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Le dégraissage de la pharmacopée française
se poursuit. Le critère du Service médical
rendu (SMR) retenu pour évaluer l'efficacité
des quelque 4 500 médicaments disponibles dans l'Hexagone
est d'une redoutable efficacité. Concrètement,
au vu du dossier d'évaluation fourni par les laboratoires,
une commission d'experts jugent " bon ", "
modéré " ou " insuffisant ",
le SMR de chaque médicament.
Premier défaut de l'analyse : les produits mis sur
le marché à une époque où les
procédures étaient moins exigeantes n'ont
pas l'argumentaire "béton" des nouvelles
molécules. Faute de temps et d'argent nécessaires
à la ré-expérimentation, les prétentions
d'action sont souvent difficiles à défendre
et le couperet tombe: SMR "insuffisant ". Deuxième
biais, les allégations usurpées, du moins
au sens strict. C'est le cas des veinotoniques, prétendant
réduire les problèmes veineux et de varices.
Soulageant seulement le symptôme de jambes lourdes
et n'améliorant pas stricto sensu la circulation
de retour, leur SMR a été considéré
comme nul. Tant pis pour les personnes travaillant debout
(coiffeuses, repasseuses, vendeuses
) qui y trouvaient
un adoucissement à leur peine.
En septembre 2000, 835 spécialités obtenaient
un SMR insuffisant pour prétendre à un remboursement,
mais le ministère de la Santé s'était
abstenu de toute mesure.
Avril 2003, coup de tonnerre: le remboursement de 617 médicaments
au SMR estimé "modéré" ou
" faible " passe de 65 à 35 % dès
le 20 mai. Le gouvernement espère économiser
ainsi 400 millions d'euros, sur les 14 milliards de dépenses
de santé. Une économie de bouts de chandelle
jugent les pharmaciens. Un non-remboursement qui devra être
supporté par les Français ou leurs mutuelles,
en échange d'une augmentation des cotisations.
Autre
mauvaise nouvelle, les 835 spécialités au
bénéfice médical estimé insuffisant
se verront totalement non remboursées d'ici le 1er
juillet 2005.
Qu'il
faille dépoussiérer la pharmacopée
française, c'est certain ! Qu'il faille faire des
économies, c'est évident ! Que l'assuré
social fasse les frais de cette politique, c'est autre chose
! Car enfin, qui lui " ordonne " par ordonnance
les médicaments, au lieu parfois de parler et de
donner des conseils d'hygiène et de prévention
?
Pourquoi la France ne réussit-elle pas à imposer
le recours aux médicaments génériques
moins chers? Pourquoi a-t-elle tardé à indexer
le remboursement des médicaments sur le tarif de
leur version générique (décision applicable
à partir du 1er juillet alors qu'elle est déjà
effective en Allemagne) ?
En différenciant les maladies banales - non prises
en charge - des gros risques, le gouvernement oublie que
les premières font souvent le lit des seconds. Il
voudrait faire croire que la maîtrise comptable des
dépenses de santé tient lieu et place de sa
politique de santé, qu'il ne se comporterait pas
autrement.
C.
B.
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