Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
N'est-il
pas dérisoire de s'interroger sur la mise en cause de certains
confrères et journaux, alors qu'en Irak, des hommes, des
femmes et des enfants aussi, se retrouvent face à une mort
programmée de longue date ?
Je ne le pense pas. Car ce qui pose question - à Paris
comme au Moyen-Orient - c'est la fiabilité ou la manipulation
des informations données au grand public. Et les procédés
sont les mêmes : qu'ils soient d'État ou privés,
qu'ils viennent des gouvernements, de l'industrie ou des groupes
pharmaceutiques, les lobbies essaient - par journalistes interposés
- d'imposer leur propre logique.
Le 6 mars dernier se tenait à Paris un procès qui
portait sur l'information en matière de médicaments.
Dépend-elle - un peu, beaucoup, trop, totalement - des
labos et de leurs liens avec des journalistes complaisants ? Philippe
Coste, journaliste de l'AFP (l'Agence France Presse fournit des
dépêches à toute la profession) attaquait
en diffamation Prescrire, revue de référence en
matière de médicaments. En juillet-août 2001,
elle avait reproduit sa dépêche pour un médicament
anti-obésité, en la présentant avec un titre
et un commentaire cinglants : " À quoi joue l'AFP?
Publicité rédactionnelle ou crédulité
? "
Certains journalistes de santé appelés à
la barre ont révélé des dérives inquiétantes.
Antoine Vial, qui fut producteur d'une émission médicale
à France-Culture, déclara : " PR International
(une agence de communication, NDLR) organise deux fois par an
un Club Santé qui emmène tous frais payés
trente journalistes de tous les médias au Vietnam, à
Cuba, en Californie, dans des palaces, et propose sur place des
topos sur des maladies et du tourisme. " À charge,
pour les invités de renvoyer l'ascenseur, bien sûr
! On le savait déjà depuis la parution du livre
d'Eric Giacometti (1), mais cela méritait d'être
entendu en justice. Le jugement sera rendu le 28 avril prochain.
À qui se fier ? Car dans le même temps, nous apprenions
dans La face cachée du Monde de Pierre Péan et Philippe
Cohen que le quotidien n'était pas au-dessus de tout soupçon.
Si nous n'avons pas les moyens de juger de la pertinence du livre
quant aux éventuelles manigances de la direction du journal,
en revanche, nous avons observé - et certaines victimes
du vaccin anti-hépatite B nous interpellent régulièrement
sur ce point - qu'en matière de santé Le Monde est
loin d'être une référence.
Ainsi ses lecteurs (dont beaucoup de médecins !) n'ont
jamais été informés de l'existence d'un lien
- imputable sinon prouvé statistiquement - entre le vaccin
et ses effets secondaires graves. Pas la moindre interview ou
enquête sur les personnes handicapées à la
suite de la vaccination (au minimum 2 000 !) ou sur leur association,
le Revahb (2) Le journal opère un choix partisan
dans l'information la plus officielle. On lisait par exemple dans
le numéro du 8 mars 2000 sous le titre : " De nouvelles
études confirment
l'innocuité du vaccin de l'hépatite B ", cette
citation - moins affirmative!- de la très officielle Agence
française de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps) : " Les résultats permettent
d'exclure l'existence d'un risque élevé " [ ].
Pour autant " l'existence d'un risque faible n'est pas exclu"
Et nous, à ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient, serions-nous
plus objectifs que les autres ? Il ne s'agit pas de distribuer
des bons points !! Nous aussi, nous faisons des choix éditoriaux.
Mais dans l'évaluation difficile du bénéfice-risque,
nous ne minimisons pas ce dernier ! Quand il y a un doute avéré
sur un médicament, des pratiques médicales ou une
thérapie, nous en informons nos lecteurs. Certains estiment
peut-être que 2000 victimes " non prouvées "
(mais néanmoins, pour une cinquantaine d'entre elles, indemnisées
par l'État ou reconnues par les tribunaux), c'est peu au
regard des 27 millions de vaccinés, nous, nous pensons
que c'est trop.
Le bon sens populaire veut que " c'est vrai parce que c'est
dans le journal " ! C'est loin d'être toujours le cas.
Le pouvoir des médias n'a de sens que s'il est au service
du public et non d'intérêts partisans ou catégoriels.
À tout le moins, il faut que les choix soient clairs. Le
nôtre est celui des patients et des victimes.
(1)
La Santé publique en otage, éd. Albin Michel.
(2) Réseau vaccin hépatite B (Revahb) : 8, rue Joséphine,
94170 Le Perreux-sur-Marne. Tél. : 01 48 71 80 20.