Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Penser
qu'il suffit de faire un régime pour perdre du poids est
une illusion. Pour changer de comportement alimentaire en profondeur,
on peut avoir besoin d'un apport de sérotonine.
Nathalie,
50 ans, arrête de fumer et prend dans la foulée,
grignotages compensatoires aidant, une dizaine de kilos. Ajoutés
à ceux déjà accumulés, sa silhouette
s'alourdit. Elle doit s'habiller en 50-52, une "grande "
taille exigée par ses 95 kilos !
Elle décide de restreindre ses apports alimentaires. Les
résultats qui suivent sont rapidement encourageants puis
désespérants, le plus petit écart de conduite
voit l'aiguille de la balance repartir en zone rouge. " À
chaque fois, c'était comme un coup d'épée
dans l'eau, je perdais puis je reprenais avec dans le même
temps un surplus inattendu. Je ne me sentais pas bien dans ma
peau, le moindre effort me laissait essoufflée et un tassement
de disques intervertébraux m'occasionnait des problèmes
de dos de plus en plus difficiles à supporter. "
Elle consulte et se voit conseiller une diète protéinée
qu'elle suit scrupuleusement : en 9 mois, 18 kilos disparaissent.
À Noël, elle se " lâche " un peu sur
les chocolats et un conflit au travail en janvier a finalement
raison de ses bonnes résolutions, elle se sent prise à
nouveau dans " une spirale infernale ". Sa médecin,
psychologue, entend les soucis que Nathalie évoque, et
l'aide à prendre du recul. " Cela m'a franchement
aidée d'en parler avec elle, reconnaît-elle. Je n'aborde
plus mon rôle de la même manière et me sens
beaucoup moins angoissée. " En même temps, sa
médecin lui recommande un produit diététique
riche en tryptophane, un acide aminé précurseur
de la sérotonine, un neuromédiateur qui a une action
bénéfique sur les troubles de l'humeur et la régulation
de l'appétit. "En quelques jours, je me suis sentie
mieux moralement, j'ai recommencé à faire attention
à ce que je mangeais, sans ressentir, cette fois, d'envie
de chocolats ou de sucre, et tout est rentré dans l'ordre."
Difficultés
au bout d'une à deux semaines de diète
Les
médecins qui accompagnent les personnes désireuses
de perdre du poids connaissent bien ces difficultés survenant
au bout d'une à deux semaines de diète. " L'irritabilité,
des difficultés à dormir, l'envie de choses sucrées,
une tendance au grignotage dénotent souvent un manque de
sérotonine, indique la Dre Laurence B., diplômée
en nutrition, experte en micronutrition. Et si celui-ci n'est
pas corrigé, il sera impossible de continuer les efforts
demandés. " Précaution utile avant toute velléité
de régime : évaluer les taux de neuromédiateurs
et particulièrement celui de sérotonine dont "
le déficit est facilement dépistable à partir
de quelques questions bien posées, indique le Dr Didier
Chos, directeur de l'Institut européen de diététique
et de micronutrition. Cela est d'autant plus important que tous
les régimes hypocaloriques en-dessous de 1200 kilocalories
n'apportent pas suffisamment de tryptophane pour satisfaire à
la fabrication de sérotonine indispensable pour résister
à la tentation du grignotage. "