Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
En
1895, Daniel David Palmer découvre ce qu'il appellera
la chiropratique.
"
Le hasard fait bien les choses ", dit-on. C'est fortuitement
que Daniel David Palmer découvrit l'art qu'il appela "
chiropractic ". Né en 1845 dans une famille pauvre,
près de Toronto, à l'époque un village, il
part à vingt ans avec son frère Thomas pour les
États-Unis, quelques dollars en poche. La Guerre de Sécession
vient de se terminer et de nouveaux horizons s'ouvrent aux pionniers.
Thomas devient journaliste dans l'Iowa et éditeur d'un
journal qui existe toujours: le What Cheer Patriot. Daniel David
fait fortune dans l'Illinois comme arboriculteur et apiculteur.
En 1875, il se marie et ouvre une épicerie. Son mariage
n'est guère heureux, sa femme meurt alcoolique en 1884.
Peu après, Palmer s'installe comme magnétiseur à
Davenport, près de son frère. La maladie et le décès
de sa femme ne sont sans doute pas étrangers à ce
changement d'orientation. Mais aussi le succès de la naturopathie,
de l'homéopathie et des pratiques de soins comme le magnétisme,
alors que la médecine classique est encore mal organisée
et souvent peu efficace. Palmer est également marqué
par les courants spiritualistes.
Découverte
de la subluxation
En
1895, il reçoit en consultation un domestique Noir, Harvey
Lillard, sourd depuis dix-sept ans. Ayant dû effectuer un
travail dans une position courbée, celui-ci avait senti
quelque chose lâcher dans son dos et était devenu
sourd au même moment. Palmer essaie en vain les passes magnétiques,
puis, examinant sa colonne, il découvre une vertèbre
" désengrenée ". Deux petites manuvres
remettent " l'engrenage" en place et son patient retrouve
aussitôt l'ouïe. Pour Palmer, c'est une révélation.
Depuis longtemps, il réfléchit aux causes des maladies
de ceux qui le consultent. Il vient d'en trouver une : la "
subluxation ", et une technique : " l'ajustement ",
et pressent le rôle central de la colonne vertébrale
et de ses relations avec le système nerveux. Palmer lit
beaucoup et apprend l'anatomie seul. Deux ans plus tard, il ouvre
une école qui prendra ensuite le nom de " Palmer College
of chiropractic " (ce collège existe toujours). Doué
d'un sens aigu de l'observation, il excelle dans son nouveau métier.
Il constitue " une collection formidable de spécimens
osseux ", des squelettes et colonnes vertébrales notamment,
signale Pierre-Louis Gaucher-Peslherbe Cet historique
est fondé sur les deux remarquables ouvrages, aujourd'hui
introuvables, de Pierre-Louis Gaucher-Peslherbe, docteur en histoire,
titulaire d'un doctorat en chiropratique aux États-Unis
: " La chiropratique : contribution à l'histoire d'une
discipline marginalisée " et "Santé et
marginalité : lieu de méconnaissance ", actes
d'un colloque scientifique international sur la chiropratique,
tenu en 1992 à Paris (épuisé)). Il
s'entoure de médecins et de chirurgiens, dont plusieurs
figurent parmi ses premiers élèves et parmi ses
premiers enseignants. Il se passionne aussi pour la radiologie
alors débutante. Mais sa réputation grandissante
suscite des controverses. En 1906, il passe trois semaines en
prison pour exercice illégal de la médecine. Il
cède la direction de son école à son fils
Barlett Joshua Palmer et quitte l'Iowa. Commence une nouvelle
période d'errance, marquée par la création
de plusieurs écoles, mais aussi de nombreuses dissensions.
Palmer n'a pas toujours bon caractère et n'admet pas que
certains envisagent la reformulation de sa méthode sur
d'autres bases ou son mélange avec la médecine classique.
Une mésentente croissante s'installe avec son fils. Victime
d'un accident de voiture dont il pense que ce dernier est responsable,
il meurt en 1913, à l'âge de 68 ans.