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MARS 2003

 

Les pères fondateurs

Mars 2003

 

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En 1895, Daniel David Palmer découvre ce qu'il appellera la chiropratique.

 

 

 


" Le hasard fait bien les choses ", dit-on. C'est fortuitement que Daniel David Palmer découvrit l'art qu'il appela " chiropractic ". Né en 1845 dans une famille pauvre, près de Toronto, à l'époque un village, il part à vingt ans avec son frère Thomas pour les États-Unis, quelques dollars en poche. La Guerre de Sécession vient de se terminer et de nouveaux horizons s'ouvrent aux pionniers. Thomas devient journaliste dans l'Iowa et éditeur d'un journal qui existe toujours: le What Cheer Patriot. Daniel David fait fortune dans l'Illinois comme arboriculteur et apiculteur. En 1875, il se marie et ouvre une épicerie. Son mariage n'est guère heureux, sa femme meurt alcoolique en 1884. Peu après, Palmer s'installe comme magnétiseur à Davenport, près de son frère. La maladie et le décès de sa femme ne sont sans doute pas étrangers à ce changement d'orientation. Mais aussi le succès de la naturopathie, de l'homéopathie et des pratiques de soins comme le magnétisme, alors que la médecine classique est encore mal organisée et souvent peu efficace. Palmer est également marqué par les courants spiritualistes.

Découverte de la subluxation

En 1895, il reçoit en consultation un domestique Noir, Harvey Lillard, sourd depuis dix-sept ans. Ayant dû effectuer un travail dans une position courbée, celui-ci avait senti quelque chose lâcher dans son dos et était devenu sourd au même moment. Palmer essaie en vain les passes magnétiques, puis, examinant sa colonne, il découvre une vertèbre " désengrenée ". Deux petites manœuvres remettent " l'engrenage" en place et son patient retrouve aussitôt l'ouïe. Pour Palmer, c'est une révélation. Depuis longtemps, il réfléchit aux causes des maladies de ceux qui le consultent. Il vient d'en trouver une : la " subluxation ", et une technique : " l'ajustement ", et pressent le rôle central de la colonne vertébrale et de ses relations avec le système nerveux. Palmer lit beaucoup et apprend l'anatomie seul. Deux ans plus tard, il ouvre une école qui prendra ensuite le nom de " Palmer College of chiropractic " (ce collège existe toujours). Doué d'un sens aigu de l'observation, il excelle dans son nouveau métier.

Il constitue " une collection formidable de spécimens osseux ", des squelettes et colonnes vertébrales notamment, signale Pierre-Louis Gaucher-Peslherbe Cet historique est fondé sur les deux remarquables ouvrages, aujourd'hui introuvables, de Pierre-Louis Gaucher-Peslherbe, docteur en histoire, titulaire d'un doctorat en chiropratique aux États-Unis : " La chiropratique : contribution à l'histoire d'une discipline marginalisée " et "Santé et marginalité : lieu de méconnaissance ", actes d'un colloque scientifique international sur la chiropratique, tenu en 1992 à Paris (épuisé)). Il s'entoure de médecins et de chirurgiens, dont plusieurs figurent parmi ses premiers élèves et parmi ses premiers enseignants. Il se passionne aussi pour la radiologie alors débutante. Mais sa réputation grandissante suscite des controverses. En 1906, il passe trois semaines en prison pour exercice illégal de la médecine. Il cède la direction de son école à son fils Barlett Joshua Palmer et quitte l'Iowa. Commence une nouvelle période d'errance, marquée par la création de plusieurs écoles, mais aussi de nombreuses dissensions. Palmer n'a pas toujours bon caractère et n'admet pas que certains envisagent la reformulation de sa méthode sur d'autres bases ou son mélange avec la médecine classique. Une mésentente croissante s'installe avec son fils. Victime d'un accident de voiture dont il pense que ce dernier est responsable, il meurt en 1913, à l'âge de 68 ans.

Un développement sur des bases scientifiques

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R. P.

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