Alternative
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
L'endométriose
reste une maladie gynécologique mystérieuse. Pourtant,
des traitements bien adaptés, faisant aussi bien appel
à la médecine classique qu'à des techniques
alternatives, permettent aux femmes de l'apprivoiser.
Alice,
23 ans, a une endométriose. " L'endomètre est
la muqueuse tapissant les parois internes de l'utérus.
Il est éliminé pendant les règles. L'endométriose
est le développement anormal de cette muqueuse à
l'extérieur de l'utérus ", lui a expliqué
le médecin (lire encadré Physiologie, page 37).
Des kystes de la taille d'une tête d'épingle recouvrent
une partie de son utérus, l'ovaire et la trompe gauche.
Les cas d'endométriose sont de plus en plus fréquents
car de mieux en mieux diagnostiqués grâce à
l'échographie et surtout à la clioscopie,
une intervention chirurgicale qui permet d'explorer les organes
du petit bassin. Ils concerneraient au moins 5 % de la population
féminine, environ 40 % des patientes infertiles et presque
80 % des femmes souffrant de douleurs chroniques au niveau du
petit bassin. Cette maladie survient en général
entre 25 et 45 ans, ses causes restent inexpliquées.
" Je souffrais depuis plusieurs mois de douleurs dans le
bas-ventre, surtout pendant mes règles. Ma gynécologue
a d'abord pensé à une infection, car l'échographie
montrait une inflammation. Mais l'antibiotique ne m'a pas soulagée.
Elle m'a envoyée faire une clioscopie ",
se souvient Alice.
Les douleurs qui affectent le bas-ventre pendant les menstruations
(parfois, avant ou après), irradient quelquefois au niveau
des jambes ou dans le bas du dos. Elles peuvent survenir pendant
les relations sexuelles. Des règles abondantes et irrégulières
peuvent aussi être des symptômes révélateurs.
Géraldine, 26 ans, a souffert plusieurs années avant
de rencontrer un médecin qui diagnostique la maladie. "
J'ai vu de nombreux gynécologues Un jour, chez un
ami, j'ai été prise de douleurs intolérables.
J'ai dû consulter immédiatement un généraliste
C'est le premier à m'avoir parlé d'endométriose.
"
Le diagnostic est souvent tardif. La maladie peut être suspectée
lors d'un toucher vaginal ou d'une bonne échographie. Mais,
seule la clioscopie permet de l'identifier clairement. D'autre
part, certaines femmes ne ressentent aucun symptôme, on
parle dans ce cas d'endométriose silencieuse. La maladie
est alors découverte par hasard, souvent lors de problèmes
de fertilité.
Les
solutions de la médecine classique
L'allopathie
propose selon les cas l'hormonothérapie et la chirurgie.
" Le traitement est d'abord médical, écrit
Anne de Kervasdoué, gynécologue, dans son livre
"Questions de femmes", il cherche à créer
un état de pseudo-grossesse en bloquant l'ovulation et
la menstruation " (lire encadré). Dans bien des
cas, la prescription de progestatifs purs (médicaments
dérivés de la progestérone) ou de pilules
classiques à dominante progestative, pendant un an au moins,
suffit à faire disparaître les douleurs et à
diminuer l'importance des lésions. Les effets secondaires
sont minimes. Plus efficace, le Danazol est une hormone synthétique
qui bloque les hormones hypophysaires (lire encadré). Mais
il n'évite pas les risques de récidive après
l'arrêt du traitement. Une autre famille de médicaments,
les Analogues de la LHRH (lire encadré), est réservée
aux formes avancées, et crée un climat de post-ménopause
temporaire. Les effets secondaires du Danazol et des Analogues
de la LHRH sont plus importants (bouffées de chaleur, nausées,
sécheresse vaginale, modification de la pilosité
et de la voix, peau grasse, prise de poids, tendance dépressive ).
" Le traitement chirurgical concerne les femmes souffrant
d'infertilité qui ne sont soulagées par aucune thérapeutique
médicale, poursuit Anne de Kervasdoué, il consiste,
tout en conservant les organes de la reproduction, à éliminer
les gros nodules, à enlever les kystes endométriosiques
sans altérer les ovaires et à libérer les
adhérences qui gênent la mobilité des trompes.
