche dont le nom est plutôt énigmatique!
Selon ses racines grecques "endon " (dedans), "
bios " (la vie), " philos " (l'amie), l'endobiophilie
est " une pratique corporelle basée sur le respect
de la vie intérieure du corps, à l'écoute
de ce qui a besoin, pour s'épanouir, d'être senti,
entendu et exprimé ". Mise en confiance par cette
invitation dénuée de toute indication technique,
je n'ai qu'à me laisser guider Le premier exercice
commence, allongée sur le dos, un ballon de baudruche placé
sous la nuque. " Sentez le repos, l'abandon du corps sur
le ballon, comprimez-le puis laissez-le rebondir." Une fois
passée la peur de faire crever le ballon, je me laisse
aller à peser davantage dessus (compression) et à
lâcher subitement (rebond), ce faisant je me masse la nuque.
Puis selon les indications d'Odile, je le fais glisser à
hauteur des omoplates, puis des lombaires et du sacrum; à
chaque étape, je joue avec le ballon en le faisant rouler
horizontalement et en alternant les mouvements de compression
et de rebond.
Observer
et sentir
"
Otez le ballon et observez ce qui se passe dans votre corps."
Mon dos me semble élargi, bien aplati sur le sol, ma colonne
vertébrale déliée et assouplie et mon plexus
solaire ouvert. Je suis envahie par le bien-être et je n'ai
plus envie de bouger. Le deuxième exercice s'effectue à
deux. Ma partenaire, debout devant moi assise, me confie son pied
droit, sans le décoller du sol. Je faufile mes doigts sous
sa voûte plantaire afin de "pétrir ses petits
coussinets ". Elle doit ensuite abandonner tout le poids
de sa jambe, que je vais bouger par "des mouvements de rotation,
d'étirement et de flexion, dans une complète improvisation,
sans forcer ". Avant de passer à l'autre jambe, elle
marchera pour ressentir son pied, sa jambe, et la différence
avec le côté gauche.
Le troisième exercice appelle à " l'observation
des mouvements du corps de l'autre et à la prise de conscience
de son élasticité ". Il s'agit pour moi debout,
les genoux légèrement fléchis - pour être
bien ancrée dans le sol - de tirer sur les bras de ma partenaire
accroupie afin de l'amener à se lever. Comment faire ?
Il ne faut justement rien faire, mais seulement observer, sentir
les subtils mouvements qui vont peu à peu traverser le
corps de l'autre (qui au départ pèse de tout son
poids sur le sol). Dont acte ! Par la répétition
de légers mouvements, étirements suivis de relâchements,
je vois le corps de ma partenaire céder à un déséquilibre
apparent avant de rebondir spontanément à la verticale.
Magique!
Comme
un ressort
Un
autre exercice me surprend de la même façon. Ma partenaire
est allongée sur le dos devant moi qui suis assise face
à ses hanches que je masse d'abord avec mes pieds puis
que je pousse, à peine, toujours à l'aide de mes
pieds. Le but de l'exercice est de l'amener à rouler sur
le ventre. " Comme dans l'exercice précédent,
jouez avec l'effet du rebond résultant de la compression
comme si vous jouiez avec un ressort spirale", indique Odile
Vaz-Géringer. "C'est en appuyant sur un ressort que
celui-ci se détend. Il en va de même avec tout tissu
vivant (Peau, muscles, tendons, ligaments, veines,
artères, tissu conjonctif de soutien, fascias, os)
: c'est en le comprimant qu'il va se dilater ; plus on lui donne
du leste, plus il va rebondir. " Etonnant et simple à
la fois! L'extraordinaire est de constater que les mouvements
se déploient naturellement à partir du moment où
les personnes sont à l'écoute, dans le lâcher-prise,
l'abandon de soi (pour la personne passive) et dans l'accueil
de ce qui est en train de se produire. Il est fréquent
qu'au cours des exercices se révèlent des tensions,
des blocages ou des peurs. Il s'agit alors de les observer, de
les apprivoiser et d'apprendre à les relâcher. Un
dernier exercice clôt la matinée: allongés
sur le sol, nous sommes invités " à ressentir
notre bras droit, à l'étirer avec douceur, par paliers
successifs, jusqu'à son seuil maximal, puis à le
laisser revenir subitement, puis vibrer tranquillement ".
Debout, il apparaît plus long que l'autre. L'effet est visible
chez tous les participants. Même chose avec le bras gauche