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L'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire
aigu sévère) poursuit sa progression mondiale.
Les derniers bilans font état de plus de 6 500 personnes
contaminées et de 450 décès. Deux nouveaux
cas ont été diagnostiqués début
mai en France. Les deux malades, hospitalisés dans
la région Nord Pas-de-Calais, revenaient d'un séjour
de travail de six semaines en Chine. La vigilance doit donc
être maintenue sur le territoire national. L'OMS (Organisation
mondiale de la santé) estime cependant que la situation
générale s'améliore. L'épidémie
est considérée comme terminée au Vietnam
et en voie de régression au Canada. Par contre la
situation reste préoccupante en Chine, où
la crise semble loin d'être finie. Chaque jour, près
de 200 nouveaux cas y sont recensés.
Les recherches sur ses effets se poursuivent activement.
Une étude publiée récemment dans la
revue médicale The Lancet démontre que la
population la plus vulnérable est celle des plus
de 60 ans. Pour cette tranche d'âge, le taux de mortalité
dû à la pneumopathie atypique pourrait atteindre
55 %, alors qu'elle tourne autour de 4 % pour les autres(1).
La
transmission aérienne (toux, éternuements,
postillons) semble constituer le mode de contamination principal,
mais une équipe de chercheurs à Hong Kong
a découvert que le virus peut survivre quatre jours
dans les selles humaines sous forme de diarrhées.
Découverte inquiétante, puisqu'elle évoque
l'existence d'une transmission fécale-orale. Mais
n'oublions pas que de nombreux virus et bactéries
sont présents dans les excréments, comme ceux
de l'hépatite B ou du choléra.
D'autres
scientifiques sont plus rassurants : ils ont constaté
que l'utilisation de produits désinfectants ordinaires
(éthanol, acétone) peut tuer le virus en cinq
minutes. Ainsi, le risque de contamination serait essentiellement
lié à un manque d'hygiène. La désinfection
régulière des toilettes dans les hôpitaux
et les maisons où des personnes ont été
en contact avec le virus résoudrait le problème.
En France, malgré les deux nouveaux cas, aucune transmission
locale n'a été observée depuis le début
de l'alerte. Selon un sondage publié dans Le Quotidien
du Médecin, 63% des Français sont néanmoins
inquiets et redoutent que l'épidémie ne se
développe. Le quartier asiatique de la capitale (où
l'on ne recense pourtant aucun cas) est déserté
depuis deux mois, mettant ainsi en péril l'avenir
économique du Chinatown parisien.
J.
R.
(1) Étude menée par l'université de
Hong Kong, portant sur 1425 cas de SRAS recensés
à Hong Kong au 28 avril.
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