" On remarque pourtant que l'endométriose a tendance
à récidiver sur les cicatrices de la chirurgie.
Chez certaines femmes, l'intensité de la douleur est telle
qu'on pratiquera une hystérectomie partielle (ablation
de l'utérus), ou totale (ablation supplémentaire
des ovaires et des trompes).
" Deux événements physiologiques naturels sont
à même de les guérir provisoirement ou définitivement,
ajoute la Dre Anne de Kervasdoué. La grossesse fait régresser
les lésions et atténue les symptômes, la ménopause
éteint définitivement la maladie. Mais, on ne peut
pas toujours proposer la première comme moyen thérapeutique,
ni faire éternellement patienter jusqu'à la deuxième
! "
Alice a pris un progestatif pendant presque huit mois, le Lutenyl.
" Les douleurs se sont estompées, mais n'ont pas complètement
disparu. Je supportais de plus en plus mal le traitement: j'étais
irritable, j'avais continuellement des nausées, des bouffées
de chaleur, des maux de tête J'ai décidé
de l'arrêter. "
Les traitements médicaux soulagent les symptômes,
et stoppent le développement de la maladie. Mais ils ne
conviennent pas à toutes.
Et en alternative
Jocelyne
Greco, médecin homéopathe, spécialisée
dans les problèmes gynécologiques, remarque que
les femmes concernées sont des femmes stressées,
angoissées, à terrain spasmophile. " Pour soigner
la maladie, j'observe les symptômes cliniques (le type de
douleur). Il s'avère que les douleurs décrites sont
très proches de celles présentées par des
malades ayant des colites spasmodiques. Dans le cas de l'endométriose,
ces douleurs sont cycliques. J'ai découvert que le traitement
d'un terrain spasmophile est adapté à l'endométriose.
Certains pensent que le développement de la maladie serait
dû à un reflux des règles vers l'extérieur
de l'utérus. Ce reflux pourrait être provoqué
par des spasmes au niveau des organes génitaux "
La Dre Jocelyne Greco recherche le médicament homéopathique
associé à chaque type de douleurs : les sels de
magnésium pour les spasmes, la coloquinte pour les douleurs
qui obligent à se plier en deux, la bryone pour celles
soulagées seulement par l'immobilité Ensuite,
elle intervient sur le problème hormonal: la folliculine
(à dose homéopathique) atténue l'intensité
de la sensibilité des récepteurs aux strogènes.
Un traitement de terrain accompagne le tout : il s'agit de soigner
l'hypersensibilité au stress de la patiente. Des médicaments
homéopathiques y remédieront. L'alimentation est
aussi à surveiller, les laitages à éviter.
Enfin, on fera attention à tout ce qui peut favoriser les
spasmes (tabac, café ).
" Un traitement de fond dure environ une année, explique
Jocelyne Greco. Je n'oublierai jamais l'une de mes premières
patientes : l'échographie montrait un énorme kyste
d'endométriose. La chirurgie était le seul recours
selon son gynécologue. Elle a suivi entre-temps le traitement
homéopathique. Le jour de l'opération, ils se sont
rendu compte que le kyste avait complètement disparu !"
Selon la Dre Greco, l'ostéopathie et l'acupuncture peuvent
aussi être efficaces contre la douleur. Elles stimulent
et rééquilibrent les énergies dans le petit
bassin.
La naturopathie apporte d'autres solutions. Rina Nissim, naturopathe
spécialisée en gynécologie, explique dans
son manuel " Mamamélis " que les patientes concernées
ont, en plus d'un déséquilibre hormonal et d'une
stagnation d'énergie dans le petit bassin, un foie faible.
À son avis, l'endométriose est liée à
une consommation excessive d'hormones par traitements médicaux
et par voie alimentaire (viande aux hormones ou eau du robinet)
et à une intoxication aux métaux lourds (présents
dans les amalgames dentaires, dans certains produits du monde
du travail )...