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JUIN 2003

 

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SRAS : Les français inquiets


L'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) poursuit sa progression mondiale. Les derniers bilans font état de plus de 6 500 personnes contaminées et de 450 décès. Deux nouveaux cas ont été diagnostiqués début mai en France. Les deux malades, hospitalisés dans la région Nord Pas-de-Calais, revenaient d'un séjour de travail de six semaines en Chine. La vigilance doit donc être maintenue sur le territoire national. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) estime cependant que la situation générale s'améliore. L'épidémie est considérée comme terminée au Vietnam et en voie de régression au Canada. Par contre la situation reste préoccupante en Chine, où la crise semble loin d'être finie. Chaque jour, près de 200 nouveaux cas y sont recensés.
Les recherches sur ses effets se poursuivent activement. Une étude publiée récemment dans la revue médicale The Lancet démontre que la population la plus vulnérable est celle des plus de 60 ans. Pour cette tranche d'âge, le taux de mortalité dû à la pneumopathie atypique pourrait atteindre 55 %, alors qu'elle tourne autour de 4 % pour les autres(1).

La transmission aérienne (toux, éternuements, postillons) semble constituer le mode de contamination principal, mais une équipe de chercheurs à Hong Kong a découvert que le virus peut survivre quatre jours dans les selles humaines sous forme de diarrhées. Découverte inquiétante, puisqu'elle évoque l'existence d'une transmission fécale-orale. Mais n'oublions pas que de nombreux virus et bactéries sont présents dans les excréments, comme ceux de l'hépatite B ou du choléra.

D'autres scientifiques sont plus rassurants : ils ont constaté que l'utilisation de produits désinfectants ordinaires (éthanol, acétone) peut tuer le virus en cinq minutes. Ainsi, le risque de contamination serait essentiellement lié à un manque d'hygiène. La désinfection régulière des toilettes dans les hôpitaux et les maisons où des personnes ont été en contact avec le virus résoudrait le problème.
En France, malgré les deux nouveaux cas, aucune transmission locale n'a été observée depuis le début de l'alerte. Selon un sondage publié dans Le Quotidien du Médecin, 63% des Français sont néanmoins inquiets et redoutent que l'épidémie ne se développe. Le quartier asiatique de la capitale (où l'on ne recense pourtant aucun cas) est déserté depuis deux mois, mettant ainsi en péril l'avenir économique du Chinatown parisien.

J. R.


(1) Étude menée par l'université de Hong Kong, portant sur 1425 cas de SRAS recensés à Hong Kong au 28 avril.

 

 

 



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