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Dans
un jugement clairement motivé, le tribunal de Nanterre
vient une nouvelle fois de reconnaître le lien de
causalité entre la vaccination anti-hépatite B
et la maladie dont souffre une de ses victimes.
"C'est
une grande victoire. Je suis très contente, parce que c'est
une reconnaissance pour moi, mais aussi, parce qu'elle donne de
l'espoir pour l'avenir pour d'autres victimes du vaccin anti-hépatite
B souffrant de rectocolite hémorragique " (La
RCH est une maladie auto-immune qui se traduit par des lésions
au niveau du côlon et du rectum et des diarrhées
hémorragiques qui évoluent par poussées).
Anne Toczé ne cache pas sa joie de voir aboutir cinq trop
longues années de procédure à l'encontre
du laboratoire Pasteur-Vaccins (Nous avions donné
un premier témoignage d'Anne Toczé en octobre 1997).
Le jugement rendu le 20 décembre dernier est clair, net
et précis sur la responsabilité de celui-ci.
" Attendu que [ ] les présomptions réunies
au profit de Madame Toczé [ ] doivent être jugées
suffisamment graves, précises et concordantes pour qu'il
soit admis qu'a été ainsi rapportée pour
elle la preuve d'un lien de causalité de la vaccination
de juin-août 1995 à la révélation d'une
rechute de rectocolite hémorragique du 18 septembre 1995
[ ] ", le tribunal de grande instance de Nanterre "
déclare la Société Pasteur-Vaccins responsable
du préjudice subi par Madame Toczé à l'occasion
de sa vaccination par le produit Genhevac B ".
Des
douleurs épouvantables
1995
: la campagne de vaccinations contre l'hépatite B bat son
plein. Kinésithérapeute, Anne Toczé entend
dire qu'elle fait partie des professions exposées. Dès
la première injection, elle est atteinte d'une diarrhée
importante. " Le lendemain de la seconde injection, je suis
clouée au lit par un nouvel épisode diarrhéique
avec douleurs épouvantables au rectum. Je suis hospitalisée
quelques jours plus tard. Pendant six mois, c'est l'horreur. Outre
la reprise de ma RCH, j'ai d'autres manifestations d'origine auto-immune,
notamment des douleurs arthritiques. Pendant deux ans, je suis
un traitement de corticoïdes à haute dose, que je
ne pourrais progressivement diminuer que grâce à
un traitement de micro-immunothérapie " (La
micro-immunothérapie est dérivée de l'homéopathie,
voir les numéros 278 (mai 2001) et 290 (juin 2002)).
Certes, il s'agit d'une rechute de sa RCH : Anne Toczé
avait déjà subi, en 1981, une première atteinte
de cette maladie auto-immune grave. Mais, à la suite d'une
intervention chirurgicale (ablation du côlon), sa maladie
était stoppée depuis quatorze ans.
Le jugement du tribunal se fonde notamment sur un rapport d'expertise
qu'il avait ordonné à la suite d'une demande du
fabricant. " Les experts ont bien fait leur travail, mais
le représentant de Pasteur n'a cessé de me dénigrer
pendant toute la durée de l'expertise, avec des propos
très inhumains à mon égard. " Leurs
conclusions ont été toutefois plus que mesurées,
puisqu'ils estimaient qu'il ne pouvait être formellement
affirmé un lien de causalité direct et certain,
ni que puisse être formellement éliminé ce
lien. Mais le tribunal de Nanterre a tranché nettement
en faveur de ce lien. Répondant par avance à une
objection constamment avancée par les fabricants du vaccin
et de nombreux médecins, il précise que " le
tribunal ne saurait fonder son jugement sur le constat d'une impossibilité
de la science médicale à reconnaître un lien
de causalité direct et certain". " Dès
lors qu'existe une possibilité de lien de causalité
[ ], il appartient au tribunal d'en vérifier les éléments
constitutifs par tous moyens de preuve réguliers, notamment
par présomptions graves, précises et concordantes.
"
Vaccin
mis en cause dans différentes maladies auto-immunes
Parmi
les éléments de preuve qu'il retient, le tribunal
note par exemple que l'expertise constate l'absence d'autres causes,
et que la documentation scientifique et médicale ainsi
que les études épidémiologiques "n'éliminent
pas des cas rares, voire exceptionnels, dont le vaccin pourrait
être la cause "...