Il
faut toujours croire un enfant lorsqu'il se plaint de mal de tête.
Avant l'âge de 15 ans, environ 55 % des enfants et adolescents
éprouvent une céphalée non migraineuse et
plus de 21 % souffrent de migraine.
Il
n'y a pas de maux de tête réservés à
l'enfant. Ce sont les mêmes que ceux de l'adulte. Les plus
fréquents sont évidemment les maux de tête
occasionnels accompagnant un état fébrile (fièvre,
rhume, grippe, etc.), une sinusite, des douleurs dentaires, etc.
Le traitement de l'infection ou la maladie, fait disparaître
le mal de tête. Il peut également s'agir de céphalée
survenant après une chute sur la tête ou un choc
frontal. Selon le degré du traumatisme, des examens approfondis
(radiographie, scanner), se révéleront nécessaires.
Outre
ces maux occasionnels il y a les céphalées chroniques
dont l'enfant se plaint régulièrement : tous les
soirs ou presque, à chaque fois qu'il regarde la télévision
ou fait ses devoirs il peut s'agir d'un problème
ophtalmologique (souvent la myopie) que l'enfant lui-même
ne soupçonne pas : il ne sait pas qu'il voit mal, car il
a toujours vu comme ça. La première chose à
vérifier est donc la vue, surtout si le père ou
la mère porte déjà des lunettes. Si la vue
ne pose pas de problème, on recherchera notamment les facteurs
de stress. Chez les enfants brillants à l'école,
très méthodiques et sérieux, le mal de tête
est dû à une trop grande tension, à l'angoisse
de ne pas y arriver. Il y a parfois des troubles associés
à cette céphalée, tels que le mal de ventre,
les vomissements, le mal de dos, etc. L'enfant doit alors être
suivi par un psychothérapeute ou un psychanalyste pour
apprendre à canaliser son stress et à relâcher
la pression.
La
troisième cause est la migraine, assez facilement reconnaissable.
Généralement, la douleur est concentrée sur
une moitié du crâne, elle est pulsatile : l'enfant
dit que ça le lance ou que ça tape dans sa tête.
Souvent héréditaire, elle l'oblige à s'isoler
et à dormir et disparaît d'ailleurs en général
avec le sommeil. Il ne faut donc pas obliger un enfant migraineux
à aller à l'école, mais au contraire le garder
au lit.
Des
causes plus rares, voire exceptionnelles, doivent être recherchées
si les céphalées violentes demeurent inexpliquées.
Un changement de comportement associé à de très
vives douleurs, des nausées, des vomissements peuvent faire
penser à une tumeur cérébrale. Mais avant
de s'inquiéter, il faut éliminer toutes les autres
causes et recueillir le maximum d'informations sur les circonstances
et les moments d'apparition de la douleur. Car en matière
de maux de tête, le diagnostic repose sur l'interrogatoire.
Christine
Kerfant
Même
les nouveau-nés souffrent parfois de mal de tête
sans pouvoir l'exprimer. Cela peut provenir de la violence de
l'accouchement, surtout si les forceps ont été nécessaires.