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JUIN 2003

 

Cancer: l'hormonothérapie

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COMMANDEZ

 

 

 

Dans les cancers du sein et de la prostate, des traitements interviennent sur la production des hormones et empêchent ces maladies de progresser ou de récidiver.

 

 

 

L'hormonothérapie fait partie des traitements utilisés pour lutter contre le cancer. Elle concerne essentiellement les tumeurs hormonosensibles. " Le caractère hormono-dépendant de certains cancers est connu depuis longtemps par les médecins, explique la Dre Pascale This, endocrinologue-gynécologue à l'hôpital de Versailles et qui assure par ailleurs des consultations à l'Institut Curie à Paris. En 1896, le Dr George Beatson (pionnier de la recherche sur le cancer), a constaté une régression des tumeurs chez une femme atteinte d'un cancer du sein métastasé, suite à l'ablation des ovaires. " De même, la castration peut constituer un des traitements du cancer de la prostate. Le mode d'action de l'hormonothérapie consiste soit à supprimer la production naturelle d'hormones, soit à bloquer la fonction de l'hormone au niveau de son récepteur dans la cellule. Cancer du sein, de la prostate et de l'endomètre sont les principaux cancers concernés par ces traitements.

Cancer du sein

" Dans le cancer du sein, signale la Dre Pascale This, certaines cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux. Lorsque ces derniers entrent en contact avec les œstrogènes, hormones sexuelles de la femme fabriquées par les ovaires, cela favorise la division et la prolifération des cellules. Seules, les femmes dont les cellules cancéreuses comportent des récepteurs hormonaux sont traitées par l'hormonothérapie. Il est alors nécessaire soit d'arrêter la production d'œstrogènes, soit de prescrire un médicament, le Tamoxifène. "
Pour empêcher la sécrétion ovarienne et la production d'œstrogènes, on peut enlever les ovaires, la femme est alors ménopausée précocement. Mais, ce choix est aujourd'hui exceptionnel. Désormais, on propose aux patientes une suppression provisoire de la sécrétion d'œstrogènes à l'aide d'une injection intramusculaire mensuelle. "Après presque deux ans de soins, raconte Michèle, 44 ans, professeure des écoles, une tumorectomie, plusieurs chimiothérapies et des séances de radiothérapie, je pensais en avoir fini. Et puis, l'injection mensuelle est arrivée… Et avec elle les bouffées de chaleur en continu. C'est un inconfort permanent, reproductible à l'infini puisque chaque mois la piqûre revient. " Ces effets secondaires sont d'autant plus difficiles à vivre qu'il ne semble pas exister de consensus médical sur la durée de prescription de ces traitements. Deux ans, trois ans, voire plus, en association ou non au Tamoxifène. Les pratiques médicales diffèrent. Les médicaments proposés dits " analogues de la LH-RH" agissent sur les hormones produites par l'hypophyse qui donnent les ordres aux ovaires. La LH-RH est une hormone naturelle produite par l'hypotalamus (glande située à la base du cerveau). Elle stimule la fonction ovarienne.
Chez les femmes ménopausées, le problème ne se pose pas, le Tamoxifène est administré seul. Mais, après la ménopause, il reste des œstrogènes circulants dans l'organisme. Le tissu ovarien garde la capacité de sécréter de faibles quantités d'hormones. De plus, le tissu adipeux est capable de convertir certaines hormones produites par les glandes surrénales en œstrogènes. D'où l'utilité du Tamoxifène. Il empêche les œstrogènes d'agir sur les récepteurs d'œstrogènes de la tumeur. Il se fixe à leur place. Il s'utilise en hormonothérapie adjuvante (pour éviter les récidives) et palliative lorsque la maladie est déjà évoluée. " C'est un traitement simple (à base de comprimés), explique La Dre Pascale This. Mais, il n'est pas dénué d'effets secondaires, il peut entraîner des bouffées de chaleur et des kystes ovariens chez celles qui ont encore des règles. Pour aider certaines, je prescris parfois de l'Agreal, un neuroleptique, ou de l'Effexor, un antidépresseur qui a largement prouvé son efficacité dans la prévention des bouffées de chaleur sous Tamoxifène. On constate aussi des problèmes de sécheresse vaginale. Il existe des gels permettant de lutter contre celle-ci. Quant à l'utilisation des phytoœstrogènes après un cancer du sein, je la considère totalement problématique, leur parenté avec les œstrogènes, leur affinité pour le récepteur des œstrogènes, nos incertitudes actuelles sur leurs effets mammaires in vivo et leur compétition possible avec le Tamoxifène sont autant d'arguments pour les déconseiller à ce jour après un cancer du sein." Les effets secondaires de l'hormonothérapie sont liés à son action sur le blocage des sécrétions œstrogéniques. Certaines femmes évoquent aussi une baisse de la libido (désir sexuel) et parfois, une prise de poids.
Selon la Dre Pascale This, l'avenir est à la mise au point de nouveaux composés de plus en plus spécifiques. Ainsi par exemple, après la ménopause, les hormones produites dans le tissu adipeux le sont grâce à une enzyme spécifique, l'aromatase. C'est donc logiquement qu'un blocage de l'aromatase arrête la production de ces hormones. Ces médicaments représentent une classe thérapeutique récente apportant une " chimiothérapie hormonale " du cancer du sein de la femme ménopausée.
Même après la ménopause, les cancers œstrogèno-dépendants restent soumis à une influence hormonale d'où l'intérêt des inhibiteurs. Ils agissent au niveau de la glande mammaire et diminuent également les œstrogènes circulants. Les nouvelles molécules (anastrozole, létrozole) sont indiquées dans les cancers du sein au stade avancé ou métastasés résistants ou en rechute après une thérapeutique antiœstrogénique classique (Tamoxifène ou autre).

Cancer de la prostate

L'hormonothérapie a aussi sa place dans le cancer de la prostate. En effet, le développement des cellules de la prostate dépend de la testostérone. Il va s'agir de réduire la quantité d'hormones mâles (androgènes) au taux le plus faible. Chez l'homme, la testostérone est l'androgène principal. Elle est sécrétée par les testicules et stimule la prolifération des cellules cancéreuses. Il existe plusieurs types de traitement hormonal.

Les analogues de la LH-RH

Les anti-androgènes

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Martine Laganier

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