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MARS 2003

 

Vaccin anti-hépatite B

Le laboratoire Pasteur
à nouveau condamné

Mars 2003

 

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Dans un jugement clairement motivé, le tribunal de Nanterre vient une nouvelle fois de reconnaître le lien de
causalité entre la vaccination anti-hépatite B et la maladie dont souffre une de ses victimes.

 

 

 

"C'est une grande victoire. Je suis très contente, parce que c'est une reconnaissance pour moi, mais aussi, parce qu'elle donne de l'espoir pour l'avenir pour d'autres victimes du vaccin anti-hépatite B souffrant de rectocolite hémorragique " (La RCH est une maladie auto-immune qui se traduit par des lésions au niveau du côlon et du rectum et des diarrhées hémorragiques qui évoluent par poussées). Anne Toczé ne cache pas sa joie de voir aboutir cinq trop longues années de procédure à l'encontre du laboratoire Pasteur-Vaccins (Nous avions donné un premier témoignage d'Anne Toczé en octobre 1997). Le jugement rendu le 20 décembre dernier est clair, net et précis sur la responsabilité de celui-ci.
" Attendu que […] les présomptions réunies au profit de Madame Toczé […] doivent être jugées suffisamment graves, précises et concordantes pour qu'il soit admis qu'a été ainsi rapportée pour elle la preuve d'un lien de causalité de la vaccination de juin-août 1995 à la révélation d'une rechute de rectocolite hémorragique du 18 septembre 1995 […] ", le tribunal de grande instance de Nanterre " déclare la Société Pasteur-Vaccins responsable du préjudice subi par Madame Toczé à l'occasion de sa vaccination par le produit Genhevac B ".

Des douleurs épouvantables

1995 : la campagne de vaccinations contre l'hépatite B bat son plein. Kinésithérapeute, Anne Toczé entend dire qu'elle fait partie des professions exposées. Dès la première injection, elle est atteinte d'une diarrhée importante. " Le lendemain de la seconde injection, je suis clouée au lit par un nouvel épisode diarrhéique avec douleurs épouvantables au rectum. Je suis hospitalisée quelques jours plus tard. Pendant six mois, c'est l'horreur. Outre la reprise de ma RCH, j'ai d'autres manifestations d'origine auto-immune, notamment des douleurs arthritiques. Pendant deux ans, je suis un traitement de corticoïdes à haute dose, que je ne pourrais progressivement diminuer que grâce à un traitement de micro-immunothérapie " (La micro-immunothérapie est dérivée de l'homéopathie, voir les numéros 278 (mai 2001) et 290 (juin 2002)). Certes, il s'agit d'une rechute de sa RCH : Anne Toczé avait déjà subi, en 1981, une première atteinte de cette maladie auto-immune grave. Mais, à la suite d'une intervention chirurgicale (ablation du côlon), sa maladie était stoppée depuis quatorze ans.
Le jugement du tribunal se fonde notamment sur un rapport d'expertise qu'il avait ordonné à la suite d'une demande du fabricant. " Les experts ont bien fait leur travail, mais le représentant de Pasteur n'a cessé de me dénigrer pendant toute la durée de l'expertise, avec des propos très inhumains à mon égard. " Leurs conclusions ont été toutefois plus que mesurées, puisqu'ils estimaient qu'il ne pouvait être formellement affirmé un lien de causalité direct et certain, ni que puisse être formellement éliminé ce lien. Mais le tribunal de Nanterre a tranché nettement en faveur de ce lien. Répondant par avance à une objection constamment avancée par les fabricants du vaccin et de nombreux médecins, il précise que " le tribunal ne saurait fonder son jugement sur le constat d'une impossibilité de la science médicale à reconnaître un lien de causalité direct et certain". " Dès lors qu'existe une possibilité de lien de causalité […], il appartient au tribunal d'en vérifier les éléments constitutifs par tous moyens de preuve réguliers, notamment par présomptions graves, précises et concordantes. "

Vaccin mis en cause dans différentes maladies auto-immunes

Parmi les éléments de preuve qu'il retient, le tribunal note par exemple que l'expertise constate l'absence d'autres causes, et que la documentation scientifique et médicale ainsi que les études épidémiologiques "n'éliminent pas des cas rares, voire exceptionnels, dont le vaccin pourrait être la cause "...

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Régis Pluchet

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