Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Pour
surmonter le traumatisme de la maladie, celui des traitements,
parfois pour réapprendre à vivre, le recours à
un psychologue peut être nécessaire.
Il
est naturel de se sentir perdu, désespéré,
face au traumatisme que constituent l'annonce et le traitement
d'une maladie grave. Pour la Ligue contre le cancer, cette annonce
" crée une crise psychologique : émotions fortes,
difficulté à se concentrer au moment où il
faut comprendre des informations médicales compliquées
et angoissantes " Ce choc peut réveiller des
expériences antérieures douloureuses. Les traitements
peuvent aussi faire peur. On peut se poser des questions sur la
maladie comme sur son sens : " Ce n'est pas possible, les
médecins se sont trompés ", "Vais-je
mourir ou guérir ? ", " Pourquoi moi ? ",
" Qu'ai-je fait ? ", " Suis-je responsable de ma
maladie ? " Au même moment, il faut interroger
le médecin. On a besoin d'être informé, ne
serait-ce que pour participer aux choix thérapeutiques.
La règle du " consentement éclairé "
veut en effet que le patient participe aux décisions concernant
son traitement en connaissance de cause. On peut vouloir exprimer
ce que l'on ressent à des soignants ou à des proches
sans y parvenir. "La parole permet de se libérer d'émotions
contenues, de dire ses espoirs, ses inquiétudes",
expliquent les membres de la Ligue contre le cancer. Pour de nombreux
malades, cette expression reste difficile. Le médecin peut
y aider par son écoute. L'intervention d'un " psy
" est parfois nécessaire, qu'il s'agisse d'un psychologue,
d'un psychanalyste ou d'un psychiatre. Elle peut aider le patient
à gérer la détresse liée à
la maladie. Certains malades préfèrent échanger
avec d'autres patients : c'est l'objet des " groupes de paroles
", généralement animés par un psychologue
ou un psychanalyste.
Chacun de nous, à un moment de sa maladie " peut connaître
une période de crise ", rappelle Sylvie Pucheu, psychologue
et coauteure de "Comment vivre avec un cancéreux ".
Cela peut être l'annonce du diagnostic ou de celui de son
conjoint, de ses enfants ou d'un proche, avec les changements
que cela suscite dans la vie de chacun. Pour le patient, une maladie,
surtout si elle est grave, " entraîne une déstabilisation
de l'être", explique Sylvie Pucheu. Ce traumatisme
suscite "des réactions normales d'anxiété,
de dépression, voire d'agressivité ". Elles
sont parfois difficiles à surmonter. Dès ce stade,
un soutien psychologique peut aider.