Agriculture
Biologique .Alternative Santé,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
L'agriculture biologique est issue d'une démarche concertée
d'agriculteurs, de consommateurs, de médecins et de scientifiques
(notamment des pionniers de l'écologie), amorcée
au cours des années 50. Inquiets des conséquences
pour la santé humaine et pour l'environnement des méthodes
modernes de culture et d'élevage, ils ont élaboré
peu à peu des techniques alternatives auxquelles ils ont
donné le nom d'agriculture biologique en France (agriculture
organique dans les pays anglo-saxons). L'agriculture biologique
est officiellement reconnue en France depuis 1980 et bénéficie
désormais d'une réglementation européenne.
L'agriculture biologique se définit par : l'absence de
produits chimiques de synthèse (engrais et pesticides)
et d'organismes génétiquement modifiés, des
pratiques de culture et d'élevage respectueuses des équilibres
naturels, de l'environnement et du bien-être des animaux
(élevés en plein air et soignés de préférence
avec des médecines alternatives). En outre les procédés
de transformation des aliments doivent être non polluants.
Toutes ces pratiques sont réglementées par des cahiers
des charges précis et des contrôles annuels vérifient
que ces contraintes sont respectées. Le logo officiel AB
(agriculture biologique) garantit le respect de ces règles.
L'agriculture biologique est enseignée dans différents
établissements de formation agricole. En 2002, l'agriculture
biologique était pratiquée, en France, par plus
de 11000 exploitations agricoles françaises, sur une surface
d'environ 510 000 hectares. Depuis six ans, la production bio
connaît une croissance importante et la quasi-totalité
des produits alimentaires sont disponibles en présentation
bio. Toutefois, ce développement est encore insuffisant.
Alors que la France était en pointe, il y a quinze ans,
l'agriculture biologique s'est développée beaucoup
plus vite chez nos partenaires européens et notre pays,
désormais, est en queue de peloton (moins de 2 % des exploitations
agricoles françaises sont en bio). En 2002, l'agriculture
biologique a connu, en France, une crise de croissance : la peur
de la vache folle écartée, la consommation de produits
bio a augmenté moins vite que les années précédentes,
et certains producteurs ont dû vendre leurs produits dans
le circuit non bio. Les associations d'agriculture biologique
réclamant de nouvelles mesures d'aide au développement,
le Premier Ministre a demandé à Martial Saddier,
député de Haute-Savoie, un audit sur l'agriculture
biologique que celui-ci doit lui rendre en juin. Le point de départ
d'une vraie politique ou un moyen d'enterrer le problème
?
L'agriculture
raisonnée
Les
problèmes de pollutions agricoles ayant pris une ampleur
considérable, les Chambres d'agriculture et les techniciens
agricoles ont poussé les agriculteurs à la fin des
années 70 à mieux réfléchir à
leurs pratiques. Alors que les engrais et les pesticides étaient
souvent utilisés larga manu, des opérations comme
Ferti-mieux ou Phyto-mieux incitaient à utiliser ces produits
de manière plus rationnelle, dans un souci d'économie
et de limitation des atteintes à l'environnement. D'autres
initiatives étaient prises dans le domaine du recyclage
des plastiques utilisés en très grande quantité
en agriculture ou du recueil des lisiers dans les élevages.
Le nombre de ces actions restait très variable selon les
départements. En 1993, un lobby d'entreprises, de professionnels,
de chercheurs et de techniciens, créait le Forum de l'agriculture
raisonnée respectueuse de l'environnement (Farre) qui se
proposait d'intégrer toutes ces initiatives dans une méthode
globale. Pendant plusieurs années, on est resté
au niveau de la confrontation d'expériences et la définition
de l'agriculture raisonnée est demeurée floue. Une
loi de 2001 et un décret en 2002 lui ont donné une
définition officielle. Cela consiste à mettre l'exploitation
" en conformité avec les exigences du référentiel
de l'agriculture raisonnée". Ce référentiel
porte sur le " respect de l'environnement, la maîtrise
des risques sanitaires, la santé et la sécurité
au travail, et le bien-être des animaux ". Beaucoup
moins contraignant que le cahier des charges de l'agriculture
bio, ce référentiel comporte 98 points dont 45 ne
consistent qu'au respect de la réglementation actuelle.
Le Farre annonce représenter actuellement 1 000 membres,
mais seulement 400 exploitations agricoles.