Les
examens approfondis sont inutiles, sauf exception.
Certaines
causes de maux de tête, rares il est vrai, sont graves.
" Une personne présentant une tumeur cérébrale
n'a ni fièvre, ni tension artérielle élevée,
ni signe particulier ", constate le Dr Valade, responsable
du centre Urgence Céphalées, à Paris. "Comme
une autre, elle arrive et dit: "Bonjour Docteur. J'ai mal
à la tête"." Mais dans certains cas mieux
vaut connaître l'origine de ces maux de tête. "
Après une hémorragie méningée, met-il
en garde, tout nouveau saignement peut être fatal."
Donner de l'aspirine ou du paracétamol, ne suffit pas.
Parmi les 10689 patients reçus en 2002 à Urgences
céphalées, 76 souffraient en fait de méningites,
87 de tumeurs et 289 d'hémorragies méningées
(voir tableau ci-dessous). Plus de 500 patients ont eu besoin
d'être hospitalisés cette année-là.
Tous les examens sont inutiles quand il s'agit clairement d'une
migraine ou d'une céphalée selon l'Anaes (Agence
nationale d'accréditation et d'évaluation en santé).
Il est superflu de "réaliser un scanner ou une IRM
cérébrale ", pour " différencier
une migraine d'une céphalée de tension ". Radiographies
des sinus, radiographies du rachis cervical, examen ophtalmologique
et examen orthoptique, sont inutiles aussi " dans le bilan
d'une migraine ".
" Mais si l'on quitte le cadre de ces critères, des
examens peuvent être nécessaires ", souligne
le Dr Valade. " En cas de modification des douleurs ou de
leur façon d'évoluer lors d'une crise, il faut consulter
un médecin. Celui-ci déterminera s'il faut pratiquer
des examens complémentaires. La prudence s'impose aussi
en cas de fortes douleurs d'apparition brutale, appelées
"céphalées en coup de tonnerre". Enfin,
le médecin doit être attentif à toute anomalie
lorsqu'il examine le patient, par exemple une paupière
qui tombe. " Ainsi, même chez un migraineux connu,
les recommandations stipulent que "devant une céphalée
aiguë sévère s'installant en moins d'une minute,
prolongée durant plus d'une heure et jugée intense,
il est recommandé de pratiquer, en urgence, un scanner
sans injection ou une IRM cérébrale".