Alternative
Santé - L'Impatient, ,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
L'affaire
est entendue, le Français mange trop gras, il grossit et
ses artères se bouchent le mettant à portée
de l'accident vasculaire ou cardiaque. Suffit-il alors de consommer
" allégé " ? Pas si simple.
50
% de notre matière grise et 70% de notre matière
blanche, qui composent à elles deux l'essentiel du cerveau,
sont constituées de lipides.
Vraiment
indispensables
Quatre
vitamines : A, D, E, K, dites liposolubles car liées aux
graisses, ont des rôles importants. La vitamine A est impliquée
dans la vision, dans le processus de croissance et la différenciation
des tissus. Elle intervient également dans la reproduction,
stimule les processus immunitaires et permet de se défendre
contre les infections.
La vitamine D est une pièce maîtresse du métabolisme
du calcium et du phosphore.
La vitamine E possède des propriétés antiradicaux
libres, elle aurait donc un rôle protecteur contre un grand
nombre de dégénérescences: cataracte, maladie
de Parkinson, maladie d'Alzheimer
La vitamine K enfin est essentielle à la coagulation et
joue sans doute un rôle dans la calcification des os et
des dents.
Les acides gras eux-mêmes constituent l'élément
de base des triglycérides. Certains, appelés essentiels,
ont un rôle irremplaçable, et doivent être
apportés par l'alimentation. Il s'agit des acides gras
polyinsaturés (linoléique et alphalinolénique).
Chefs de file de la famille des oméga 6 et des oméga
3, qui participent à la différenciation et la division
cellulaire, l'agrégation plaquettaire et les réactions
inflammatoires, allergiques et immunitaires, les oméga
3 sont considérés comme des protecteurs contre l'artériosclérose
(Une consommation régulière de poissons
riches en oméga 3 entraîne une diminution de la mortalité
par infarctus du myocarde (voir
dossier cholestérol, ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient
n° 287).
Compte tenu de leur importance, il est impossible de se passer
de lipides. Que signifie alors le message " allégez
vos graisses ", sous-entendu "perdez du poids ",
véhiculé par les produits étiquetés
" basses calories"? Il existe des mauvaises graisses,
riches en acides gras saturés, étroitement associées,
elles, à la mortalité coronarienne et par cancers.
C'est donc la quantité de ces graisses-là, essentiellement
d'origine animale, qu'il faut réduire dans nos assiettes.
Le lait écrémé, les crèmes et desserts
laitiers réalisés à partir de ce lait ont
une teneur réduite en matières grasses. Ils sont
intéressants pour la santé. Comme les steaks hachés
5 % de MG, puisque les morceaux de viande choisis pour leur fabrication
sont moins gras que les "persillés". Il en va
différemment pour la cuisine industrielle, car on en enlève
ici, mais on en rajoute là Cela ressemble au beurre,
a le goût du beurre mais ce n'est pas du beurre "
Tout est substituable dans un aliment, c'est de la chimie alimentaire,
résume Jean-Luc Ilari, professeur de génie alimentaire
à l'École nationale des industries agroalimentaires
de Nantes (44). On sait par exemple reconstituer des "fibres
musculaires" à partir de protéines filées,
et créer ainsi du "bacon", remplacer les boyaux
naturels par des peaux (pour saucisson) à base de polymères.
Ce n'est plus de la transformation traditionnelle de matières
premières agricoles, mais de la maîtrise des matériaux
constitutifs et de la formulation des aliments."
L'allégé
déculpabilise
Les
additifs nécessaires (émulsifiants, colorants, arômes,
agents de texture et de conservation) et les opérations,
comme l'hydrogénation des huiles, ne sont pas tous innocents
et certains sont suspectés d'effets indésirables
sur la santé. Ainsi on trouve dans l'ilô Saint-Hubert
léger à tartiner, un E 476, émulsifiant et
stabilisant susceptible de " modifier la perméabilité
de la paroi intestinale et favoriser le déclenchement des
allergies, peut-on lire dans le Guide des additifs alimentaires
(Écrit par Maria Denil, Marie-Rose Cavalier
et Paul Lannoye, édité par le Groupe des Verts au
Parlement européen). Autorisé pour les pâtes
à tartiner et assaisonnements à faible et à
très faible teneur en matières grasses, la dose
journalière admissible de E 476 peut être facilement
dépassée, chez les enfants notamment ".
Tout aussi grave : " Le recours aux allégés,
indique Christophe Placé dans Le Guide de l'anti-Malbouffe
est un leurre puisqu'il engendre chez le consommateur une baisse
de vigilance vis-à-vis des matières grasses (parfois
plus nocives) des autres aliments. " L'allégé
déculpabilise à peu de frais (avec peu d'effort
s'entend), et invite à se relâcher par ailleurs.
" Je suis effarée, raconte cette jeune femme, du comportement
de mes collègues. Elles perdent en un instant - le temps
de manger un bon morceau de fromage bien gras -, le bienfait du
produit allégé qu'elles ont utilisé précédemment.
" Sans compter qu'obnubilés par le terme " allégé
", les consommateurs omettent de regarder de plus près
l'aliment : même allégées, les cacahuètes,
les frites et les chips restent grasses!